Code - Eau
Code - Eau
Code - Eau
CHAPITRE I – DEFINITIONS
Article 1
Autorité chargée de l’eau : structure désignée pour la gestion des ressources en eau.
Bassin Versant : Aire géographique dont le relief détermine l’écoulement des eaux
superficielles et des effluents de diverses natures vers un point de convergence ; ce point est
appelé exutoire du bassin.
Captage :
2) canal ou conduite de dérivation d’un lac ou d’un cours d’eau pour les besoins
Agricoles, Domestiques ou Industriels.
Eau ou ressources en eau : L’eau est un liquide transparent, incolore, inodore et sans
saveur à l’état pur. Les termes eaux et ressources en eau sont utilisés de façon
interchangeable.
Eau de surface : toutes les étendues d’eau y compris leurs dépendances légales en contact
avec l’atmosphère (à la surface de la terre).
Eau minérale : eau provenant d’une nappe souterraine contenant des sels.
Eau potable : toute eau est considérée comme potable si elle n’affecte pas la santé du
consommateur à court, moyen et long termes. Ses caractéristiques physicochimiques et
microbiologiques font l’objet de dispositions réglementaires.
Eau souterraine : toutes les eaux contenues dans les roches réservoirs dans le sous-sol,
localisées en dessous de la couche hypodermique du sol (zone non saturée).
Eaux ou mers territoriales : zone de mer s’étendant des côtes d’un pays jusqu’à une ligne
considérée comme sa frontière maritime. cette frontière est la convention de Montego bay
du 10 décembre 1982 à 12 miles (1 mile 1609 mètres).
Franc bord : terrain libre de propriétaire, en bordure d’une rivière ou d’un canal, dont les
dimensions font l’objet de dispositions réglementaires.
Nappe phréatique : nappe souterraine, peu profonde, facilement atteinte par des puits.
Périmètre de protection :
Pollution des eaux : l’introduction dans le milieu aquatique de toute substance susceptible de
modifier les caractéristiques physiques, chimiques et/ ou biologiques de l’eau et de créer des
risques pour la santé de l’homme, de nuire à la faune et à la flore terrestre et aquatique, de
porter atteinte à l’agrément des sites ou de gêner toute autre utilisation rationnelle des eaux.
Prince usager-payeur : ensemble de règle définies qui permettent de faire une tarification de
l’utilisation de l’eau selon les usage. Ces utilisations sont soumises à une taxe ou/et à une
redevance.
Puits : excavation creusée à partir de la surface du sol, jusqu’à une couche, un terrain aquifère,
pour en tirer de l’eau.
Zones humides: terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce,
salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire. La végétation quand elle existe, y est
dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année.
Etude d’impact environnemental : ensemble des procèdes utilisés pour évaluer les effets d’une
donnée ou d’une activité sur l’environnement et proposer toute mesure ou action en vue de
faire disparaître, réduire ou atténuer les effets néfastes pour l’environnement susceptibles
d’être engendrés par une telle activité.
Article 2
La présente loi portant Code de l’Eau détermine les principes fondamentaux applicables :
Les eaux définies dans la présente loi portant Code de l’Eau comprennent les eaux
continentales et les eaux de la mer territoriale.
Article 3
les personnes physiques ou morales, de droit public ou privé, exerçant une activité
en rapport avec les ressources en eau ;
les aménagements et ouvrages hydrauliques ;
les installations classées conformément aux lois et règlements en vigueur ;
les installations non classées, les ouvrages et activités réalisés à des fins
domestiques ou non, par toute personne physique ou morale, de droit public ou
privé et entraînant soit des prélèvements sur les eaux de surface ou les eaux
souterraines, restituées ou non, soit une modification des déversements,
écoulements, rejets ou dépôts directs ou indirects, chroniques ou épisodiques,
même on polluants.
Article 4
Article 5
La présente loi portant Code de l’Eau a pour objet une gestion intégrée des ressources eau, des
aménagements et ouvrages hydraulique.
les conditions d’une utilisation rationnelle et durable des ressources en eau pour les
générations présentes et futures;
la mise en place d’un cadre institutionnel caractérisé par la redéfinition du rôle des
intervenants.
CHAPITRE IV : PRINCIPES
Article 6
La présente loi portant Code de l’Eau adhère aux principes admis dans la gestion intégrée des
ressources en eau que sont les principes de précaution, de prévention, de correction, de
participation, d’usager-payeur, de planification et de coopération.
Article 7
Sa protection, sa mobilisation et sa mise en valeur, dans le respect des équilibres naturels, sont
d’intérêt général.
Elle ne peut faire l’objet d’appropriation que dans les conditions déterminées par les
dispositions de la présente loi.
Article 8
L’utilisation des ressources en eau se fait dans les conditions déterminées par les lois et
règlements en vigueur et les dispositions de la présente loi portant Code de l’Eau, sous réserve
du respect des droits antérieurement acquis sur le domaine public hydraulique tel que défini à
l’article 11 de la présente loi des droits des tiers.
Article 9
Article 10
L’existence des eaux sacrées est tolérée. Toutefois, leur utilisation doit être conforme à
l’intérêt général et répondre aux impératifs de maintien et de renforcement de la cohésion du
groupe social et de l’unité nationale.
Article 11
Font partie du domaine public hydraulique, au sens de la présente loi portant Code de l’Eau :
- les cours d’eau navigables ou flottables dans les limites déterminées par la hauteur
des eaux coulant à plein bord avant de déborder, ainsi qu’une zone de passage de
25 mètre de large à partir de ces limites sur chaque rive et sur chacun des bords des
îles ;
- les sources et cours d’eau non navigables ni flottables dans les limites déterminées
par la hauteur des eaux coulant à plein bord avant de déborder ;
- les lacs, étangs et lagunes dans les limites déterminées par le niveau des plus
hautes eaux avant le débordement avec une zone de 25 mètre de large à partir de
ces limites sur chaque rive extérieure et sur chacun des bords des îles ;
- les nappes aquifères souterraines.
Notamment :
- les conduites d’eau, les conduites d’égouts, les ports et rades, les digues maritimes
et fluviales, les ouvrages d’éclairage et de balisage ainsi que leurs dépendances ;
Article 12
Article 13
Article 14
L’autorisation est accordée, sous réserve du droit des tiers, pour une durée déterminée et le
cas échéant après enquête publique.
Article 15
lorsque les ouvrages ou installations sont abandonnés ou ne font plus l’objet d’un
entretien régulier ;
Article 16
Un décret pris en application de la présente loi portant code de l’eau détermine les conditions
d’octroi, de modification, de renouvellement et de retrait des autorisations, et les seuils relatifs
aux débits prélevés sur le domaine public hydraulique.
Article 17
Article 18
Toute exploitation ou installation relative à l’utilisation des ressources en eau dans un but
d’intérêt général grève les fonds de terre intermédiaires d’une servitude de passage,
d’implantation, d’appui et de circulation, conformément aux lois et règlements en vigueur.
Article 19
Article 20
En cas d’accumulation d’eau sur fonds privé, l’exploitant du fonds peut être tenu d’en
déclarer la capacité, la nature et la finalité.
Les conditions d’accumulation artificielle des eaux sur les propriétés privées sont fixées par
voie réglementaire.
CHAPITRE II : DU REGIME DES EAUX.
Article 21
Article 22
Les eaux atmosphériques ou météoriques appartiennent à celui qui reçoit sur son fond. Il a le
droit d’en user et d’en disposer.
Article 23
L’accumulation artificielle des eaux tombant sur fonds privée est autorisée à condition que :
leur utilisation soit conforme aux prescriptions édictées par les lois et règlements en
vigueur.
Article 24
Conformément aux lois et règlements en vigueur, tout propriétaire doit établir des toits ou
ouvrages de manières que les eaux pluviales s’écoulent sur son terrain ou sur la voie publique.
Article 25
Nul ne doit empêcher le libre écoulement des eaux de surface et les eaux souterraines.
Article 26
Les eaux de sources peuvent être utilisées par celui qui a une source dans son fond privé de
terre, sous réserve du respect des dispositions prévues aux articles 17, 18 et 32 de la présente
loi portant code de l’environnement.
Article 27
La gestion des eaux sacrées est gérée par la collectivité concernée sous le contrôle de l’Etat.
Article 28
Article 29
Article 30
Sont soumis à déclaration préalable, les installations, ouvrages, travaux et activités qui,
n’étant pas susceptibles de présenter de tels dangers, doivent néanmoins respecter les
prescriptions édictées par la législation en vigueur.
Article 32
Article 33
Tout exploitant d’un aménagement ou ouvrages hydrauliques doit notifier, par écrit, à
l’autorité compétente :
le changement d’exploitant ;
la cessation d’activité.
Article 34
La protection des ressources en eau, des aménagements et ouvrages hydrauliques est assurée
au moyen :
de mesures de police ;
de normes ;
de périmètre de protection ;
de mesures de classement et de déclassement ;
du régime d’utilité publique.
Article 35
Toute activité susceptible de dégrader les ressources en eau, les a ménagements et ouvrage
hydraulique fait l’objet de mesures de réglementation par l’autorité compétente.
Article 36
En vue de protéger les ressources en eau, les aménagements ouvrages hydrauliques, il est
institué des normes et des périmètres de protection.
Article 37
Ces normes sont déterminées en fonction des différents usages, en tenant compte notamment :
- des données scientifiques les plus récentes en la matière ;
- de l’état du milieu récepteur ;
- de la capacité d’auto - épuration de l’eau ;
- des impératifs du développement économique et social national ;
- des contraintes de rentabilité financière.
Article 38
Les limites de ces périmètres sont déterminées par décret. Elles peuvent être modifiées si de
nouvelles circonstances l’exigent.
Article 39
Toute activité autre que celle pour laquelle le périmètre de protection immédiat a été défini est
interdite.
Article 40
Aucun souterrain, aucun sondage ne peut être pratiqué à l’intérieur du périmètre de protection
sans autorisation préalable de l’autorité compétente.
Article 41
Le déversement des eaux résiduaires dans le réseau d’assainissement public ne doit nuire ni à
la gestion de ce réseau, ni à la conservation des eaux, des aménagements et ouvrages
hydrauliques.
Article 42
Les ressources en eau, les aménagements et ouvrages hydrauliques peuvent, dans un but
d’intérêt général :
Article 43
La protection des ressources en eau est assurée aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif
par l’institution des normes spécifiques.
Article 44
Les eaux sacrées sont protégées par ceux auxquels la communauté en a conféré ce pouvoir et
qui l’exercent dans l’intérêt de celle-ci sous le contrôle de l’Etat.
Article 45
L’autorité peut, par voie réglementaire, déterminer les conditions à imposer aux particuliers,
aux réseaux et installation publique et privées afin d’éviter ce gaspillage.
Article 46
Dans les parties du territoire national où les ressources en eau sont rares et/ou menacées,
l’Administration est habilitée à éditer une réglementation plus stricte pour tenir compte de
cette situation.
Article 47
Les points de prélèvement des eaux destinées à la consommation humaine doivent être
entourés d’un périmètre de protection. Il est interdit dans ces périmètres de protection
d’effectuer tout acte ou activité de nature polluante.
Article 48
Article 49
Tout rejet d’eaux usées dans le milieu récepteur doit respecter les normes en vigueur.
Article 50
L’usage d’explosifs, de drogues, de produits toxiques comme appât dans les eaux de surface
et susceptible de nuire à la qualité du milieu aquatique est interdit.
Article 51
Il est interdit de déverser dans la mer, les cours d’eau, les lacs, les lagunes, les étangs, les
canaux, les canaux, les eaux souterraines, sur leur rive et dans les nappes alluviales, toute
matière usée, tout résidu fermentescible d’origine végétale ou animale, toute substance solide
ou liquide, toxique ou inflammable susceptibles de constituer un danger ou une cause
d’insalubrité, de provoquer un incendie ou une explosion.
Article 52
Les installations classés ou non, les aménagements ou ouvrages, sources de pollution sont
soumis à un audit écologique dans les conditions précisées par décret.
Les résultats de l’audit écologique sont transmis à l’autorité compétente et communicable aux
tiers.
Article 54
Les aménagements et ouvrages hydrauliques présentant un intérêt national, dont la liste est
déterminée par décret, font l’objet de mesures particulières de protection
A cette fin, l’Autorité chargée de l’eau, en accord avec les Ministères chargés de la Défense,
et de la sécurité, faire assurer cette protection par les forces publiques.
Article 55
La politique nationale de gestion des eaux, des aménagements et ouvrages hydrauliques est
définie par décret pris en conseil de Ministre.
Article 56
A ce titre, elle reçoit les déclarations et les demandes d’autorisation préalables relatives à
l’installation des ressources en eau, des aménagements et ouvrages hydrauliques.
Elle exerce ses prérogatives conjointement, et selon les cas, avec les Ministères compétents.
Article 57
Un décret pris en conseil des Ministres définit les structures chargées de la gestion des
ressources en eau fondée sur le principe de la gestion par bassin versant hydrologique, et
détermine les règles relatives à l’organisation, aux attributions et au fonctionnement de ces
structures.
Article 58
Aux termes de la présente loi, le cadre industriel repose sur un principe caractérisé par la
distinction entre le gestionnaire et les différents utilisateurs de l’eau.
SECTION I : LE ROLE DE GESTIONNAIRE
Article 59
L’Etat assure la gestion des ressources en eau en préservant la qualité des sources, en
empêchant le gaspillage et en garantissant la disponibilité.
Article 60
L’ETAT garantit :
L’Etat assure :
le développement et la protection des aménagement et ouvrages hydrauliques
la prévention et la lutte contre les maladies hydriques.
Il exerce, par ses services compétents, la police des eaux.
Article 61
La reconnaissance des droits antérieurement acquis sur le domaine publique hydraulique est
faire à la diligence par des soins de l’administration ou à la demande de l’intéressé après
enquête publique, dans les conditions qui sont déterminée par voie réglementaire.
Article 62
Article 63
Les propriétaires dont les droits ont été régulièrement reconnus ne peuvent en être dépossédés
que par voie d’expropriation. Cette mesure n’intervient que dans les conditions prévues par
les lois et règlements en vigueur.
Article 64
Toute personne qui a connaissance d’un incident ou d’un accident présentant un danger pour
la sécurité civile, la qualité, la circulation ou la conservation des ressources en eau doit en
informer, dans les meilleurs délais, l’Autorité compétente.
L’Autorité compétente informe les populations par tous les moyens appropriés des
circonstances de l’incident ou de l’accident, de ses efforts et des mesures prises ou à prendre
pour y remédier.
Article 65
Toute personne à l’origine d’un incident ou d’un accident et tout exploitant ou tout
propriétaire sont tenus, selon les cas, dès qu’ils en ont connaissance, de prendre toutes les
mesures possibles, pour faire cesser le danger ou l’atteindre au milieu. Il doit également
prendre toutes les dispositions pour y remédier.
Article 66
L’Autorité compétente prescrit aux personnes mises en cause les mesures à prendre pour
mettre fin aux dommages constatés ou en circonscrire la gravité et notamment les analyses à
effectuer.
Article 67
Article 68
Sans préjudice de l’indemnisation des victimes pour les autres dommages subis, les personnes
intervenues matériellement ou financièrement ont droit au remboursement, par la ou les
personnes à qui incombe la responsabilité de l’incident ou de l’accident, des frais exposés par
elles. A cette fin, elles peuvent saisir les juridictions compétentes.
Article 69
Les occupants d’un bassin versant ou les utilisateurs de l’eau peuvent se constituer en
association pour la protection des ressources en eau et des ouvrages hydrauliques.
Article 70
L’alimentation en eau des populations demeure, dans tous les cas l’élément prioritaire dans la
répartition des ressources en eau.
L’allocation des ressources en eau doit, à tout moment, tenir compte des besoins sociaux et
économiques des populations.
Article 71
Lorsqu’il a pu être satisfait aux besoins humains en eau, la répartition des ressources est
effectuée en fonction des autres usages.
Article 72
En cas de conflit pour la satisfaction de l’un ou l’autre des usages, autre que l’alimentation
humaine, la répartition doit être faite par l’Autorité compétente.
Article 73
Des décrets, pris en Conseil des Ministres, fixent les régimes et les conditions d’utilisation des
eaux autres que celles destinées à l’alimentation humaine.
Article 74
L’ordre de priorité peut être temporairement modifié lorsque surviennent certains événements
exceptionnels tels que les cas de force majeure, de sécheresse et d’inondation.
Article 75
L’autorité chargée de l’eau et les Ministères compétents peut confier, à toute personne
physique ou morale, le service public d’exploitation des eaux, des ouvrages et aménagement
hydraulique. Ces modes d’exploitations sont approuvés selon les cas par décret pris au
Conseil des Ministres.
Article 76
d’établir, après approbation des projets par l’autorité concédante, tous ouvrages
utiles ;
Article 77
Sans préjudices des clauses particulières figurant dans le contrant de concession, la déchéance
du concessionnaire peut être prononcée pour :
Article 78
L’eau destinée à la consommation humaine doit être conforme aux normes de potabilité fixées
par arrêté conjoint de l’Autorité chargée de l’eau et du Ministre de la Santé.
Article 79
Quiconque offre au public de l’eau en vue de l’alimentation humaine, à titre onéreux ou à titre
gratuit et sous quelque forme que ce soit y compris la glace alimentaire, est tenu de s’assurer
que cette eau est potable et conforme aux normes en vigueur.
Article 80
Article 81
Dans les zones pourvues d’un service de distribution publique d’eau, il est interdit aux
personnes physiques ou morales et notamment aux restaurateurs, hôteliers de livrer pour
l’alimentation et pour tous les usagers ayant un rapport avec l’alimentation, toute eau autre
que l’eau potable fournie par les services précités.
Article 82
L ‘usage des puits et des sources privées n’est autorisé pour l’alimentation humaine que si
l’eau en provenant est potable, et si toutes les précautions sont prises pour mettre cette eau à
l’abri de toutes contaminations dues, notamment à la proximité de latrines, dépôts de fumiers,
d’ordures, d’immondices et de cimetières.
L’eau de ces puits doit présenter constamment les qualités de potabilités requises par la
réglementation et les normes en vigueur.
Article 83
En milieu desservi par un réseau d’adduction d’eau potable, l’usage des eaux de puits pour la
consommation humaine peut être interdit.
Article 84
Toute méthode de correction des eaux ou tout recours à un mode de traitement de ces eaux à
l’aide d’additif chimique, doit être au préalable autorisé dans les conditions fixées par voie
réglementaire. Les additifs éventuels ne doivent en aucun cas nuire à la potabilité de l’eau et
en altérer les propriétés organoleptiques.
Article 85
Les mesures destinées à prévenir la pollution des eaux de consommation sont prescrites par
arrêté conjoint de l’Autorité chargée de l’eau et des Ministères compétents.
Article 86
Article 87
Les sources d’eaux telles qu'énoncées à l’article 86 ci-dessus peuvent être déclarées d’intérêt
public par décret pris en Conseil des Ministres.
ARTICLE 88
Article 89
L’utilisation des eaux à des fins agro-pastorales, industrielles et pour la satisfaction d’autres
besoins notamment la pêche, les loisirs et les transports nécessite des servitudes et doit
respecter les textes et normes en vigueur ainsi que les impératifs visés par la présente loi
portant code de l’environnement.
CHAPITRE III-PLANIFICATION ET LA COOPERATION
Article 90
Article 91
Il est réalisé, selon une périodicité à déterminer par décret un inventaire des ressources en eau,
des aménagements et ouvrages hydrauliques.
Cet inventaire est établi sous la direction de l’Autorité chargée de l’eau en collaboration avec
les Ministères compétents et les différents utilisateurs.
Article 92
Article 93
Les données et informations collectées et élaborées par les structures de gestion des eaux
doivent être communiquées à l’Autorité chargée de l’eau.
Article 94
Les Schémas Directeurs d’Aménagement net de Gestion des Ressources en Eau (SDAGRE)
sont réalisés par bassin versant ou groupe de bassins versants hydrologiques.
Article 95
Ils définissent les objectifs de qualité et de quantité des eaux, des écosystèmes aquatiques et
des zones humides ainsi que les aménagements et ouvrages hydrauliques à réaliser.
Article 96
Après enquête publique, il est soumis pour avis au comité de bassin comprenant, notamment
des représentants de l’Etat, des Organisations Non Gouvernemental (ONG), d’élus locaux,
d’usagers, d’exploitants, de spécialistes en la matière.
Article 97
Article 98
Dans ces cas, il peut être institué une zone d’alerte fixant les mesures à prendre et les usages
de l’eau de première nécessité.
Article 99
L’Etat prend les mesures nécessaires pour favoriser la coopération dans le cadre de la gestion
et la mise en valeur des ressources en eau en partage avec les Etats voisins.
Article 100
Toute personne physique ou morale utilisant les eaux du domaine publique hydraulique est
soumise au paiement d’une redevance, dans les conditions fixées par la présente loi portant
Code de l’Eau et ses textes d’application.
L’Etat fixe les redevances.
Il peut allouer des primes pour toutes les activités tendant à une meilleure exploitation des
eaux, des aménagements et ouvrages hydrauliques.
Article 101
L’Autorité compétente peut définir, en tant que de besoin, d’autres types de redevances.
Article 102
Article 103
Les modes de concession tels que visés à l’article 75 ci – dessus, donnent lieu, selon les cas, à
perception de redevances.
Article 104
Les conditions d’allocation des primes sont fixées par voie réglementaire.
Article 105
Il est créé un fonds e gestion des ressources en eau, des aménagements et ouvrages
hydrauliques destiné à assurer le financement des activités de :
Gestion intégrée des ressources en eau ;
Planification et d’inventaire des ressources en eau, des aménagements et ouvrages
hydrauliques ;
Protection des ressources en eau ;
Surveillance sanitaire ;
Développement, d’entretien et d’exploitation des aménagements et ouvrages
hydrauliques.
Article 106
Le fonds de gestion des ressources en eau, des aménagements et ouvrages hydrauliques est
alimenté par :
Article 107
Sont chargé de constater les infractions aux dispositions de la présente loi portant code de
l’eau et des textes pris pour son application, d’en rassembler les preuves et d’en rechercher les
auteurs :
Article 108
Les fonctionnaires et agents visés à l’article ci-dessus prêtent serment devant le tribunal de
première instance ou la section du tribunal de la circonscription administrative.
Article 109
Article 110
Dans l’exercice de leurs fonctions, les fonctionnaires et agents assermentés peuvent requérir
l’assistance de la force publique.
Article 111
Les infractions aux dispositions de la présente loi portant code de l’eau et des textes pris pour
son application sont constatés par des procès-verbaux qui font foi jusqu’à preuve contraire.
Article 112
Article 113
Certaines infractions, dont la liste est déterminée par décret, peuvent donner lieu à des
transactions. Celles-ci sont effectuées par l’Autorité chargée de l’eau en liaison avec les
ministères compétents.
Article 114
En cas d’échec de la transaction ou pour les infractions graves dont la liste est établie par
décret, les procès-verbaux doivent être adressés dans les quinze (15) jours francs qui suivent
le constant au procureur de la République ou au juge de la section de Tribunal compétent.
Article 115
En cas d’infraction flagrante aux dispositions prévues par la présente loi portant code de l’eau,
les fonctionnaires et agents assermentés doivent faire arrêter les travaux et confisquer les
objets ayant servi à commettre l’infraction.
Article 116
Tout propriétaire de fonds supérieur qui, par des travaux, des aménagements particuliers
aggrave la servitude d’écoulement des eaux est puni d’une peine d’emprisonnement de six (6)
jours à deux (2) mois et d’une amende de cinquante mille francs (50.000 FCFA) à trois cent
mille (300.000 FCFA) ou de l’une de es deux peines seulement.
Article 117
Quiconque prélève des eaux du domaine public, en quantité excessive, sans autorisation ou
déclaration préalable est passible d’un emprisonnement de deux(2) à six (6) mois et d’une
amende de trois cent soixante mille (360.000 FCFA) à cinq millions (5.000.000 FCFA) ou de
l’une des deux peines seulement.
Article 118
Est puni d’une peine d’emprisonnement de deux (2) mois à deux (2) ans et d’une amende
d’un million (1.000.000 FCFA) à cinq millions (5.000.000 FCFA) ou de l’une de ces deux
peines quiconque :
Article 119
Article 120
Tout gaspillage de l’eau est passible d’une peine d’emprisonnement d’un (1) mois à six (6)
mois et d’une amende de trois cent soixante mille francs (360.000 FCFA) à dix (10) millions
de francs ou de l’une de ces deux peines seulement.
Article 121
Quiconque se livre à une activité susceptible de dégrader la qualité des eaux, des
aménagements et ouvrages hydrauliques est passible d’une peine d’emprisonnement de six (6)
mois à deux (2) ans et d’une amende d’un (1) million de francs (1.000.000 FCFA) ou de l’une
de ces deux peines seulement.
Article 122
Quiconque jette, déverse ou laisse s’écouler dans les eaux de surface, les eaux souterraines ou
les eaux de la mer dans les limites des eaux territoriales, directement ou indirectement, tous
déchets ou substances, dont l’action ou les réactions ont même provisoirement entraîné des
effets nuisibles sur la santé ou des dommages à la flore ou à la faune ou des modifications
significatives du régime normal d’écoulement des eaux, est puni d’un emprisonnement de
deux (2) mois à deux (2) ans et d’une amende de deux (2) millions de francs (2.000.000
FCFA) à cent millions (100.000.000 FCFA) ou de l’une de ces deux peines seulement.
Article 123
Quiconque use d’explosifs, de drogues, de produits toxiques dans les eaux de surface comme
appât et susceptible de nuire à la qualité du milieu aquatique est passible d’une peine
d’emprisonnement de deux (2) à six (6) mois et d’une amende de trois cent soixante mille
francs (360.000 FCFA) à un million (1.000.000 FCFA) ou de l’une de ces deux peines
seulement.
Article 124
Quiconque endommage les aménagements ou les ouvrages hydrauliques par quelque moyen
que ce soit, est passible d’un emprisonnement de deux (2) mois à deux (2) ans et d’une
amende de cinq cent mille (500.000 FCFA) à cent millions (100.000.000 FCFA) ou de l’une
de ces deux (2) peines seulement.
Article 125
Quiconque use des eaux de puits pour la consommation humaine en milieu desservi par un
réseau d’adduction d’eau potable en cas d’interdiction est passible d’un peine
d’emprisonnement de six (6) jours à un (1) mois et d’une amende de cinquante mille (50.000
FCFA) à trois cent mille (300.000 FCFA) ou de l’une de ces deux (2) peines seulement.
Article 126
Quiconque importe, exporte ou commercialise les eaux minérales ou de table non conformes
aux normes en vigueur est passible d’une d’emprisonnement de deux (2) mois à un (1) an et
d’une amende de cinq cent mille (500.000 FCFA) à dix millions (10.000.000 FCFA) ou de
l’une de ces deux (2) peines seulement.
Article 128
Les ouvrages existants doivent être mis en conformité dans un délai de deux (2) ans à compter
de l’entrée en vigueur de la présente loi portant Code de l’Eau.
Article 129
Sous réserve de l’élaboration des normes telles que prévues dans la présente loi portant Code
de l’Eau, les normes en vigueur sont celles de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Article 130
Les forages industriels sont soumis aux dispositions de la loi no 95- 533 du 18 juillet 1995
portant Code Minier. Il en est de même pour les sondages et les ouvrages souterrains.
Article 131
Les dispositions des articles 117, 118 et 133 du Code Pénal relatives aux circonstances
atténuantes et au sursis ne sont pas applicables aux infractions prévues par les articles 121,
122, 123, 124,125 et 126 de la présente loi portant Code de l’Eau.
Article 132 :
Les modalités d’application de la présent loi portant Code de l’Eau seront déterminées par
décret pris en Conseil des Ministres.
Article 133 :
La présente loi portant Code de l’eau abroge toutes les dispositions antérieures contraires.
Article 134 :
La présente loi sera publiée au Journal Officiel de la République de Côte d’Ivoire et exécutée
comme loi de l’Etat.