approprier
(Mot repris de appropriez)approprier
v.t. [ du lat. proprius, propre ]s'approprier
v.pr.approprier
Participe passé: approprié
Gérondif: appropriant
Indicatif présent |
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j'approprie |
tu appropries |
il/elle approprie |
nous approprions |
vous appropriez |
ils/elles approprient |
APPROPRIER
(a-pro-pri-é) v. a.SYNONYME
- S'APPROPRIER, S'ARROGER, S'ATTRIBUER. Se donner une chose de son chef. S'approprier indique la prise de propriété ; la chose ne nous appartient pas ; nous la prenons, et nous la faisons nôtre. S'arroger n'implique aucune idée de propriété ; aussi s'applique-t-il à toutes choses : priviléges, autorité, droits, etc. seulement il emporte arrogance, hauteur, prétention à la supériorité. S'attribuer exprime que celui qui s'attribue s'adjuge une chose qui est contestée et à laquelle d'autres prétendent : Les deux partis s'attribuèrent la victoire.
HISTORIQUE
- XIIIe s. Quant Renart ot en sa reson Bien definée s'oroison Et aproprié son chapitre [, Ren. 29617]Que ce qui commun ert devant, Comme le soleil et le vent, Par convoitise approprierent, Quant as richeces se lierent [, la Rose, 9693]Ainsinc Barat a tout honni, Par qui li biens jadis ouni [unis, communs] Furent as gens approprié [, ib. 5173]Coses sacrées, si sont celes qui sont benoites et apropriées à fere le service nostre Segneur [BEAUMANOIR, XI, 15]Et tel damace doit il bien recevoir, parce qu'il voloit le gaige malvesement aproprier à soi [ID., LXVIII, 10]Et c'est grant faute de language, quant l'en approprie au dyable l'omme ou la femme qui est donné à Dieu dès que il fu baptiziés [JOINV., 293]
- XIVe s. Nom approprié [ORESME, Eth. 48]Chescune delettacion est appropriée à l'operacion que elle parfait, et a à elle une affinité [ID., ib. 306]
- XVIe s. Les apostres approprient à Jesus Christ ce qui est dit au psaume huitieme [CALV., Instit. 363]Il n'est point licite de transferer à l'homme mortel ce que Dieu s'approprie à soy [ID., ib. 949]Il ne faut point attendre aage d'homme pour sanctifier les enfans à Dieu ; mais ils lui doivent estre reservez et appropriez des leur naissance [ID., ib. 1091]Qu'il oublie, s'il veult, d'où il tient ces preceptes ; mais qu'il se les sache approprier [MONT., I, 162]Comme un soulier ne convient pas à tous pieds, aussi un fait ne se peut aproprier à tous païs [LANOUE, 90]Plusieurs d'eux s'aproprieront des choses dont ils n'estoient auparavant qu'usufructiers [ID., 102]Si on regarde l'infinité de belles maisons qu'elle possede, si bien apropriées et pourveuës de tout ce qui fait besoing [ID., 148]Beaucoup de gentilshommes furent contraints de vendre leurs fiefs aux ignobles, qui eurent permission du Roy de les pouvoir acheter ; car auparavant ils ne pouvoyent s'en approprier [ID., 229]Comme celuy qui se vouloit approprier la gloire d'Achilles, plus par imitation de sa vertu que pour estre issu de son sang.... [AMYOT, Pyrrh. 14]Affin d'en approprier [rendre propriétaire] un de ses neveux [CARL., II, 10]Il me rendra bon compte de toutes les richesses qui sont là dedans, et ne se appropriera de pas une [ID., IV, 29]Des remedes appropriés aux qualités des corps [PARÉ, Au lect.]Tenir les lins arrousés, aiant la commodité de l'eau, à ce appropriant le plan pour la donner à propos à la ligneraie [O. DE SERRES, 733]
ÉTYMOLOGIE
- Berry, appropzir ; provenç. apropriar ; espagn. apropiar ; ital. appropriare ; du latin appropriare, de ad, à, et proprius (voy. PROPRE). Approprier veut dire faire sien, de là ensuite, rendre propre à soi, puis rendre propre, convenable en général, disposer, arranger, de là enfin, dans un sens plus étroit, nettoyer.
approprier
S'APPROPRIER signifie Usurper la propriété de quelque chose. S'approprier un héritage, l'ouvrage d'un autre. S'approprier une pensée, Se la rendre propre par la manière de l'exprimer, de la placer, de la faire valoir.
approprier
Approprier, Aptare, Accommodare.
¶ Approprier à soy et faire sien, ou maintenir estre sien, et s'attribuer, Sibi vendicare, Sibi assumere et vendicare, Dicere suum, Vendicare suum, Sibi asserere, Sibi asciscere.
Approprié, Aptus, Accommodatus.
approprier
APPROPRIER, v. act. Suivant Trév. Rendre une chôse propre, nette. Il est vieux en ce sens; M. Patte, Architecte, l'a employé au mode passif: "Les ruës de Madrid, il n'y a pas long-temps, n'étoient apropriées qu' une fois le mois. — L'Acad. le met en ce sens sans remarque, et le troûve aparemment fort bon: aproprier une maison, une chambre, un cabinet, l'ajuster, l'agencer, les mettre~ dans un état de propreté. * Un Auteur moderne, que nous citons souvent, parce qu'il aime à créer des expressions, emploie aproprier au figuré, toujours à sa manière, qui est assez singulière. "Si la vertu n'a pas sa volupté, pourquoi en aproprier une au crime. Attribuer, acorder, étaient aparemment, au goût de cet Auteur, des termes trop communs et trop bourgeois. C' est l'Auteur du Traité du Plaisir. = 2°. Aproprier, au figuré, Conformer. "Il faut aproprier le style au sujet que l'on traite. L'Acad. ne le met point en ce sens: c' est un oubli; car cette expression est très-française.
3°. Le véritable emploi de ce verbe est avec le pron. pers. s'aproprier; usurper la propriété d'une chôse; s'aproprier un héritage. — M. Moreau, qui aime à employer les verbes actifs neutralement et sans régime, a dit s'aproprier tout seul. "Dévaster sans règle, et s'aproprier sans titre. — S'aproprier une pensée, un ouvrage, se l'atribuer, s'en dire l'auteur. "Il s'aproprie les ouvrages d'autrui.
approprier
approprier (s')
approprier
(sapʀɔpʀije)verbe pronominal