RAPPORT Final Cluster de Compétences Sur La Valorisation Des Bio-Ressources en Guyane
RAPPORT Final Cluster de Compétences Sur La Valorisation Des Bio-Ressources en Guyane
RAPPORT Final Cluster de Compétences Sur La Valorisation Des Bio-Ressources en Guyane
Rapport final
Octobre 2019
CONTEXTE TERRITORIAL...................................................................................................................... 4
CLUSTER : OBJECTIFS ET INTERFACES ENTRE LES MONDES ACADEMIQUE, DE LA RECHERCHE, DE L’INNOVATION ET
ECONOMIQUE .................................................................................................................................. 6
REFERENCES ............................................................................................................................... 43
2
Table des illustrations
3
La genèse du projet
Contexte territorial
Selon le rapport 2017 de l’IEDOM 1, avec un taux de croissance annuelle d’environ 1,5%
depuis 2013, la population guyanaise dépasserait les 300 000 habitants à l’horizon 2030
(chiffre atteint fin 2018). En dépit d’une croissance en volume supérieure à la croissance
nationale, le PIB par habitant de la Guyane reste largement inférieur à celui de la France
hexagonale. La croissance en volume, en grande partie soutenue par l’activité spatiale et
la commande publique, serait absorbée par ce développement galopant de la population.
Le taux de chômage reste également élevé sur le territoire et concerne en majorité les
jeunes actifs. En raison de cette situation économique plutôt vacillante et du
développement démographique drastique, il est urgent de développer un modèle
économique adapté pour le territoire, mettant en valeur ses richesses.
3
La Biodiversité, un des leviers du développement économique et social en Guyane, Geneviève Besse & Mauricette Steinfleder, Rapport
du CGEDD, Mai 2017
4Le Potentiel de développement économique de la Guyane, Etude documentaire et prospective commanditée par le WWF France à
Deloitte Développement Durable, Novembre 2018
4
territoire. La Collectivité Territoriale de Guyane -CTG, notamment dans sa Stratégie
Régionale pour l’Innovation -SRI-3S 5, a misé sur le financement des projets de recherche
appliquée présentant des potentiels de développement pour la Guyane.
Presque tous les secteurs d’activités de la Guyane seraient impliqués dans la valorisation
des ressources naturelles. La Guyane construit son écosystème Recherche-Formation-
Innovation, avec une accélération ces dernières années appuyée, depuis 2015, par
l’autonomie de l’Université. Toutes les briques sont désormais disponibles pour faire
vivre le triptyque vertueux Recherche-Formation-Innovation au service du
développement économique à long terme de la Guyane. La mise en place d’un réseau
d’entreprises en interaction avec les organismes de recherche et de formation dans le
secteur apparait comme une préconisation du Président de la République, Monsieur
Emmanuel Macron, qui a évoqué la création d’un cluster de recherche autour de la
biodiversité lors de sa visite en Guyane du 26 au 28 octobre 2017. Dans ce contexte, une
lettre de mission cosignée par la Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche
et de l’Innovation et du Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire a été adressée à
la DRRT de Guyane en août 2018 (Annexe 1). La DRRT a ainsi pour mission de consulter
les acteurs de la recherche publique, de l’enseignement supérieur et de l’innovation et
des structures privées pour faciliter l’émergence du cluster. Il s’agira, avec l’Agence
Française de la Biodiversité –AFB, d’en définir ses contours et ses axes de
développement potentiels. Pour cela, il sera étudié les possibilités et modalités de
valorisation des résultats de la recherche qui pourraient favoriser le développement du
5
Stratégie Régionale d’Innovation pour la Spécialisation en Guyane, Décembre 2013
5
potentiel économique de la Guyane lié à sa biodiversité. La rédaction de ce rapport a
nécessité de nombreuses rencontres avec les différentes parties prenantes de ce futur
cluster, et de pouvoir y travailler, comme précisé dans la lettre de mission, avec le
service de valorisation économique de la Biodiversité de l’AFB, établi en Guyane en mars
2019.
Les clusters sont des structures qui ont pour objectif l’organisation des synergies sur un
même territoire, prioritairement entre les entreprises elles-mêmes, les centres de
formation et les organismes de recherche et les structures de développement dans une
vision de développement économique. La recherche ayant alors deux missions, celle
d’accompagner les entreprises dans leur besoin de RDI et celle de favoriser l’essaimage
directement issu de son activité.
Comme on peut le noter sur la Figure 1, un cluster s’intègre donc dans le panorama des
différentes structures de recherche et de valorisation mises en place en France en
fonction du niveau de maturation technologique –TRL.
6
Figure 1 – Les différents types de structures de transfert et de valorisation de la recherche
6
Groupement d’Intérêt Scientifique
7
La valorisation de la recherche publique accompagne une invention pour la transformer
en innovation. Elle met en relation les chercheurs de la recherche publique avec le
monde socio-économique : start-up, PME, ETI, grands groupes. A l’image du cercle
vertueux de la Figure 2, mettre en place une structure qui permette d’accompagner cette
synergie serait un atout majeur pour la Guyane.
Force est de constater qu’en Guyane, la détection dans les différents laboratoires n’est
pas active en partie du fait de l’absence d’un lieu de concertation, de coordination et de
médiation, faisant l’interface entre monde de la recherche et monde de l’entreprise, et
cela malgré l’existence d’actions et d’animations au sein de chaque secteur d’activités.
8
- identifier et construire des groupes ayant des appétences communes pour faire
émerger des projets de collaboration ;
La préfiguration du projet
L’étape de consultation et recommandations
En préambule, il est nécessaire de dresser un état des lieux des organismes et des
programmes de recherche. De nombreux organismes de recherche sont présents en
Guyane : l’IRD, le CNRS, le MNHN, le CIRAD, l’INRA, AgroParisTech, l’Institut Pasteur,
l’IFREMER, le BRGM, l’INSERM, l’INRAP.
A cela, il faut rajouter des « institutions à caractère scientifique » pouvant mener des
actions de recherches, tels que l’ONF, le PNRG, le PAG, les sociétés HYDRECO et SOLICAZ
(société ayant eu statut de Jeune Entreprise Innovante –JEI et issue, il y a une douzaine
d’années, d’une Start-up émanant des activités de recherche du laboratoire EcoFog).
9
La recherche est bien structurée : les organismes se regroupent au sein d’une plateforme
de concertation pour la recherche et l’innovation qu’est le GIS IRISTA 7.
Les programmes
Les chercheurs utilisent des sites expérimentaux instrumentés tels que la Station des
Nouragues, le site de Paracou, l’herbier de Guyane, le Vectopole de l’IPG, ou bien encore,
la station d’observation satellitaire SEAS.
7
Groupement d’intérêt scientifique « Initiative pour une Recherche Interdisciplinaire sur les Systèmes et Territoires
Amazoniens » - http://gis-irista.fr/
8 Groupement de recherche Littoral de Guyane sous influence de l’Amazone, 110 chercheurs et ingénieurs, 30
laboratoires, porté par le CNRS et financé par CNRS et Ifremer.
10
missions de la future structure et sa demande de renouvellement (obtenu en janvier
2019) a pris en compte la création du cluster et l’interaction qu’il aura avec celui-ci.
Le GIS IRSTA regroupe donc les 10 organismes de recherche présents en Guyane et est
constitué de 17 membres, dont l’Université de Guyane créée en 2015 lors de sa scission
de l’Université des Antilles. Ses équipes de recherches sont intégrées dans quatre Unité
Mixte de Recherches –UMR, avec différents organismes de recherches (IRD, CNRS,
IFREMER) ou au sein de 2 équipes d’accueil. Elle regroupe environ 50 enseignants-
chercheurs, et début 2019 a été mis en place une cellule recherche-partenariat-
valorisation. Le pôle innovation, incubation et pépinière de la CTG est également intégré
au GIS IRISTA par la présence de Guyane Développement Innovation –GDI. Le GIS
IRISTA est présidé par un organisme de recherche et co-présidé par le Président de
l’Université de Guyane.
11
Par ailleurs le projet de Site (RIESTA) en cours de signature entre l’Université de Guyane
et tous les organismes de recherche présents en Guyane 9 poursuit quatre objectifs
principaux, avec des axes de recherche proches des thématiques de la SRI-S3 :
Objectif thématique 3 : Faire face aux maladies émergentes et aux défis de santé tropicale
dans les milieux et les sociétés d’Amazonie.
Dans le cadre de la mission confiée à la DRRT pour établir les bases de la création d’un
cluster de compétences sur la valorisation de la biodiversité en Guyane, une campagne
de consultations a été réalisée avec les organismes de recherche selon le calendrier
présenté dans le Tableau 1. Dans un premier temps, un travail de bibliographie et de
benchmark a été mené pour tenter de faire la clarté sur la notion même de la
« Biodiversité » et d’imaginer les contours de la future structure tant d’un point de vue
stratégique et organisationnel qu’opérationnel. Ce préalable a fait ressortir neuf
thématiques de la biodiversité et proches de celles de la SRI, auxquelles pourraient
s’adosser des filières existantes ou en création sur le territoire. Les discussions ont été
conduites sur la base du travail mené en amont par la DRRT.
9
Projet de Site Guyane - Recherche, Innovation et Enseignement Supérieur des Territoires
Amazoniens - RIESTA, Septembre 2016, non finalisé
12
Organismes Représentants Date de l'entrevue Commentaires
13
Volets thématiques Projets /Acronymes Intitulés
Santé tropicale PrédiDengue Nouveaux outils de prédiction des formes sévères de dengue
Pour rester cohérent avec le travail mené en préambule, les résultats de la consultation
« Recherche » sont déclinés par volets thématiques.
En Guyane, tout comme en Amazonie et dans une grande partie de la région caribéenne,
les maladies transmises par les insectes occupent une place de première importance
dans le paysage sanitaire. Le paludisme, la dengue, les leishmanioses et plus récemment
le chikungunya et le zika sont des problèmes de santé publique majeurs. Les deux
structures présentes sur les questions liées à la santé tropicale que sont l’Institut
Pasteur de Guyane –IPG– et le Centre d’Investigation Clinique –CIC– du Centre
14
Hospitalier André Rosemond –CHAR– disposent dans leurs portefeuilles d’actions de
plusieurs projets pouvant servir de bases pour le lancement de collaborations avec des
partenaires industriels ou institutionnels (lors de l’épidémie de zika, ses structures ont
eu de nombreuses relations avec les industriels qui souhaitaient développer des outils
de tests et de validation de diagnostic). Ces deux structures de recherche disposent
également d’outils et d’expertises prouvés chacun dans leurs domaines de spécialisation.
D’une part, l’IPG possède depuis 20 ans une biothèque, soit une plasmathèque pouvant
servir aux industriels pour la validation des kits. Des collaborations sont déjà bien
établies avec l’OMS concernant la mise en place et la validation de tests biologiques. Il
dispose également d’un Vectopole d’une surface de 550 m², hébergeant différents
laboratoires, dont l’objectif principal est d’appuyer les stratégies de surveillance, de
prévention et de lutte contre les insectes vecteurs de maladies étudiées au niveau local
ou régional. Cette plateforme scientifique se compose de différents laboratoires dont le
bijou technologique est un laboratoire de sécurité biologique de niveau 3, d’une surface
de 100 m², unique dans le bassin géographique. Ce laboratoire permet notamment de
réaliser, en toute sécurité, des infections expérimentales d’insectes ou de petits
mammifères avec des organismes pathogènes dans le but d’améliorer les connaissances
sur leur rôle en tant que vecteur ou réservoir de maladies et de mieux cerner les
modalités de la transmission à l’homme. Il abrite également un laboratoire dédié
spécifiquement aux travaux sur les insecticides et des insectariums permettant l’élevage
des insectes dans des conditions optimales. Grâce aux travaux réalisés au sein du
vectopole, le CNRS, l’Institut Pasteur de Guyane, GDI et l’Université de Guyane et de
l’Université des Antilles ont déposé un brevet en 2017 sur un larvicide biologique. Cet
outil permet de nouer des partenariats avec des institutionnels et des industriels. L’IPG
dispose de collections de virus et d’insectes sur une longue période, qui par exemple,
permet à des acteurs tels que l’ARS de mener des tests de validation d’insecticides à
intérêt médical (arbovirus). En tant que Centre National de Référence -CNR- sur la
résistance au paludisme, l’IPG dispose également de tests permettant d’évaluer la
résistance des différentes souches de Plasmodium aux traitements.
D’autre part, le CIC vient de créer un Centre de Ressources Biologiques -CRB- qui est
l’unique biobanque en Amazonie contenant la plus grande diversité de souches de
pathogènes connus du continent. L’ambition du CRB est de devenir la référence en
Amérique du Sud en termes de collections d’échantillons biologiques issus des
15
écosystèmes amazoniens. Il met à disposition du monde économique des collections de
sérum et des banques de données de grandes qualités. De fait, l’industrie
pharmaceutique s’intéresse aux collections (comme BioMérieux qui a approché le CIC du
CHAR pour nouer un partenariat). Par ailleurs, la labélisation INSERM du CIC représente
un atout majeur pour le centre qui pourrait prétendre à des partenariats de recherche et
de développement économique de haut niveau. Ainsi, dans les perspectives de
partenariats industriels par exemple, le développement d’outils de diagnostic
biomoléculaire et immunologique de certaines maladies tropicales pour lesquelles on
observe un manque ou une efficacité en la matière (maladie de Chagas ou
l’histoplasmose) représente une réelle proposition de valeur ajoutée. En effet, du fait de
la variabilité génétique des pathogènes, le kit de diagnostics de la maladie de Chagas
développé en Argentine ne permet pas d’identifier les souches présentes en Guyane. Par
ailleurs, l’histoplasmose ainsi que la tuberculose (toutes deux étant des maladies
opportunistes chez les immunodéprimés) sont souvent confondues dans les diagnostics.
Aussi, le CIC travaille sur la mise en place de bandelettes, outils simples, robustes et
rapides permettant le diagnostic différentiel de ces deux maladies. Pour ces différents
projets, le cluster est vu comme un acteur clé permettant d’accroître le réseau d’acteurs
de recherche et d’industriels. De fait, les structures qui travaillent sur les outils de
diagnostic pourraient se rapprocher des banques biologiques présentes en Guyane.
D’un point de vue stratégique, un rapprochement avait été engagé avec le pôle
de compétitivité Lyonbiopôle, sans aboutir. Dans la démarche de création d’un
cluster, il serait souhaitable de réactiver cette collaboration et d’identifier un
projet phare pour l’amorcer. Le cluster serait un bon outil pour faire la
promotion du CRB et du vectopole.
Bien qu’il existe des collaborations entre les organismes de recherche sur le sujet de la
pêche et de l’aquaculture, l’Ifremer reste sans conteste l’organisme de référence dont les
axes stratégiques de recherche sont axés sur l’économie de la pêche en Guyane. Son
ambition est de concilier viabilité économique des pêcheries et respect de la
16
biodiversité. A cet effet, il dispose d’un observatoire des pêches, le réseau SIH 10, qui
permet à la fois de connaître, évaluer et mettre en valeur les ressources halieutiques de
Guyane pour une exploitation durable dans un objectif de développement économique
de la filière pêche de Guyane. Ce réseau a l’heure actuelle n’est toujours pas actif et les
professionnels demande à ce que la ressource soit réellement évaluée sur la quantité et
la répartition géographique et temporel des espèces (pas uniquement réalisé à partir
d’un comptage en sorite de bateau). Pour accompagner cette demande, il est nécessaire
de développer de la connaissance sur ce sujet de travailler sur le fait que certaines
espèces ne sont pas inscrites au catalogue européen, empêchant leur exportation.
10
Système d’Information Halieutique
17
Du fait de l’existence d’un cluster maritime autour du domaine marin, le rôle du
cluster de valorisation des ressources naturelles serait de rapprocher ce
dernier d’un pôle de compétitivité (comme celui de Boulogne -AquiMer- qui est
en discussion avec GDI sur la valorisation de la pêche et des coproduits) afin de
diversifier les activités.
Dans la filière agricole, les exemples de la chocolaterie et du projet Yana-Wassaï sont des
actions qui pourraient aboutir grâce à l’appui d’un cluster.
18
raisonnée des ressources locales particulièrement la terre crue et tous les géo-matériaux
pour un usage en grande partie dans le secteur du BTP et plus largement afin de
valoriser toutes les fonctionnalités du sol. La microbiologie contenue dans les sols
constitue les prémices des connaissances en Guyane et, pour rappel, 80% des
antibiotiques sont issus des sols. Les organismes de recherche travaillant sur ces
thématiques sont essentiellement l’IRD et le BRGM.
Dans le cadre de l’Institut Carnot, le BRGM a entamé des démarches sur la valorisation
des ressources minérales autour de l’économie solidaire, des déchets et des matériaux.
Dans ce secteur, l’enjeu est de réduire l’empreinte écologique en créant de la valeur sur
un gisement faible. L’une des pistes à explorer et prometteuses sont les matériaux et les
briques traditionnelles ou bien en terre crue.
D’autre part, des projets très structurants sont déjà en cours sur le territoire avec les
communautés d’agglomération ou les communes (risque, pollution avec enjeu sur la
santé humaine, la botanique, l’hydrogéologie, ...) ainsi qu’avec les miniers.
Des exemples sur la remise en état de cours d’eau sont des sujets qui associent d’ores et
déjà le BRGM, ECOFOG et la société Solicaz qui développe de réels savoir-faire innovants
et exportables (bio-remédiation, fixation des métaux, ...). Les mesures compensatoires
dans les projets industriels sont un réel enjeu scientifique industriel et qui s’interfacent
avec les aspects réglementaires et conduisent à l’innovation par l’adaptation de process.
Ce secteur peut conduire à un réel savoir-faire en Guyane exportable et transposable sur
d’autres territoires en France et à l’étranger.
La filière PAM issue des produits de la nature amazonienne est une filière prometteuse,
qui pourrait générer des produits d’excellente qualité à haute valeur ajoutée.
Des initiatives existent (comme le projet APIPAM) qui tentent de monter des filières sur
les PAM en identifiant les producteurs – récolte de produit – et les transformateurs de
produit, ou bien sur les cosmétiques comme le projet BEPOP porté par le CIRAD.
L’un des enjeux majeurs pour la valorisation de cette filière est la réglementation à venir
sur les Huiles Essentielles, et les problèmes relatifs aux coûts de la certification et la
démarche qualité pour les produits issus des PAM. Pour répondre à ces enjeux, un projet
19
est en cours pour la création d’un laboratoire spécialisé en éco-extraction, formulation
et contrôle qualité. Le projet est porté par la société Biostratège Guyane gérée par une
guyanaise dont l’ambition est de contribuer au développement de la filière des
ingrédients naturels et écoresponsables de Guyane.
Une convention a été signée en décembre 2018 entre la CTG et Cosmetic Valley
afin de contribuer à l’émergence de la filière en Guyane par la création d’une
antenne de ce cluster autour de la thématique cosmétique en Guyane.
Sur ces sujets, la Guyane dispose de sites d’expérimentation ouverts pour accueillir des
projets innovants. Des équipes de techniciens permanents sont également disponibles
pour effectuer des protocoles de suivi de performance. Par exemple, sur la
problématique des eaux usées, une étude de trois dispositifs concurrentiels
expérimentaux à destination des sites isolés de Guyane a été conduite à la station des
Nouragues.
20
Les sujets de l’énergie, des enjeux de ressources, d’aménagement du territoire et
d’innovation sont porteurs en Guyane, et la présence d’industriels de renom (EDF
SEI, SARA, Air Liquide, AKUO, VOLTALIA, ...) pourrait conduire à un
développement de filières innovantes et de rupture.
L’Innovation sociale, également inscrite dans la SRI-S3, se trouve être une thématique
transversale à toutes les autres thématiques relatives à la valorisation de la biodiversité
et identifiées comme telles. Par exemple, la gestion du foncier, les modèles économiques
adaptés aux services écosystémiques offerts par la biodiversité de Guyane, le suivi des
maladies telles que l’augmentation du diabète des enfants, le suicide des jeunes, la perte
du patrimoine culturel, l’accompagnement du vieillissement, l’accompagnement de la
jeunesse et l’enseignement en langues maternelles, la sécurité des populations sur un
littoral en danger, sont autant de sujets auxquels s’intéresse les projets de l’innovation
sociale en Guyane.
Des réunions avec les services déconcentrés de l’Etat présents en Guyane, ont eu lieu
suite aux entretiens avec les organismes de recherche : le Secrétariat Général pour les
Affaires Régionales (SGAR), la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du
Logement (DEAL), la Direction de l’Entreprise, de la Concurrence, de la Communication,
du Travail et de l’Emploi (DIECCTE) ainsi que la Direction de l’Alimentation, de
l’Agriculture et de la Forêt (DAAF).
Les discussions ont été centrées sur les missions du futur cluster, son organisation et les
contours et redéfinition de son intitulé. Les mots « compétences » (incluant ainsi
formation locale, expertise publique et privée) ainsi que bio-ressources semblent les
plus adaptés au besoin du territoire et à la structuration de filières adossée aux actions
de RDI conduites en Guyane.
21
Le cluster doit être une infrastructure technique d’excellence dont l’un des
objectifs est de permettre la création de produit technologique haut de gamme
en Guyane.
Le cluster doit également avoir pour vocation à traiter des aspects réglementaires sur
les produits réalisés pour leur mise sur le marché, leur conformité ainsi que leur
certification, tout en veillant au respect de l’exploitation et de la gestion de la ressource
et des règles de l’APA 11.
De plus, selon la DAAF et l’ONF, ce cluster devait avoir un rôle de facilitateur en mettant
de l’huile dans les rouages dans les projets qui connaissent des difficultés à démarrer,
sans impacter l’existant. L’une des questions majeures est celle de savoir comment faire
fédérer plusieurs filières au sein d’une structure plus large sachant que le
fonctionnement au sein même des filières reste problématique. Pour exemple, la DAAF a
essayé de fédérer et de faire coopérer les acteurs des PAM, sans grand succès à ce jour.
Le cluster doit avoir la capacité de lancer des appels à projet, grâce à son expertise, la
tenue d’un registre de tous les projets déjà réalisés en compilant les résultats obtenus, et
sa connaissance du milieu et des besoins économiques. Ce travail devra être conduit
entre autre avec l’équipe développement économique de l’AFB et avec l’Agence
Régionale de la Biodiversité – ARB – de Guyane.
11
« Accès aux ressources génétiques et au partage des avantages »
22
L’écosystème socio-professionnel offre néanmoins un terreau particulièrement riche
pour un développement économique basé sur la valorisation des ressources naturelles.
Tous les secteurs d’activités impliqués dans la valorisation économique des ressources
naturelles regroupent en leur sein des acteurs plus ou moins structurés, pour certains en
réseaux labellisés type « grappe d’entreprises ». La plupart sont cependant regroupées
sous forme d’associations interprofessionnelles non labellisées. Le Tableau 3 présente
l’ensemble des différents réseaux identifiés dans le cadre de cette consultation.
Aux côtés des acteurs économiques, sont présentes des institutions publiques telles que
les chambres consulaires : la chambre d’agriculture de Guyane, la chambre des métiers
et de l’artisanat de Guyane et la chambre de commerce et de l’industrie de Guyane. Elles
assurent, comme c’est le cas en France hexagonale, des fonctions supports
administratives, de conseils, de formations auprès des entreprises qu’elles représentent.
23
Elles ont en outre un rôle consulaire de représentation de l’intérêt général des
différentes professions de leur périmètre d’action auprès des instances publiques.
La vision stratégique du futur cluster doit être partagée par l’ensemble des acteurs, d’où
l’intérêt que sa mise en place soit opérée en concertation plutôt qu’elle ne soit imposée.
Pour que les offres proposées par le cluster puissent répondre aux demandes, les
acteurs qui n’ont pas pour coutume de travailler ensemble se doivent de définir en
coopération les plans d’actions de la future structure d’innovation. Chacun des acteurs
doit se sentir impliqué et utile dans le développement de ses activités.
Les structures citées plus haut, assurent un rôle fondamental dans le développement
économique du territoire. Aussi, dans un souci d’efficacité, il apparaît plus pertinent
d’informer et de recueillir l’opinion de l’ensemble de ces structures et des réseaux
d’entreprises en lieu et place des entreprises prises individuellement.
24
besoins. Malgré leur intérêt apparent pour la mise en place du cluster, le taux de
réponses obtenues est resté quasi nul, avec néanmoins des préférences aux entretiens.
Il faut tout d’abord noter le dynamisme et l’émulation au cœur de chaque réseau, illustré
par l’existence d’un certain nombre de projets en cours dans l’ensemble des secteurs
auditionnés. Il s’agit en général de projets structurants portant sur plusieurs
thématiques liées aux ressources naturelles et pour lesquels, pourtant, l’absence
d’interactions entre les acteurs empêche la réalisation. De plus, malgré l’existence de
quelques liens, comme identifiés lors de la phase de consultation, avec les acteurs de la
recherche, il apparaît chez les acteurs économiques, une certaine méconnaissance des
fonctionnements de la recherche, liée probablement à un défaut de communication. Le
catalyseur permettant d’activer les fonctions d’un cluster serait la sélection de deux ou
trois projets structurants inter-filières et l’instauration d’un lieu d’échange permettant
l’identification des projets de développement économique pour le territoire.
25
De réels besoins en compétences.
Une des préoccupations majeures relevées lors de l’audition des acteurs économiques
demeure la constitution d’une trésorerie viable et le besoin en fond de roulement. La
grande majorité des entreprises ainsi que les réseaux d’acteurs dépendent des
subventions. Ils sont tous affirmatifs sur leur problématique de lever des financements
via différents guichets, mais il font état du fait qu’il est nécessaire de disposer de temps
et de ressources humaines pour aller les chercher et constituer des dossiers de demande
ou encore pouvoir répondre à des AMI/AAP régionaux, nationaux ou européens.
26
Ce sujet, une des missions du service valorisation économique de la
biodiversité de l’AFB, met en exergue le caractère fédérateur du cluster qui doit
être le l’espace de regroupement de tous les acteurs de l’ESRI, des Socio-
professionnels, et des acteurs du développement économique.
Il s’agit d’une part, des projets de RDI et de formation qui pourraient être accompagnés
par le cluster. Bien que rares, des liens existent cependant entre quelques entreprises et
les laboratoires de l’Université de Guyane, tant sur les aspects recherche que formation.
Le souhait de tous est d’intensifier ces relations afin de réduire la fracture entre la
recherche et le monde économique, et orienter plus les formations vers les besoins des
27
professionnels. A titre d’exemple, le GENERG est en relation étroite avec le laboratoire
Espace-Dev de l’UG via des thèses et une participation dans les formations en licence
professionnelle et master. Le groupement est un appui aux programmes, au recrutement
d’alternants et de salariés. Du côté de la FEDOMG, le contrat d’étude prospective sur la
formation pour les besoins des mines est finalisé.
Pour la FEDOMG, des exemples de projets disponibles ont été proposés, comme, par
exemple, un sujet concernant l’économie sociale et solidaire avec la création d’une
plateforme physique animée par des personnels en difficultés, sur la problématique des
besoins en terme de matériel végétal, de terre et de valorisation des déchets, ... Cela
devrait permettre de développer de l’expertise sur l’ingénierie écologique, en lien avec
les mines, tout comme le sujet de la remédiation qui est un véritable challenge. Lors des
Assises de l’Outre-mer, il a été proposé la création d’une chambre des mines comprenant
le CSFER, l’école technique, les aspects politiques et institutionnels ainsi que la
recherche et innovation, à l’image d’un CNRT (Centre National de la Recherche
Technologique) qui pourrait être ainsi créé en Guyane au sein du cluster objet de ce
rapport.
Synthèse
Comme nous l’avons déjà mentionné, il ressort de cette phase de consultation, l’utilité
reconnue du futur cluster par l’ensemble des acteurs de la recherche guyanaise, des
services de l’Etat en Région et des socioprofessionnels rencontrés. L’efficacité d’une telle
28
structure repose sur la réponse aux différents besoins exprimés : besoins en termes de
compétences, en l’occurrence dans le montage de projet ; besoins en recherche de
financement ; besoins en apport de compétences complémentaires extérieures (tant que
l’offre de formation ne permet pas de produire en local ces experts) ; besoins de mise en
réseau des acteurs.
Par ailleurs, le cluster pourrait se rapprocher selon les thématiques, de certaines SATT
et surtout des pôles de compétitivité via des conventions tripartites entre ces structures,
le cluster et la CTG (actions ayant déjà été entamées par le passé, mais n’ayant jamais été
concrétisées).
De par son attractivité, le cluster serait un élément important afin d’attirer des
expériences et des expertises nationales et internationales. Il devra dans ce contexte
agréger un volet international.
Il semble important que le cluster puisse contribuer, en lien avec GDI et les plateformes
de recherche, à la mise en place de démonstrateurs et d’expérimentations portés par
des entreprises et des industriels appuyés par la recherche. Ces dispositifs sont
essentiels pour avoir un retour d’expérience sur des solutions qui seraient ainsi
adaptées au territoire, et qui permettraient la validation de modèles technico-
économiques pour la mise sur le marché des procédés ainsi validés. Le cluster apportant
ainsi un rôle d’expertise et de labellisation. A ce titre, il convient de regarder la capacité
de l’éco-système de la RDI guyanaise à participer à des formes de clusters. Pour cela, il
est intéressant d’étudier les relations avec l’environnement économique. Il apparait
clairement, d’après une liste non-exhaustive des partenaires privés, des organismes de
recherche et de l’Université de Guyane, que les partenaires privés sont généralement des
TPE et PME et que ces dernières sont majoritairement localisées sur le territoire (Figure
3). Des relations avec des grands groupes peuvent apparaitre mais restent cependant
limitées aux entreprises de l’hexagone. Ainsi, des rapprochements avec des pôles de
compétitivité nationaux s’avèrent nécessaires afin d’assurer le rôle d’expertise, du moins
dans les premiers temps de la création du cluster.
29
Figure 3 – Les partenaires privés des organismes de recherche en Guyane : répartition selon
leur statut et leur localisation
En ce qui concerne la recherche, le Labex CEBA est un élément clé pour la recherche sur
la biodiversité en Guyane. Son renouvellement est essentiel, et le faire évoluer sur le
champ de la recherche appliquée est indispensable pour accélérer les valorisations des
travaux de recherches qui y sont conduits. Le Labex CEBA permet la valorisation de la
biodiversité d’un point de vue académique, s’appuyer sur un cluster pour rendre plus
concrètes les recherches qui y sont conduites est une opportunité à saisir. Il faudra
montrer comment les deux objets s’interconnectent de manière intelligente. De par
l’expérience acquise sur le sujet depuis sa création, le Labex CEBA pourrait accompagner
la mise en place du cluster et être tant une boite à idées qu’une structure d’expertise et
qu’un démonstrateur de solutions.
De même, sur le volet de l’ESRI en Guyane, les acteurs ont à cœur de coopérer avec le
monde économique et de valoriser leurs travaux afin d’accompagner le développement
économique et sociale de la Guyane. La création du cluster pourrait être le
catalyseur.
Pour finir, nonobstant tous les avantages listés ci-dessus, notons l’existence reconnue
également par tous les acteurs, de plusieurs obstacles et écueils, qu’il convient d’éviter
pour la pérennisation et le bon fonctionnement du cluster:
- rester vigilant quant au facteur humain et aux relations entre toutes les parties
prenantes ;
- lister les différentes structures existantes sur le territoire ayant des missions
apparentées à celles de cluster de la biodiversité de sorte à ne pas être redondants et
déterminer comment l’intégrer dans le dispositif Territoires d’Industrie des trois EPCI en
Guyane, et plus particulièrement la cité des Sciences et de la Biodiversité que la CTG
souhaite mettre en place dans ce contexte en lien avec l’ARB de Guyane ;
30
- accorder un rôle clé à GDI afin de lui donner un réel élan sur ses missions d’innovation
et d’appui au développement économique à l’interface entre recherche et monde
économique. Pour compléter le dispositif, il est indispensable de faire émerger les
plateformes technologiques (ferme expérimentale, halle technologique, ...) qui sont
inscrites dans sa stratégie et qui peinent à être réalisées, faute de financement ;
- dans un premier temps, ne pas produire une entité trop complexe et ne pas initier trop
de projets sans développement concret. Par conséquent, il faut réaliser des études de
marché afin d’identifier les produits locaux à forte valeur ajoutée à faire émerger et
éventuellement en labélisant ces produits. Il serait souhaitable de prioriser les sujets
traités, et de proposer des phases de développement du cluster. A partir des démarches
en cours (Assises de l’OM, étude BEST, ...) et avec un regard critique, réaliser une étude
de potentiel pour identifier le bon sujet qui pourrait générer un effet d’amorçage et
d’entrainement ;
- la structure doit être appropriée par tous les acteurs, et de fait fédératrice (intérêt
collectif – organismes de recherche, université, GDI, Socio-Pro, CTG, ...) afin de
contribuer efficacement à la structuration de filières ;
- rester vigilant quant à la réglementation APA pour qu’elle ne soit pas un frein aux
différentes valorisations issues de la biodiversité. Il faut la prendre en compte en amont
de tous projets susceptibles d’être soutenus par le cluster qui devra s’appuyer sur l’AFB
et la future ARB ;
31
- dans la terminologie du cluster, ne pas utiliser uniquement le terme de biodiversité,
mais y inclure les notions de bio-ressources, valorisation des ressources naturelles et
bio/écotechnologies ;
- bien définir les missions du cluster et clarifier les missions et les interactions des
différentes structures en charge de la biodiversité : AFB, DEAL, ARB, GDI, ... Rester
vigilant aux fonctions des différents acteurs, en clarifiant le rôle de toutes les structures
en cours de création et les limites de leurs missions respectives.
Le tableau 4 présente les caractéristiques du cluster sous l’angle d’une analyse Atouts-
Faiblesses-Opportunités-Menaces.
Atouts Faiblesses
− Recherche structurée autour des − Contraintes liées à l’APA
spécificités amazonienne, du GIS-IRISTA − Monde économique constitué de
− Programmes de recherche labellisés : TPE
Labex CEBA − Absence d’interactions public –
− Plateformes de recherche de haut privé
niveau : Nouragues, Pariacabo, SEAS, − Nombrilisme et défaut de
herbier partage de compétences
− Université jeune et dynamique − Absence de volonté des acteurs
− Plusieurs projets structurants et privés
collaboratifs − Positionnement par rapport à
− Associations Interprofessionnelles Guyane Développement
existantes et plus ou moins structurées Innovation (GDI)
− Manque de financement
− Délocalisation de la main-
d’œuvre
− Marché local restreint
Opportunités Menaces
− P.I.A 3 − Réglementation (Mesures
− Création d’un fonds national compensatoires…)
d’investissement pour l’innovation − Concurrence des pays voisins
− Clusters nationaux sur les thématiques − Multiplicité des programmes
identifiées (ARB, AFB, Clusters…)
− Bureau régional de l’AFB
Tableau 4 – Analyse AFOM du projet de cluster
32
Conclusion et proposition d’une feuille
de route
En Guyane, Enseignement Supérieur, Recherche et Innovation sont bien présents et
ancrés dans le territoire. Cependant, ce secteur d’activité ayant une masse critique trop
faible pour justifier d’un pôle de compétitivité sur un sujet bien spécifique, pourrait tirer
parti d’un cluster pour faire le lien entre tous les acteurs présents, les accompagner dans
le montage de projets collaboratifs et faciliter le transfert de la recherche vers le monde
économique.
La gouvernance est capitale pour la réussite du projet. Il est essentiel de rappeler que
le cluster doit rester une structure opérationnelle, agile et réactive et sans
contrainte politique – être dans le « faire », avec des décisions prises rapidement et
efficacement. Il faut trouver le bon dosage entre représentants des élus, représentants
de l’Etat, représentant de l’ESRI et représentants du monde socio-économique. Les
modes de financement du cluster sont à identifier rapidement, ainsi que les personnels
nécessaires à son bon fonctionnement (nombre, compétence, ...).
L’un des objectifs clairement exprimé lors de cette phase d’entretien est le rôle clé du
cluster pour la mise sur le marché de divers produits. Une relation étroite avec les
acteurs du monde économique est par conséquent primordiale et cela doit être
fortement associé au service valorisation économique de la biodiversité porté l’AFB
nouvellement installé en Guyane, dont l’une des missions est bien d’accompagner les
33
entreprises dans leur réalisation (études de marchés, montage de plan de financement,
marketing, ...).
De plus, elle favorisera l’émergence de projets par la mise en réseau des acteurs, le
soutien à la création de pôles de compétitivité ou d’incubateurs de projets, de stratégie
d’influence vis-à-vis des financeurs, l’implication dans les PIA, etc.
Il faut savoir que si le cluster venait à être mis en place, le contexte serait favorable à sa
réussite, car des liens entre les acteurs existent pour certains et sont naissants pour
d’autres. Ces acteurs faisant partie de mondes professionnels divergents ou connexes
(recherche, investissement, innovation, entrepreneuriat, pouvoir publics) avec des
thématiques différentes bien que gravitant tous autour de la biodiversité, la
consolidation des liens entre eux, constitue la condition sine qua none de réussite pour le
lancement des premières actions.
Parmi les objectifs du projet de cluster nombreux sont communs avec ceux de
l’équipe « Valorisation économique de la Biodiversité » de l’AFB. D’autre part,
la création de l’ARB Guyane offre une opportunité importante et un cadre pour
agir collectivement en matière de valorisation de la biodiversité. Le
MétaCluster proposé pourrait ainsi être le point de coopération entre tous les
acteurs.
34
Feuille de route
Les grands objectifs du projet de création du cluster de compétences
Les objectifs du projet
Les besoins ainsi que les propositions de l’ensemble des acteurs consultés, ajoutées au
travail de benchmark ont permis d’élaborer quatre principaux objectifs intégrant les
enjeux de développement durable -ODD 12- 2030, auxquels doit répondre le projet de
cluster. Il s’agit de :
- Piloter l’animation du réseau de filières par l’accompagnement des membres sur des
montages de projets, la recherche de financement, la réglementation, la protection des
données et la propriété intellectuelle. Même si cela reste une des missions identifiées
par l’ARB, à ce jour aucune compétence locale n’est disponible dans ces domaines.
12
Les ODD adoptés par les Nations Unies en septembre 2015 pour l’horizon 2030 constituent un cadre de l’action
internationale et un guide des transformations dont le monde a besoin pour faire face aux défis mondiaux. Ils
s’inscrivent dans le prolongement des objectifs du millénaire :
https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/
35
Les phases du projet
- créer un site internet faisant le lien entre les membres et les partenaires et servant de
vitrine vers l’extérieur.
Suite aux consultations, il apparait d’emblée que l’ensemble des parties prenantes soient
réceptives et disposées pour s’impliquer dans le fonctionnement du cluster. Ceci
d’autant que des prémices de projets structurants et collaboratifs ont été mises en
exergue.
Dans le Tableau 5, nous avons reporté des exemples de projets structurants qui nous ont
été proposés lors des entretiens.
36
Projet Objectifs
Le projet présente deux parties : une première qui concerne la structuration de l’offre
dont le but est de définir les modes de gouvernance et de financement du Métacluster ;
et une seconde relative au cadre stratégique a pour rôle d’identifier les priorités et les
actions de la future structure.
13
Un Métacluster est une structure qui fédère plusieurs clusters (Interclustering) mettant en commun leur expérience respectif dans
l’objectif d’obtenir des résultats difficiles à obtenir seul : une masse critique suffisante pour développer une gamme de services, construire
des chaines de valeurs compétitives, mutualiser des fonctions supports, mise en commun des projets stratégiques, conquête de marchés
37
Figure 4 – Représentation en réseau de l’organisation provisoire du Métacluster
38
Définition d’un mode de gouvernance
A l’image des modes de gouvernance établis pour des structures existantes en France
hexagonale, et sur la base des propositions faites par les différents acteurs rencontrés, le
statut juridique le plus approprié pour une structure comme le Métacluster serait celui
de l’Association loi 1901 à laquelle pourrait-être adossée une fondation qui lancerait des
appels à projets recherche fondamentale et appliquée, et permettrait l’ouverture sur
différents guichets de financement, comme la fondation Agropolis à Montpellier. Une
structuration sur le schéma type CNRT pourrait également être envisagé.
Aussi, nous proposons une gouvernance intégrant l’ensemble des parties prenantes mais
avec une appropriation forte des acteurs économiques qui doivent en assurer le
leadership. Les différents organes décisionnaires sont présentés dans ce modèle (Figure
5). Des précisions quant aux modalités des élections seront seront apportées lors de la
définition dans les statuts de l’association dans lesquels il faudra inscrire la capacité
d’auto-saisine afin qu’il puisse se saisir de sujets d’expertises sans une demande
extérieure.
• Directeur général
• Chargé de projet Equipe opérationnelle
• Animateur de l’innovation
Emploie
• 1 Président
• 1 vice-président par collège
Bureau • 1 Secrétaire général
• 1 Secrétaire adjoint
• 1 Trésorier
• Collège des collectivités locales et
• 1 Trésorier adjoint
établissements publics financeurs
Conseil • Collège des socio-professionnels et
d’Administration financeurs privés
• Collège de l’ESRI
• Collège des populations
• Collèges des experts
• Membres fondateurs
• Membres adhérents
Assemblée Générale
• Membres financeurs
• Membres d’honneur
En raison des difficultés d’ordre budgétaires que rencontrent la plupart des entreprises
et de l’inadéquation des dispositifs nationaux d’aides au contexte local, le financement
du Métacluster se reposera dans sa phase d’émergence sur un soutien public. Ce soutien
39
dépendra, à l’instar des pôles de compétitivité nationaux, des types de missions du
Métacluster (Tableau 6). Un soutien via le plan Innovation Outre-mer porté par la DGRI
pourrait également être envisagé (cf. Annexe 3).
Type de mission % public sur le coût des actions % public sur le budget du pôle
Catégorie A : missions pour le compte de 100 % 15% ou 20% en cas d’outil de reporting de
l’Etat ; élaboration, actualisation et suivi suivi de l’impact des projets
de la stratégie du pôle ; labellisation de
projets collaboratifs RDI ; reporting et
autres missions ponctuelles
Catégorie C : missions d’accompagnement Régime notifié applicable à l’action (ex. Un appui de l’équipe valorisation
des entreprises adhérentes : actions 50% pour le régime NN120/90E1/90) économique de la biodiversité de l’FB
collectives (formation, aide au montage de pourrait être envisagé
projets collaboratifs, prestations de
conseil, …).
Tableau 6 – Quatre catégories de missions exercées par les pôles inscrites dans leur contrat
de performance (Rapport : modèle économique des clusters)
Il est fort probable que la part d’aides publiques qui sera investie dans le Métacluster
soit importante.
40
Définition des axes et objectifs stratégiques
- Eau milieu Sol : Mines, BTP, Matériaux bio-sourcés, Aménagement, Eaux usées et
pluviales…
- Forêt et Bois
- Santé tropicale
41
Les ressources humaines
En effet, le Métacluster doit assurer les missions de base que sont l’animation, la
facilitation et la connection entre les différents secteurs d’activités. L’objectif est de faire
se rencontrer les différents milieux (assurer la rencontre entre les différentes
communautés et assurer un lien elles), qu’ils puissent échanger, de désenclaver les
secteurs, d’identifier des projets innovants et être structurer pour être représentatif.
42
Références
(1) Comment faire de la valorisation des ressources naturelles, notamment de la biodiversité, un
levier pour le développement économique de la Guyane ?, Jean-François Dehecq, Rapport de
Mission Ministre de l’écologie, Ministre de l’Outre-Mer et des Collectivités Territoriales, Octobre
2008
(4) Projet de Site Guyane - Recherche, Innovation et Enseignement Supérieur des Territoires
Amazoniens - RIESTA, Septembre 2016 (non signé)
43
Liste des organismes et institutions
rencontrés
Ce travail de consultation et de rédaction a été possible grâce à la contribution des personnes
morales suivantes à qui nous manifestons toute notre gratitude :
AGROPARISTECH
BRGM
CIC CHAR
CIRAD
CNRS
DAAF
DEAL
DIECCTE
IFREMER
IPG
IRD
INRA
MNHN
ONF
Université de Guyane
SGAR
FEDOMG
GENERG
InterproBois
La Brique de Guyane
GDI
44
ANNEXE 1 Lettre de mission
45
46
ANNEXE 2 Questionnaire pour les entreprises
47
48
49
ANNEXE 3 Plan d’Innovation Outre-mer
50
51
52
53
54
55