Douamba W. Gildas Cedric
Douamba W. Gildas Cedric
Douamba W. Gildas Cedric
L’ENVIRIONNEMENT
GILDAS DOUAMBA
DÉPARTEMENT DE GÉNIE CIVIL HYDRAULIQUE
INSTITUT INTERNATIONAL D’INGENIERIE DE L’EAU ET DE
L’ENVIRIONNEMENT
Ce mémoire intitulé :
A mes parents
i
Remerciements
Ce travail n’aurait pas vu le jour si ce n’est par l’aide, la patience et l’appui de nombreuses
personnes.
Je tiens à adresser mes remerciements à mon Encadreur Dr. Adamah MESSAN, pour m’avoir
accueilli au LEMC et nourri de son expérience dans le domaine des matériaux. Je tiens à lui
exprimer toute ma reconnaissance, tant pour les conseils avisés, que pour sa compréhension,
ses encouragements, et sa gentillesse. Je souhaite également le remercier pour la relecture,
les nombreuses corrections et remarques.
Que le Dr. David Latifou BELLO, mon Coencadreur, trouve ici l’expression de ma profonde
gratitude pour m’avoir fait bénéficier de ses compétences scientifiques, pour ses conseils et
son appui. Il a porté un regard critique sur la rédaction du mémoire, tout en l’évaluant de
façon constructive.
Je remercie Seick Oumar SORE, Nafissatou SAVADOGO, Yasmine Binta TRAORE et De-
croly DJOUBISSIE DENOUWIE, tous doctorants en fin de cycle au LEMC pour leur soutien
intellectuel et leur aide.
Je remercie également Mr Arnaud OUEDRAOGO et Mr. Salif KABORE qui ont beaucoup
collaboré dans la réalisation des différents essais par leurs expériences dans le domaine.
A mes collègues stagiaires Amidou ALAZA, Sidiki KABRE, Fabrice NTIMUGURA et Kodjo
GBEDEMA ; merci pour l’ambiance familiale qui a régné parmi nous tout au long de ce stage.
Enfin ma profonde gratitude va à l’endroit de mes parents pour leur soutien et leur compré-
hension.
ii
RÉSUMÉ
Le béton reste encore aujourd’hui le matériau le plus utilisé pour la construction au Bur-
kina Faso. Cependant, les méthodes de formulation encore utilisées ne permettent pas au
béton de disposer de caractérisques lui permettant de s’adapter aux exigences en termes de
performances mécaniques, de durabilité, d’ouvrabilité, d’environnement et d’aspect. Dans le
but de répondre à ces exigences, de nombreuses recherches ont permis la mise au point de
bétons spéciaux comme les Bétons à Haute Performance (BHP). C’est dans ce cadre que
cette présente étude a été entreprise, afin de situer le développement de ces nouveaux bé-
tons performants et durables dans le contexte du Burkina Faso. L’objectif est de contribuer
davantage à la pérennité d’ouvrages d’envergure. Il s’agira d’utiliser donc des matériaux en-
tièrement produits et disponibles au Burkina Faso pour les différentes formulations. L’étude
s’inscrit dans une approche d’incorporation d’additions (métakaolin) tout aussi disponibles
localement pour leur valorisation. Les aspects évalués par les essais de caractérisation sont
les propriétés mécaniques et de durabilité. Les résultats montrent que l’ajout de métakaolin
au béton conduit à un meilleur comportement mécanique des BHP. Les résistances en com-
pression et en traction sont plus importantes et ce, dès les premiers jours. De même, les essais
de durabilité ont montré que l’ajout du métakaolin influence positivement la durabilité des
BHP. On note ainsi une réduction de la porosité accessible à l’eau, un coefficient d’absorption
capillaire plus faible et une meilleure résistance à l’attaque acide.
iii
ABSTRACT
In Burkina faso, concrete remains the most used building material. However, all formulation
methods for concretes do not ensure the best behavior needed in buildings, despite the several
studies which end on the development of special concretes that have higher performances.
This study is part of a project aiming to develop building materials that satisfy sustainable
development in the construction area. The goal of the study is thus to develop the use of
local materials in High Performances Concretes incorporating metakaolin in substitution of
local produced cement. The performances studied are mechanical properties such as compres-
sive and tensile strengths, and durability properties like porosity to water, water absorption
and the resistance in acid attacks. Clay samples were collected in the locality of Saaba, in
Burkina Faso. The study concludes that High Performances Concretes containing metakao-
lin present high mechanical performance even newly formulated but can also be considered
as an eco-material with new properties achieved such as reduction of water absorption and
porosity, and a significant improvement of the resistance in acid attacks. The concretes ob-
tained develop very high mechanical performances, reaching at the age of 28 days, 88 MPa
compressive strength and approximatively 7 MPa tensile strength. They also present a very
good indicators of durability.
iv
Liste des abréviations
v
TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES
Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ii
Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iii
Abstract . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iv
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
vi
TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES
Conclusion et recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
vii
TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES
Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
viii
LISTE DES TABLEAUX LISTE DES TABLEAUX
ix
TABLE DES FIGURES TABLE DES FIGURES
x
TABLE DES FIGURES TABLE DES FIGURES
Introduction
Le béton doit, de plus en plus répondre à des exigences plus sévères en matière de per-
formances mécaniques, de durabilité, d’ouvrabilité, d’environnement et d’aspect . Dans le
but de répondre à ces exigences, de nombreuses recherches ont permis la mise au point de
bétons spéciaux comme les Bétons à Haute Performance (BHP), les Bétons à Très Haute
Performance (BTHP), les Bétons à Fibrés Métalliques (BFM) et les Bétons Autoplaçants
(BAP).
Les Bétons à Haute Performance ont constitué une véritable révolution culturelle du béton.
Ils ont d’abord été utilisés pour leur haute résistance ; résistance qui au fil des années, ont
beaucoup évoluées, passant de 30/35 Mpa dans les années 1980 à plus de 200 Mpa aujourd’hui
(Bétons Fibrés à Ultra Haute Performance) [CIMBÉTON 2013].
Outre leur résistance élevée, les Bétons à Haute Performance possèdent nombreux autres
avantages. Ainsi, ils montrent une porosité très réduite, une meilleure résistance aux agents
agressifs, et de manière générale une durabilité accrue. Tout ceci permet la réalisation d’ou-
vrages soumis à des contraintes plus élevées ou à des environnements plus sévères.
La mise en œvre des Bétons à Haute Performance bien que fréquente en Europe demeure
beaucoup plus difficile en Afrique sub-saharienne, notamment au Burkina Faso. Cette pré-
sente étude se donne pour objectif d’étudier la faisabilité en proposant d’abord une synthèse
sur les propriétés des Bétons à Haute Performance et des méthodes de formulation, puis nous
procéderons à une formulation et déterminerons les propriétés mécaniques et de durabilité
des Bétons à Haute Performance développés.
1
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE
Chapitre 1
Synthèse bibliographique
Sommaire
1.1 Historique des bétons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Les BHP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Le ciment Portland . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.1 Le processus de production du ciment Portland . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.2 Composition chimique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.3 Hydratation et prise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.4 Classification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.4 Le Métakaolin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.4.1 Les propriétés du métakaolin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4.2 Actions du métakaolin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4.3 Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.5 Les granulats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.6 Les adjuvants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.7 Formulation des BHP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.7.1 Étapes de la formulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.7.2 Méthodes de formulation des bétons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.8 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Dans ce présent chapitre, nous parlerons des Bétons à Haute Performance en général d’une
part, puis des matériaux entrant dans leur formulation d’autre part. La synthèse portera
d’abord sur une historique des Bétons à Haute Performance et leurs caractéristiques géné-
rales. Puis il sera présenté les différents constituants entrant dans leur formulation et leurs
2
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.1. HISTORIQUE DES BÉTONS
propriétés. Et pour finir nous présenterons les méthodes de formulation des Bétons à Haute
Performance et rassemblées de façon non exhaustive.
Le béton tel que nous le connaissons actuellement est le fruit de décennies d’études et d’ex-
périmentations. Il a pour ainsi dire connu au fil des siècles, de nombreuses évolutions qui
firent varier significativement aussi bien les techniques de mise en œuvre, que les domaines
d’application. Les civilisations romaines et égyptiennes furent l’une des premières à utiliser
des matériaux présentant des caractéristiques semblables à celles du béton. Les architectes
romains ont par exemple utilisé pendant longtemps un mélange de mortier et de pierres
de toutes sortes appelé opus caementicium. Associé aux pierres, ce mélange très rapide à
mettre en œuvre a permis aux romains d’accomplir les prouesses architecturales que nous
connaissons aujourd’hui.
Cependant après ces civilisations et ce plusieurs siècles durant, le béton a été substitué à
d’autres matériaux notamment les métaux et le bois. Les avancées technologiques dans le
domaine des métaux dûes principalement aux nombreuses guerres fréquentes en Europe ont
provoqué par la même occasion, une amélioration dans les procédés de traitement du bois et
3
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.1. HISTORIQUE DES BÉTONS
de la pierre. Ce qui permit à ces trois matériaux de dominer les constructions architecturales
surtout en Europe. Les liants hydrauliques, se sont donc vus au cours de cette période réduits
à la simple fonction de jointure entre les pierres les unes avec les autres.
Il a fallu attendre le XIXième siècle pour que le béton connaisse à nouveau de significatives
avancées. En effet en 1756, John Smeaton mis en lumière la meilleure efficacité des liants
composés à la fois de calcaire et d’argile. Ce fut ensuite Louis Vicat en 1812 qui le premier
caractérisa les différents ciments suivant leurs proportions calcaire/argile, ce qui permit à
John Aspdin 10 ans plus tard en 1824 de mettre au point la formule du ciment Portland. Par
la suite, diverses techniques furent élaborées afin de rendre possible la production industrielle
moins de 30 ans plus tard grâce notamment aux travaux de Demarle, de Léopold et Augustin
Parvin de Lafarge, de Piquety et Vicat. Depuis, les procédés de fabrication se sont
perfectionnés faisant passer le temps nécessaire à la production d’une tonne de ciment de 40
heures en 1870 à environ 03 minutes aujourd’hui [CIMBETON 2005; Neville 2011].
Au cours de ces dernières années, le béton a suscité un vaste élan de recherche technologique et
scientifique. Des innovations sont apportées afin de leur donner de nouvelles caractéristiques.
C’est ainsi que les années 1980 virent apparaître les premiers Bétons à Haute Performance.
Les adjuvants et les additions ont permis aux bétons d’acquérir des structures plus denses les
rendant beaucoup plus solides. Les Bétons à Haute Performance ont connu leurs premières
applications dans le domaine des ouvrages d’art. Mais leurs utilisations se sont beaucoup
diversifiées au fur et à mesure que de nouvelles caractéristiques leur étaient conférées, leur
offrant des avantages nombreux par rapport aux bétons traditionnels :
— durabilité supérieure face aux agressions physico-chimiques : perméabilité moindre,
meilleure protection des armatures contre la corrosion, résistance aux cycles de gel-
dégel,
— fluidité du béton à l’état frais facilitant la mise en œuvre,
— résistance aux jeunes âges élevée facilitant un décoffrage plus rapide,
— haute résistance en compression entraînant une réduction des sections de béton,
— augmentation du module d’élasticité rendant meilleure la stabilité des structures élan-
cées,
— réduction du fluage.
Les clés de ces performances sont notamment :
La réduction de la quantité d’eau due à l’ajout de superplastifiant : L’eau prend
part à la fois à la maniabilité du béton et à l’hydratation du ciment. En effet dans les
bétons ordinaires, la forte tendance à la floculation des particules de ciment requiert une
teneur en eau élevée causant une augmentation de la porosité et une perte en résistance.
4
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.2. LES BHP
Les ciments usuels sont appelés liants hydrauliques car ils ont la propriété de s’hydrater en
présence d’eau et parce que cette hydratation transforme la pâte liante, qui a une consistance
de départ plus ou moins fluide en un solide pratiquement insoluble dans l’eau [Menou 2004].
Le constituant principal du ciment est le clinker qui est formé à partir de 80% de calcaire et
5
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.3. LE CIMENT PORTLAND
de 20% d’argile [Taylor 1997]. Le calcaire apporte le calcium ; l’argile apporte la silice SiO2 ,
l’alumine Al2 O3 et l’oxyde ferrique Fe2 O3 nécessaires au processus de formation du clinker.
Extraction et concassage Les matières premières extraites dans des carrières générale-
ment à ciel ouvert sont réduits, dans des concasseurs en éléments d’une dimension maximale
de 150 mm.[Taylor 1997]
La voie sèche C’est la technique la plus employée aujourd’hui. Elle consiste à préparer la
matière première sous forme de poudre et permet d’atteindre un dosage parfait des consti-
tuants essentiels du ciment, par superposition de multiples couches. Le mélange est très
finement broyé dans des broyeurs sécheurs, à la sortie du hall de pré-homogénéisation, ce qui
permet d’éliminer l’humidité résiduelle et d’obtenir une poudre très fine. Cette fine poudre,
le cru, est une nouvelle fois homogénéisée par fluidisation.
Cuisson du cru Les installations de cuisson sont similaires et se composent de deux parties.
6
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.3. LE CIMENT PORTLAND
La matière première utilisée pour la production du Ciment Portland est principalement com-
posée de chaux, de silice, d’alumine et d’oxyde de fer. Ces composés forment dans le four
d’autres produits plus complexes lorsque l’équilibre chimique est atteint. Cependant, cet équi-
libre n’est pas maintenu durant la période de refroidissement et la vitesse de refroidissement
influence le degré de cristallisation et le taux de matériaux amorphes présents dans le clinker.
Quatre composés sont généralement considérés comme constituants majoritaires du ciment
(tableau 1.2) [Bertolini 2004]. Les chimistes dans le domaine du ciment ont une notation
particulière qui désigne chaque oxyde par une lettre : CaO = C ; SiO2 = S ; Al2 O3 = A ; et
Fe2 O3 = F. De même, H2 O dans le ciment hydraté se désigne par H, et SO3 par S̄.
Les calculs sur la composition potentielle du Ciment Portland sont basés sur les travaux
de ? qui sous évalue la quantité de C3 S tout en augmentant celle des C2 S. Cependant plus
tard d’autres travaux ont permis de mettre en évidence la présence de composés minoritaires
comme MgO, TiO2 , Mn2 O3 , K2 O et Na2 O.
7
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.3. LE CIMENT PORTLAND
L’hydratation est la réaction chimique entre le ciment et les particules d’eau. Le processus
est initié dès le contact de l’eau avec les phases anhydres. Les caractéristiques principales de
cette réaction sont le changement de matière, le niveau de température et le taux de réaction.
Nous retiendrons seulement que l’hydratation successive du C3 S, C2 S, C3 A puis du C4 AF est
source de chaleur, c’est-à-dire que l’ensemble des réactions d’hydratation est exothermique.
Les principaux produits de la réaction d’hydratation d’un ciment sont les hydrates suivants :
silicates de calcium hydratés (C-S-H), Portlandite (Ca(OH)2 ), monosulfoaluminate (AFm) et
ettringite (AFt) [Salgues 2013]. Le tableau 1.3 présente quelques caractéristiques physiques
des hydrates formés.
Tableau 1.3 Caractéristiques physiques des principaux hydrates Ciment Portland [Tay-
lor 1997]
Hydrate Masse Masse molaire Volume
volumique (g/mol) molaire
(g/cm3 ) (cm3 /mol) (%)
Ca(OH)2 2,23 74 33,1
C-S-H 2,23 196,5 88,1
AFt 1,73 1237 715
AFm 1,99 622 313
Les principales réactions chimiques sont résumées dans le tableau 1.4. Le processus de l’hydra-
tation se déroule suivant deux mécanismes : une phase en solution et une phase topo-chimique.
La phase solution comporte trois étapes [Mehta 2006] :
1. Dissolution des composées anhydres ;
2. Formation des hydrates en solution ;
3. Précipitations des hydrates présents dans la solution.
Le Ciment Portland étant constitué d’un mélange hétérogène de nombreux composés, le
8
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.3. LE CIMENT PORTLAND
processus d’hydratation se produit donc entre chacun de ces composés et l’eau. Les réac-
tions qui se déroulent durant la phase liquide dominent les premières phases du processus
d’hydratation.
Durant cette phase les aluminates s’hydratent plus rapidement que les silicates. La réaction
des aluminates tricalciques est immédiate et des hydrates sous forme cristalline (C3 AH6 ,
C4 AH19 , et C2 AH8 ) se forment, libérant une quantité importante de chaleur. Le gypse
(CaSO4 · 2 H2 O) est utilisé pour ralentir le taux d’hydratation des aluminates à travers la
production d’ions sulfates qui suppriment la solubilité des aluminates. Le Ciment Portland
serait inutilisable sans cet apport d’ions sulfates, car la prise du ciment deviendrai très rapide
[Mehta 2006]. Dépendant de la concentration de la solution en aluminates et en ions sulfates,
le gypse et les C3 A réagissent pour former des aluminosulfates de calcium (trisulfoaluminate
de calcium hydraté ou le monosulfoaluminate de calcium hydraté) mais éventuellement des
hydrates aluminotricalciques.
Les silicates de calcium se combinent à de l’eau pour donner des silicates de calcium hydratés
C-S-H. Les cristaux commencent à se former quelques heures après le mélange eau + ciment
et continu autant qu’il existera des particules d’eau et de ciment. Comme présenté dans le
tableau 1.4, l’hydratation des silicates produit à la fois des C-H-S et de l’hyroxyde de calcium.
L’hydratation complète des C3 S produit 61% des C-S-H et 39% d’hydroxide de calcium ;
tandis que ’hydratation complète des C2 S produit 82% des C-S-H et 18% d’hydroxide de
calcium. Les C-S-H étant responsables de la résistance finale du béton, il est donc préférable
d’avoir une quantité plus élevée de C2 S [Mamlouk 2011].
La phase topo-chimique quant à elle se déroule à l’état solide autour des particules de ciment.
1.3.4 Classification
La norme NF EN 197-1 2000 définis une classification des ciments en fonction d’une part
de la composition et d’autre part de la résistance. Le Ciment Portland étant constitué de
9
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.4. LE MÉTAKAOLIN
Tableau 1.5 Exigences mécaniques et physiques : valeurs caractéristiques [NF EN 197-1 2000]
Résistance à la compression (MPa) Temps de début
Classe de
Résistance à court terme Résistance courante de prise
résistance
2 jours 7 jours 28 jours min
32,5 N — ≥ 16,0
≥ 32.5 ≤ 52.5 ≥ 75
32,5 R ≥ 10,0 —
42,5 N ≥ 10,0 —
≥ 42,5 ≤ 62,5 ≥ 60
42,5 R ≥ 20,0 —
52,5 N ≥ 20,0 —
≥ 52,5 — ≥ 45
52,5 R ≥ 30,0 —
1.4 Le Métakaolin
Le métakaolin (MK) est un matériau pouzzolanique. Il est obtenu par calcination de la kao-
linite à une température comprise entre 650℃ et 850℃ suivi d’un broyage. La température
de calcination dépend du degré de pureté en kaolin (autrement dénommé kaolinite) de l’ar-
gile kaolinique utilisée. Le matériau obtenu présente une très grande activité pouzzolanique
[Saad 1982; Ambroise 1992]. Entre 100℃ et 200℃ le minéral argileux perd la totalité de
10
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.4. LE MÉTAKAOLIN
l’eau qu’elle renferme ; et entre 500 et 800℃, la kaolinite se calcine en perdant de l’eau par
déshydroxylation. Cette déshydroxylation est un procédé endothermique à cause de la quan-
tité énorme de chaleur dont la réaction a besoin. Le composé formé est la métakaolinite
(kaolinite calcinée). La réaction de calcination s’effectue selon l’équation ci-dessous :
Le métakaolin réagit avec le Ca(OH)2 , et produit des sulfates de calcium hydratés CSH à
température ambiante. Il contient également des alumines qui réagissent avec les compo-
sés en CH pour produire des éléments à bases d’alumines comme les C4 AH13 , C2 ASH8 et
C3 AH6 [He 1995; Zhang 1995].
Les particules de métakaolin sont très fines avec une moyenne de 3µm [Courard 2003]. Le
tableau 1.6 présente quelques propriétés physiques du métakaolin.
Propriétés chimiques
11
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.4. LE MÉTAKAOLIN
L’action du métakaolin concerne aussi bien l’état frais que l’état durci du béton [Cheikh-
Zouaoui 2008]. Le métakaolin a principalement trois effets sur les matériaux cimentaires.
— Un effet granulaire engendré par la capacité d’empilement des particules de métakao-
lin. Cet effet agit essentiellement sur les propriétés rhéologiques et la compacité des
matériaux cimentaires a l’état frais.
— Un effet physico-chimique et structural qui intervient dans le processus d’hydratation
du ciment.
— Un effet chimique dû au caractère pouzzolanique du métakaolin. Les réactions pouz-
zolaniques correspondent à un ensemble de réactions chimiques entre l’hydroxyde de
calcium (Ca(OH)2 ) et la silice et l’aluminate provenant du métakaolin. Les produits
formés qui sont des silicates de calcium hydratés (C−S−H), des silico-aluminates de
calcium hydratés, en majorité de la stratlingite (C2 ASH8 ), de l’aluminate de calcium
(C4 AH13 ), ou de l’hydrogrenat (C2 ASH6 ).
1.4.3 Applications
Le métakaolin est beaucoup utilisé pour améliorer plusieurs aspects des bétons [Siddique 2011] :
— les hautes performances
— la préfabrication
— les bétons fibrés
— l’entretient et la réparation
— l’esthétique
Les avantages présentés par le métakaolin sont nombreux. Nous pouvons citer par exemple :
— l’amélioration de l’ouvrabilité
— l’augmentation de la résistance en compression, en traction et en flexion
— l’amélioration de la durabilité
— la réduction de la perméabilité
12
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.5. LES GRANULATS
Les granulats utilisés pour la formulation du béton sont généralement d’origine naturelle et
proviennent essentiellement de roches sédimentaires siliceuses ou calcaires, de roches méta-
morphiques (quartz et quartzites), ou de roches éruptives (basaltes, les granites, porphyres).
Indépendamment de leur nature, les granulats peuvent être alluvionnaires (granulats roulés)
ou de carrières (granulats concassés). Dans les bétons, les granulats utilisés doivent avoir
une bonne résistance mécanique et leur courbe granulométrique doit être optimisée afin de
remplir le plus grand nombre de vides dans le béton [LE 2011].
L’utilisation des adjuvants dans les bétons se fait généralement en faible quantité ne dépassant
pas 5% de la masse du ciment. On les trouve dans le commerce sous forme de composés
organiques aqueux formulés spécialement pour les applications béton. Les adjuvants ont pour
rôle d’améliorer les propriétés du matériau à l’état frais (ouvrabilité) ou à l’état durci [de
Larrard 2002]. Les principales familles d’adjuvant sont les suivantes :
Plastifiants et superplastifiants : Les plastifiants et superplastifiants provoquent une dé-
floculation des grains de ciment. Ils sont utilisés pour fluidifier un mélange ou pour
réduire la quantité d’eau utilisée (jusqu’à 30% au moins dans le cas d’une bonne com-
patibilité entre l’adjuvant et le ciment).
Agents accélérateurs / retardateurs de prise : Les retardateurs de prise sont utilisés
pour ralentir la vitesse de prise du matériau. Ils sont pratiques pour des transports de
bétons frais sur de longues distances. Les accélérateurs de prise ont un effet inverse de
celui des retardateurs. Ils sont utilisés par temps froid ou en usine de préfabrication
où il est parfois nécessaire d’accélérer la prise du béton pour procéder à un démoulage
plus rapide.
Agents entraineurs d’air : Le béton, une fois malaxé et mis en place, contient un certain
volume d’air résiduel dont la fraction volumique est généralement de 1 à 2%. Le rôle
d’un entraineur d’air est de créer un volume d’air occlus supplémentaire, jusqu’à une
fraction de l’ordre de 5%, avec pour objectif de rendre le matériau résistant à l’action
du gel.
13
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.7. FORMULATION DES BHP
Les méthodes de formulation empiriques issues de l’expérimentation sont les premières qui
apparurent avec les bétons ordinaires. Ces méthodes permettent de minimiser la porosité
(ou maximiser la compacité) du squelette granulaire de mélange de béton en optimisant les
proportions des différentes classes granulaires de sables et de gravillons. L’optimisation de
l’ensemble du squelette granulaire passe, tout d’abord, par l’optimisation du réseau formé
des sables et des gravillons, ensuite l’extension se fait par le remplissage des vides par le
ciment et les fines qui viennent compléter et améliorer la continuité du réseau granulaire.
14
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.7. FORMULATION DES BHP
Plusieurs lois existent pour relier les résistances mécaniques du béton à la porosité capillaire
dans le béton qui provient essentiellement de l’ajout d’eau. Les relations fondamentales les
plus utilisées, qui lient la résistance à la compression fcb d’un béton aux volumes de ciment C,
d’eau E et de vides V contenus dans un mètre cube de béton durci, sont celles de René Féret
(1892), d’Abrams (1919) et de Bolomey (1935). La relation de Féret est toujours employée,
pour prévoir les résistances en compression des mortiers et des bétons. Cette relation a depuis
été ajustée à des paramètres de formulation qui prennent en compte les ajouts éventuels de
minéraux.
Tableau 1.8 Modèles de résistance en compression du béton fcb : lois de Féret, Bolomey et
d’Abrams. [Yammine 2007]
Lois Résistance mécanique Remarques
Féret fcb = Rc28 (C/(C + E + V ))2 Rc28 , la classe vraie du ciment
mesurée à 28 jours.
Bolomey fcb = K.Rc28 (C/E − 0, 5) Rc28 , la classe vraie du ciment
mesurée à 28 jours, K un
coefficient “qualitatif” qui
dépend de la qualité des
granulats (nature minéralogique,
adhérence, forme, propreté).
Abrams fcb = a × bE/C Equation exponentielle toujours
utilisée en Amérique du Nord
comportant deux paramètres
ajustables a et b (respectivement
≈ 147 et 0,0779 MPa).
C et E sont respectivement les masses de ciment et d’eau par unité de volume de béton.
15
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.7. FORMULATION DES BHP
Méthode de Caquot Suite à une série d’essais expérimentaux, Caquot montre que la
courbe granulaire de référence qui relie les différentes classes granulaires d’un mélange indé-
√
fini est bilinéaire en 5 d. Comme les dimensions granulaires inférieures et supérieures sont
limitées, Caquot formule deux hypothèses : la porosité du mélange est celle du ciment (prise
égale à moitié) et la proportion des granulats supérieurs à la taille maximale (ne pouvant
donc exister) est remplacée par une proportion de granulats de dimension maximale ayant
la même surface et présentant un effet de paroi. d l’ouverture du tamis correspondant à un
diamètre moyen de grain et Dmax le diamètre du plus gros grain. Pour une population de
granulats, dont les dimensions dk sont régies par une suite géométrique de raison k et de
taille maximale Dmax , Caquot aboutit aux lois suivantes :
1. proportion granulaire P de deux granulats
q
Pk − Pk−1 = A 5 dk (1.2)
Vg1 1
A = Pi=1 √
5
(1.3)
n Vgi dk
√
A 5 dk
PDmax − PDmax −1 = (1.4)
−4
1−k 5
Vc
Vv = (1.5)
2
Méthode de Faury Faury propose en 1942, une loi de granulation du type "continu". Il
s’était inspiré de la théorie de Caquot relative à la compacité d’un granulat de dimension
uniforme qui correspond à un serrage moyen. La loi de granulation qui en découle est une loi
√
fonction de 5 d, ce qui induit que la courbe granulométrique idéale pour un béton à compacité
16
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.7. FORMULATION DES BHP
√
maximale graduée en 5 d en abscisse est une droite. Faury distingue les grains fins et moyens
inférieurs à Dmax /2 des gros grains supérieurs à Dmax /2. La courbe granulométrique de
référence est composée de deux droites dont l’abscisse du point de rencontre (point de brisure)
est fixé à Dmax /2 et son ordonnée Y est donnée par :
q B
Y = A + 17 5 Dmax /2 + (1.6)
R/Dmax − 0.75
Méthode de Bolomey Bolomey propose une autre loi de granulation. Cette méthode
aboutit aussi à une granularité continue. L’ordonnée Y est basée sur la formule suivante :
q
Y = A + (100 − A) d/Dmax (1.7)
où la valeur de A varie de 8 à 16, valeur d’autant plus élevé que le dosage en ciment est plus
fort.
17
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.7. FORMULATION DES BHP
18
CHAPITRE 1. SYNTHÈSE BIBLIOGRAPHIQUE 1.8. CONCLUSION
centimétriques, tout en s’appuyant sur les notions de compacités virtuelles. Il vise à pré-
voir la compacité d’un mélange à plusieurs classes granulaires, à partir des caractéristiques
des grains qui le composent (forme, distribution granulaire, compacités des tranches mono-
dimensionnelles) et pour une énergie de mise en place de l’empilement granulaire décrite par
un indice représentatif de son degré de serrage, traduisant l’énergie fournie pendant la mise
en place. Cette méthode d’optimisation a l’avantage de prendre en considération la granulo-
métrie des particules, leur forme et l’interaction entre les grains. Ce modèle a été utilisé avec
succès pour la formulation de mélange de béton haute performance.
1.8 Conclusion
L’objectif de cette synthèse bibliographique était de passer en revue les connaissances ac-
tuelles les plus pertinentes sur les béton. L’étude bibliographique que nous avons menée a
permis de présenter les différents matériaux entrants dans leur composition notamment le
ciment, les granulats et le métakaolin et de montrer la spécificité de l’incorporation du mé-
takaolin dans les matrices cimentaires de manière générale. Nous avons mis en évidence la
différence entre les bétons ordinaires et les Bétons à Haute Performance et évoqué diffé-
rentes méthodes de formulation. Les principales méthodes de formulations ont nécessité de
longues années de recherche pour la mise en œuvre. Cependant le développement parallèle
de nouveaux produits, nécessite des extensions et modifications.
19
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES
Chapitre 2
Matériel et méthodes
Sommaire
2.1 Matériel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.1 Le ciment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.1.2 Les granulats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.1.3 Le Métakaolin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2 Méthodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.1 Composition du squelette granulaire : Methode de Dreux-Gorisse “mo-
difiée” . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.2 Formulation du béton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2.3 Confection des éprouvettes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.2.4 Caractéristiques physiques à l’état frais . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2.5 Caractéristiques mécaniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.2.6 Caractéristiques de durabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
Ce chapitre a pour objectif de présenter de manière synthétique les matériaux, les équipements
utilisés et les procédures expérimentales. Nous commencerons par présenter les matériaux qui
ont été utilisés : la nature du ciment, le métakaolin, le gravier, le sable et les adjuvants, en nous
attachant à leurs propriétés physiques, chimiques et minéralogiques. Ensuite, nous décrirons
les méthodes de caractérisation du béton à l’état frais et à l’état durci.
2.1 Matériel
Les matériaux choisis pour mener cette étude, à l’exception du superplastifiant, sont produits
et disponibles au Burkina Faso.
20
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.1. MATÉRIEL
2.1.1 Le ciment
Durant notre étude, nous avons utilisé un ciment de type CEMII A/L 42,5 R fourni par la
société CIMBURKINA. Il s’agit de ciment Portland composé de 80 à 94% de clinker, de 6 à
20% de calcaire [NF EN 197-1 2000].
Le gravier
Le gravier utilisé a été tamisé afin d’obtenir des granulats de diamètre 05/10, puis lavé afin
de réduire les impuretés.
21
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.1. MATÉRIEL
100
90 Courbe gravier B
80
70
Tamisat (%)
60
50
40
30
20
10
0
0,1 1 10
Diamètre (mm)
Le sable
Le sable qui a été utilisé pour les différentes formulations est un sable local, de granulométrie
0/5 et ayant les caractéristiques suivantes :
22
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.1. MATÉRIEL
100
90 Courbe sable B
80
70
Tamisat (%)
60
50
40
30
20
10
0
0,1 1 10
Diamètre (mm)
2.1.3 Le Métakaolin
Le métakaolin utilisé dans cette étude est le produit de la calcination de l’argile provenant
de la localité de Saaba au Burkina Faso. Saaba est un département du Burkina Faso situé
dans la province du Kadiogo et dans la région du Centre (12°22´46˝N ; 1°24´38˝O et 317 m
d’altitude). Le métakaolin a été obtenu par calcination à 700℃ pendant 03 heures du passant
au tamis de 125 µm.
Propriétés physiques
Le métakaolin présente une masse volumique apparente autour de 0,588 g/cm3 et une masse
volumique spécifique de 15,375 kN/m3 [Ntimugura 2017]. Cette dernière a été déterminée
suivant la norme NF E N 1097-7 2008. La surface spécifique du métakaolin, plus importante
que celle du ciment, a été mesurée par la technique BET et elle s’élève à 14,8 m2 /g.
La composition chimique du métakaolin (tableau 2.4) montre que la silice (57.9%) et l’alumine
(38.3%) sont les oxydes majoritaires, avec un rapport molaire SiO2 /Al2 O3 égal à 2,57.
23
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.2. MÉTHODES
2.2 Méthodes
Cette méthode a l’avantage d’être issue de nombreuses formulations ayant été testées sur
chantiers et ayant donné satisfaction. Elle est présentée ici dans une version simplifiée.
La composition granulométrique optimale est représentée par une ligne brisée OAB (figure
2.3. Le point B (à l’ordonnée 100 %) est confondu avec le point d’ordonnée 100 % de la courbe
granulométrique du plus gros granulat, et le point de brisure A a les coordonnées suivantes :
— En abscisse XA = D/2
√
— En ordonnée YA = 50 − D + K
D étant la valeur du diamètre du plus gros granulat et K un terme correctif qui vaut :
• 0 par defaut ;
• 3 si les gravillons sont des concassés ;
• 5 si béton armé (taux de ferraillage est au plus 80kg/m 3 ;
• 10 si béton armé (taux ferraillage supérieure à 80kg/m 3 ) ou si béton pompé.
24
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.2. MÉTHODES
La courbe de référence définie, les proportions des différents granulats s’obtiennent en reliant
pour chaque courbe le point d’ordonnée 95% au point d’ordonnée 5% de la courbe suivante.
L’ordonnée du point où ces droites coupent la courbe de référence définit les pourcentages
volumiques respectifs de chaque granulat.
La méthode utilisée pour la formulation du béton est celle de Féret décrite par Dupain 2004.
Hypothèses de travail
Performances exigées du béton : Elles sont définies par l’affaissement au cône d’Abrams
et par fc28 , la résistance moyenne exigée à 28 jours.
Ciment : Il est défini par sa classe vraie σc28 .
Squelette granulaire : Il est défini par la méthode de Dreux-Gorisse modifié [Dupain 2004].
Etapes de la formulation
• Définition du rapport E/C
La formule de Féret s’écrit :
2
Vc
fc28 = Gσc28 (2.1)
Vc + Ve + Vv
Le volume d’eau efficace et d’air occlus, rapporté au volume de ciment, a pour expres-
sion en fonction de la compacité :
Ve + Vv 1−c
= (2.3)
Vc c
Si on néglige le volume d’air occlus, le rapport E/C s’écrit (avec ρe et ρc les masses
25
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.2. MÉTHODES
E ρe Ve ρe 1 − c
= = . (2.4)
C ρc Vc ρc c
En réalité le volume d’air occlus n’est jamais nul. On peut en tenir compte en re-
marquent que dans la formule de Féret, les volumes d’air et d’eau jouent le même rôle.
On peut donc remplacer le volume d’air Vv par un même volume d’eau. La détermi-
nation du volume d’air occlus dépend de la forme des granulats, de la granulométrie,
de la consistance du mélange et de l’intensité de serrage. Le tableau2.5 indique l’ordre
de grandeur de ce volume en fonction du diamètre du plus gros granulat et de la
consistance au cône d’Abrams.
Tableau 2.5 Volume d’air occlus rapporté au volume de béton en place(en ‰) [Dupain 2004]
E 0 = E + ρe Vv (2.5)
E0 ρe Ve ρe 1 − c
= = . (2.6)
C ρc Vc ρc c
26
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.2. MÉTHODES
Les essais de résistance et de durabilité sont réalisés sur des éprouvettes cylindriques dont
les moules ont des caractéristiques définies par la norme NF EN 12390-1 2001.
Leurs dimensions sont indiquées sur la figure 2.4 et doivent être choisies en fonction du dia-
mètre maximal des granulats (D) entrant dans la composition du béton. Pour notre formu-
lation, nous avons utilisé un D égale à 10mm et des moules cylindriques de 100mm×200mm.
La mise en place dans les moules a lieu par piquage, en fonction des résultats de l’essai
d’affaissement et conformément à norme [NF P 18-423 1981]. Les moules ayant été munis
d’un dispositif s’opposant à l’évaporation, les éprouvettes sont conservées sans être déplacées
pendant 24 h±1h dans un local maintenu à 20℃ ±2℃. Après démoulage, les éprouvettes
sont conservées à la même température, dans de l’eau.
27
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.2. MÉTHODES
La masse volumique La masse du béton frais après malaxage est mesurée et rapportée
au volume d’un récipient rigide et étanche dont le volume et la masse sont connus.
28
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.2. MÉTHODES
Essai de compression
29
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.2. MÉTHODES
P
Fc = (2.9)
S
Dans la relation ci-dessus F c est directement obtenue en Mpa si P est exprimée en méga
newton (MN) et S enm2 .
La résistance à la compression d’un béton est exprimée par sa résistance caractéristique fck .
Elle est définie comme la valeur de la résistance en dessous de laquelle on peut s’attendre à
rencontrer 5% (ou 10%) au plus de l’ensemble des résultats d’essais de résistance possibles
du béton spécifié. Pour les résistances supérieures à 60Mpa, la rupture peut être brutale et
en général l’éprouvette rompt de la manière indiquée sur la figure 2.7
Dans ce type de rupture, deux cônes apparaissent aux extrémités de l’éprouvette rompue. En
effet, la pression exercée par les plateaux de la presse à la jonction avec l’éprouvette gêne les
déformations transversales dans cette zone.
Le but de cet essai est de connaitre la résistance à la traction du béton de l’éprouvette. Dans
cet essai on applique à l’éprouvette un effort de compression le long de deux génératrices
opposées. Cet effort de compression induit des contraintes de traction dans le plan passant
par ces deux génératrices. [NF EN 12390-6 2001] L’éprouvette est placée entre les deux
plateaux de la presse. La vitesse de chargement est telle que l’accroissement de la contrainte
de traction de 0.05 MPa/s avec une tolérance de ± 20% [Dupain 2004]. Si h est la hauteur
30
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.2. MÉTHODES
P
F t = 0, 637 (2.10)
dh
Dans la relation ci-dessus F t est directement obtenue en MPa si P est exprimée en méga
newtons (MN) et d et h en mètres (m).
Figure 2.8 Dispositif pour l’essai de rupture par fendage [Dupain 2004]
(1 + ν)(1 − 2ν)
Ed = V 2 ρb (2.11)
1−ν
31
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.2. MÉTHODES
à des bétons jeunes tandis que celle de 0,15 correspond à des bétons ayant une maturité
avancée [Dupain 2004]. Pour nos calculs nous prendront la valeur de 0,15.
Attaque acide
L’essai de résistance à l’attaque acide a consisté à la mesure de la perte de masse des éprou-
vettes de béton immergées dans une solution d’acide nitrique (HNO3 ) dont la concentration
est de 5%. Le choix s’est porté sur cet acide car il fait partie des acides majoritaires trouvés
dans les pluies acides [Chen 2013; Savadogo 2016]. Les éprouvettes de béton sont conservées
dans de l’eau saturée en chaux pendant 28 jours après leur confection puis elles sont immer-
gées dans les différentes solutions. La perte de masse est mesurée à 1-7-14 et 28 jours après
l’immersion dans les solutions.
Absorption capillaire
L’absorption capillaire mesure le taux d’absorption de l’eau par succions capillaires des éprou-
vettes de béton, mis en contact avec de l’eau sans pression hydraulique. Une remontée capil-
32
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.2. MÉTHODES
laire se caractérise par une migration permanente d’eau dans le béton. Les corps d’épreuve
sont en forme de cylindre tronqué de hauteur comprise entre 60 et 100 mm et de diamètre
100 mm [NF EN 12390-6 2001]. Cette caractéristique reflète la quantité d’eau pouvant être
absorbée par le béton lorsqu’une seule face est en contact avec de l’eau.
A l’issue de l’essai, le coefficient d’absorption est déterminé et est défini par la relation
suivante :
Mx − M0
Ca = (2.12)
A
L’absorption de l’eau par un matériau est sa capacité à conserver de l’eau quand il est immergé
à une température de 20±5℃ et à la pression atmosphérique. A cette condition, l’eau peut
pénétrer dans la plupart des vides interstitiels du matériau. Elle évolue en fonction du temps
d’immersion du matériau plus ou moins rapidement avant de se stabiliser. Si la porosité du
matériau est importante, l’absorption de l’eau est grande.
L’essai de porosité accessible à l’eau a consisté à mesuré la porosité des éprouvettres de béton
afin de déterminer le pourcentage de vides pouvant être occupé par l’eau. L’essai est réalisé
suivant la norme[NF P18-459 2010]. Le principe est de déterminer par pesée la masse d’un
33
CHAPITRE 2. MATÉRIEL ET MÉTHODES 2.2. MÉTHODES
corps d’épreuve sec, sa masse lorsqu’il est saturé en eau et son volume apparent par pesée
hydrostatique. Les éprouvettes conservées dans l’eau à 20℃ sont d’abord saturées. Par la
suite, Mair est déterminée par simple pesée et Meau est mesurée par pesée hydrostatique. Et
puis, les éprouvettes sont placées dans l’étuve à 105 ℃ jusqu’à obtenir une masse constante
Msec . Le calcul de la porosité accessible à l’eau exprimée en pourcentage volumétrique est
donnée par la formule :
Mair − Msec
Peau = × 100 (2.13)
Mair − Meau
34
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS
Chapitre 3
Résultats et discussions
Sommaire
3.1 Formulation du béton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2 Propriétés à l’état frais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.3 Propriétés mécaniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.3.1 Résistance à la compression . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.3.2 Résistance à la traction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.3.3 Le module dynamique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.4 Propriétés de durabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.4.1 Porosité accessible à l’eau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.4.2 Absorption capillaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.4.3 Attaque acide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
Dans ce chapitre l’objet principal est l’analyse et l’interprétation des résultats obtenus lors
des différents essais que nous avons décrits dans le chapitre 2. Tout d’abord il est présenté les
différentes formulations sur lesquelles seront réalisés les essais. Puis, les résultats des essais à
l’état frais des bétons sont analysés, suivi des caractéristiques mécaniques. Enfin, les résultats
sur la durabilité des discutés.
L’approche de formulation est basée sur la méthode de Féret décrite en section 2.2.2. L’objectif
est de proposer un béton présentant une résistance moyenne à 28 jours fc28 de 85 MPa et
de classe d’affaissement S4. Le liant est constitué d’un ciment de type CEMII A/L 42,5 R
35
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.1. FORMULATION DU BÉTON
de classe vraie σc28 égale à 52,5MPa et du métakaolin à différents taux de substitution. Les
granulats sont constitués d’un mélange binaire de gravillons calcaire de classe granulaire 5/10
et de sable calcaire de classe 0/5. Le rapport Eau/Liant est maintenu constant à 0,25 pour
l’ensemble des compositions. Le dosage du superplastifiant est ajusté de façon à maintenir un
affaissement constant. Le calcul des paramètres de composition pour une formule est présenté
ci-dessous.
• Le rapport E 0 /C
s s
fc28 85
c= = = 0, 58 (3.1)
Gσc28 4, 9 × 52, 5
E0 ρe 1 − c 1 1 − 0, 58
= . = . = 0, 24 (3.2)
C ρc c 3, 15 0, 58
E0
C= = 679kg/m3 (3.4)
0, 24
Compte tenu, de la qualité de notre superplastifiant, nous avons opté pour une valeur
de A/C=3,5%.
36
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.1. FORMULATION DU BÉTON
Le tracé de la courbe granulométrique (figure 3.1) nous permet de déduire les propor-
tions des granulats entrant dans la composition du squelette.
B
100
90 Courbe OAB B
Courbe sable
80 Courbe gravier
70
Tamisat (%)
60
50
A
40
30
20
10
O
0
0,1 1 10
Diamètre (mm)
Les masses de gravier et de sable pour 1m3 de béton sont alors calculées connaissant
37
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.2. PROPRIÉTÉS À L’ÉTAT FRAIS
La densité apparente et l’affaissement des différents bétons ont été mesurées. Les résultats
des essais sont données dans le tableau 3.2.
Nous remarquons une diminution de la densité apparente en fonction de l’augmentation du
taux de substitution. Cela s’explique par le fait que le ciment a une masse volumique plus
faible que celle du métakaolin. Les valeurs de l’affaissement du béton varie très peu et reste en
accord avec les hypothèses de formulation. Les bétons formulés sont de classes d’affaissement
S4 et S5.
38
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.3. PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES
La figure 3.2 présente l’évolution dans le temps des valeurs moyennes de résistances à la
compression pour l’ensemble des compositions.
120
Résistances en compression (MPa)
OPC
05% MK
10% MK
15% MK
20% MK
80 25% MK
30% MK
60
40
20
0
01 jour 07 jours 28 jours
Temps de cure
Figure 3.2 Résistances en compression
Ces résultats montrent que les résistances à la compression à 1 jour et 7 jours sont élevées.
Nous remarquons que cette résistance aux jeunes âges a une tendance plus faible lorsque le
taux de substitution du métakaolin augmente. Cependant, cette tendance s’inverse après 28
jours de cure humide. En effet à cet âge, les résultats montrent que pour les taux de substi-
39
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.3. PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES
tution élevés (10%, 15%, 20%, 25% et 30%), la valeur de la résistance est plus importante.
L’incorporation du métakaolin améliore donc la résistance à la compression du béton à 28
jours [Khatib 1996]. Cela s’explique par la nature pouzzolanique du métakaolin. Wild 1996
relatent que la résistance mécanique est augmentée par l’incorporation de métakaolins qui
renforcent l’adhérence entre la pâte et les granulats [Wild 1996]. La composition qui présente
l’augmentation la plus significative est celle dont le taux de substitution est de 25%. Pour le
taux de 30%, les performances mécaniques tendent à diminuer avec des valeurs inférieures à
celles du béton de référence. Cette diminution peut s’expliquer soit :
— par la compacité du squelette granulaire qui diminue pour des taux de substitution
de plus de 25%. Le métakaolin se dispersent alors mal et a tendance à s’agglomérer.
Ainsi, une partie ne serait plus accessible et ne réagirait pas. Aussi de forts taux de
substitution en métakaolin peuvent avoir un effet néfaste sur l’empilement granulaire
(écartement trop important des éléments par insertion des métakaolins) ;
— par l’excès de métakoalin par rapport à la quantité de portlandite disponible qui
ne conduit pas à la formation de phases contribuant à la résistance mécanique du
matériau par la quantité supplémentaire de métakaolin.
L’évolution de la résistance dans le temps pour le béton de référence (sans métakaolin) est
pilotée par la vitesse d’hydratation du ciment. Pour les bétons incorporant le métakaolin,
elle dépend à la fois de la vitesse d’hydratation du ciment et de la cinétique des réactions
pouzzolaniques. En effet à 1 jour, la résistance mécanique en compression présente une valeur
maximale pour le béton de référence (effet d’accélération de l’hydratation). À 28 jours, la
résistance est plus faible pour le béton de référence et augmente jusqu’au taux de substitution
de 25% contrairement à Poon 2001 et John 2013 trouvent un taux optimum de 10%. Ces
résultats suggèrent que la résistance en compression au jeune âge (1 jour) est liée à l’hydra-
tation du ciment. C’est entre 07 et 28 jours que l’augmentation de résistance mécanique dans
les éprouvettes contenant le métakaolin est la plus spectaculaire. Ceci correspond à un fort
développement des réactions pouzzolaniques qui contribuent à la densification de la matrice
cimentaire et donc à l’augmentation des résistances mécaniques. Au-delà d’un taux de 25%,
la résistance cesse d’augmenter.
40
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.3. PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES
Les résultats des essais de traction indirecte présentés sur la figure 3.3 montrent des courbes
de tendances similaires à celles présentant les résultats des essais en compression (figure 3.2).
En effet elles montrent que les éprouvettes incorporant du métakaolin ont une résistance
en traction plus faible que le béton de reférence à 1 jour ; mais parcontre elles offrent une
meilleure résistance à 07 et 28 jours. La résistance la plus élevées à 28 jours est obtenue pour
un taux de substitution de 30%.
12
OPC
05% MK
Résistance en traction (MPa)
10 10% MK
15% MK
20% MK
8 25% MK
30% MK
0
01 jour 07 jours 28 jours
Temps de cure
Figure 3.3 Résistances en traction
Peu de travaux relatent des essais de résistance mécanique en traction réalisés sur des bétons
incorporant des métakaolins. Néanmoins, les travaux de Rougeau 2004, ainsi que ceux de
Kulkarni 2016 montrent des résultats similaires [Rougeau 2004; Kulkarni 2016].
41
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.4. PROPRIÉTÉS DE DURABILITÉ
60
50
Module dynamique (GN/m²)
40
30
20
10
0
0% MK 05% MK 10% MK 15% MK 20% MK 25% MK 30% MK
Taux de substitution
L’évolution des modules dynamiques pour les différentes formulations présente également
même même tendance que celle des vitesses soniques correspondantes. On note que Kha-
tib 2004 ; De Larrard 2010 et Helson 2015 sont arrivés à la même conclusion [Wild 1996;
Khatib 2004; De Larrard 2010; Helson 2015].
42
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.4. PROPRIÉTÉS DE DURABILITÉ
10
0
0% MK 05% MK 10% MK 15% MK 20% MK 25% MK 30% MK
Taux de substitution
La figure 3.6 montre l’évolution dans le temps du coefficient d’absorption capillaire pour les
différents taux de substitution. Ces résultats montrent que le coefficient d’absorption d’eau
diminue avec l’augmentation du taux de substitution. L’absorption d’eau augmente pour le
taux le plus bas de métakaolin et diminue (par rapport au béton de référence) jusqu’à 30%.
Le comportement vis-à-vis de l’absorption d’eau d’un béton en immersion totale diffère de
son comportement lorsqu’il est partiellement immergé (mesure du coefficient d’absorption
d’eau).
Le coefficient d’absorption d’eau lui, dépend des caractéristiques des chemins de percolation
du matériau poreux, essentiellement de la taille des pores, leur connectivité et leur forme.
Les hydrates produits par les métakaolins segmentent la porosité capillaire et augmentent
la discontinuité des chemins de percolation. Ainsi, plus il y a de métakaolins, plus la po-
rosité capillaire est affectée et plus le coefficient d’absorption d’eau diminue. Khatib 2004
43
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.4. PROPRIÉTÉS DE DURABILITÉ
0
0 1 2 3 4 5
Temps (heures)
a validé cette théorie en comparant les coefficients d’absorption d’eau aux distributions po-
rosimétriques des bétons . Badogiannis 2002 ont mesuré la sorptivité de bétons contenant
différents taux de substitution en métakaolins. La sorptivité traduit directement la vitesse
d’absorption du matériau. Le taux de substitution qui présente la sorptivité la plus faible
(30% de substitution en masse de ciment) se révèle être celui pour lequel la porosité totale
du matériau et le rayon moyen poral sont les plus faibles [Badogiannis 2002].
La figure 3.7 montre la perte de masse des différentes compositions dans le temps. Les résultats
montrent que le béton de reférence (OPC) subit une perte de masse plus importante dans le
temps. Cette perte de masse diminue avec l’augmentation du taux de substitution.
Ces variations de pertes de masse s’expliquent par une décalcification de la matrice ci-
mentaire (dissolution des hydrates de la matrice cimentaire dont le principal constituant
est le calcium [San Nicolas 2011]) plus importante sur les bétons de référence. Ces hy-
drates présentent des solubilités très différentes : l’hydroxyde de calcium est ainsi très so-
luble alors que les C-S-H ne le sont que très peu et leur solubilité diminue avec leur rap-
port C/S. Les bétons réalisés avec des métakaolins et des rapports E/C faibles présentent
des compacités élevées et donc une bonne résistance aux agressions acides en raison du
transfert diffusif limité des phases liquides de l’extérieur vers l’intérieur ([Kostuch 2000;
44
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.5. CONCLUSION
20
OPC
17,5 05% MK
10% MK
15% MK
Pertes de masse (%)
15 20% MK
25% MK
30% MK
10
2,5
1 jour 7 jours 14 jours 21 jours 28 jours
Temps (jours)
Badoz 2002]) Les métakaolins améliorent donc la résistance aux attaques acides, d’une part
par l’augmentation de la compacité de la matrice cimentaire qui limite la pénétration d’agents
agressifs, d’autre part par les réactions pouzzolaniques qui transforment l’hydroxyde de cal-
cium (espèce la plus sensible à la dissolution) en C-S-H plus stables chimiquement.
3.5 Conclusion
En somme nous pouvons dire que l’incorporation de métakaolin dans le béton améliore les
propriétés mécaniques et de durabilité. En effet grâce à son caractère pouzzolanique et à sa
surface spécifique plus importante que le ciment, le métakaolin contribue à une meilleure
densification de la matrice cimentaire.
45
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.5. CONCLUSION
Conclusion et recommandations
Ce présent travail avait pour objectif d’étudier la faisabilité des Bétons à Haute Performance,
c’est-à-dire des bétons ayant une résistance à la compression comprise entre 50 MPa et 100
MPa à 28 jours, dans le contexte du Burkina Faso. Pour ce faire, il a été utilisé des matériaux
locaux qui ont été caractérisés avant leur utilisation pour les différentes formulations. Dans
cet optique et dans le souci de valoriser les matériaux locaux, le métakaolin utilisé provient de
la calcination à 700℃ de l’argile provenant de la carrière de Saaba. La méthode de formulation
utilisée est celle de Feret tandis que le squelette granulaire a été obtenue par la méthode de
Dreux-Gorisse.
Les résultats ont montré que sur le plan physique, les bétons formulés ont une très bonne
ouvrabilité caractérisée par un affaissement au cône d’Abrams supérieur à 20cm. Ce qui
garantit une facilité de mise en place.
Les essais sur les propriétés mécaniques ont montré que de façon générale, les valeurs des
résistances en compression et en traction sont plus importantes lorsque le métakaolin est
substitué au ciment. En effet à 01 jour, les valeurs montrent que le béton témoin (OPC) pré-
sente les meilleurs résultats. Mais à partir de 07 jours, les résistances mécaniques des bétons
avec présence de métakaolin augmentent très rapidement. Les résultats des écrasements à 28
jours confirment cette tendance. Cela est principalement dû au caractère pouzzolanique du
métakaolin.
Du point de vu de la durabilité, les différents essais ont montré une nette amélioration des
propriétés lorsque le métakaolin est incorporé au béton. Ainsi donc, les bétons avec un taux
de substitution de 25% et 30% ont une meilleure résistance aux attaques acides tandis que
pour les essais de porosité et d’absorption capillaire, le taux de substitution optimal est 15%.
Cette étude a donc montré qu’avec des matériaux locaux, il était possible de réaliser un
béton à haute performance. Cependant notre travail peut-être amélioré en poursuivant les
investigations sur d’autres aspects. Il serait par exemple intéressant d’optimiser le squelette
granulaire suivant la méthode des éléments compressibles qui offre de très bons résultats pour
46
CHAPITRE 3. RÉSULTATS ET DISCUSSIONS 3.5. CONCLUSION
les bétons à hautes performance. Cela permettrait de réduire la quantité de ciment utilisé.
Il peut également être envisagé d’étudier le comportement aux jeunes âges du béton soumis
à un traitement thermique. Enfin, soumettre le béton formulé aux très hautes températures
permettrait de prévoir son comportement dans les situations d’incendie.
47
ANNEXE A. ABAQUE DE DREUX-GORISSE MODIFIÉ
Annexe A
48
ANNEXE A. ABAQUE DE DREUX-GORISSE MODIFIÉ
49
ANNEXE A. ABAQUE DE DREUX-GORISSE MODIFIÉ
50
ANNEXE B. ESSAI D’ABSORPTION CAPILLAIRE
Annexe B
L’essai consiste à mesurer la masse d’eau absorbée par une éprouvette de béton préalablement
préconditionnée par un étuvage à 80℃.
B.1 Appareillage
— Conserver les éprouvettes (éprouvettes mouillées) dans une étuve ventilée à (80±2)℃
à l’issu de la période de cure.
— Durant cette période, le suivi de la masse est réalisé à intervalle de temps régulier,
jusqu’à ce que la variation de la masse entre deux pesées espacées de 24 heures soit
51
ANNEXE B. ESSAI D’ABSORPTION CAPILLAIRE B.4. PROCÉDURE DE L’ESSAI
inférieure à 0,1%.
— Placer les éprouvettes dans des sacs étanches puis les remettre dans l’étuve ventilée à
(80±2)℃ pendant 10 jours, afin de favoriser l’équilibre hydrique dans l’échantillon.
— Extraire le sac de l’étuve puis conserver 12 heures à une température de (20±2)℃.
— À l’issu de ce retour à température, sortir l’éprouvette du sac et enduire sa surface
latérale de résine pour éviter l’évaporation de l’eau absorbée durant l’essai
— Conserver environ 12 heures dans un dessiccateur à (20±2)℃ pour permettre le dur-
cissement complet de la résine.
— L’essai d’absorption capillaire est réalisé à la suite de ce préconditionnement.
Mx − M0
Ca = (B.1)
A
52
ANNEXE C. POROSITÉ ACCESSIBLE À L’EAU
Annexe C
Le but de l’essai de porosité accessible à l’eau (Peau ) (NF EN 18-459 Essai pour béton durci
Essai de porosité et de masse volumique) est de mesurer le pourcentage des vides connectés
avec la surface, à l’intérieur de la masse du béton.
:
— Saturation dans l’eau pendant 72 h ;
— Pesée hydrostatique : Meau est la masse en grammes pesée sous l’eau ;
— Pesée dans l’air de l’éprouvette saturée d’eau, Mair ;
— Séchage à T = 105℃ jusqu’à masse constante (2 pesées espacées de 24 h ne s’écartent
pas de plus de 0,05%) ;
— Pesée dans l’air de l’éprouvette sèche Msec ;
— Calcul de la porosité accessible à l’eau :
Mair − Msec
Peau = × 100 (C.1)
Mair − Meau
53
ANNEXE D. CLASSIFICATION EN FONCTION DE LA MASSE
Annexe D
54
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55
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