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Ilostomie et colostomie
A. Vidal, P. Frileux, D. Bertoli, L. Bernard, C. Bourgeois, S. Chatte, L. Wisniewski,
N. Roussel La confection des stomies reste un problme dactualit et on ne saurait souligner, malgr les progrs constants de lappareillage, limportance de la ralisation technique de celles-ci. Elle a de multiples indications : protger, dcomprimer, drainer. Les stomies peuvent tre ralises tout niveau du tube digestif (jjunal, ilal, ccal, colique droit transverse gauche). Elles sont souvent temporaires mais aussi parfois dnitives, latrales ou terminales. Outre les complications mcaniques ou hmorragiques accessibles la chirurgie, on observe des complications mtaboliques, hydrolectrolytiques et nutritionnelles, imposant des prises en charge mdicales spciques, ponctuelles ou au long cours. La gestion de la stomie doit tre initie par un personnel spcialis. Linrmire entrostomathrapeute est la partenaire incontournable du stomis en termes de soutien technique et psychologique pour son autonomisation et une rinsertion rapide dans la vie active. Les associations de stomiss peuvent soutenir, hors hpital, le stomis face des problmes spciques dadaptation ou disolement inhrents cette chirurgie souvent vcue comme une mutilation. 2011 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs. Mots cls : Colostomie ; Ilostomie ; Stomathrapie Plan Introduction 1 Indications et techniques 2 Choix et emplacement dune stomie 2 Ilostomies 2 Colostomies 2 Autres types de colostomie 3 Retentissement physiologique 3 Ilostomie terminale 3 Ilostomie prterminale 4 Colostomie 4 Complications des stomies 4 Complications chirurgicales prcoces 4 Complications chirurgicales tardives 5 Lsions cutanes pristomiales 5 Pochite 5 Complications mtaboliques 5 Traitement et prvention des complications mtaboliques 6 Notion dinsuffisance intestinale chronique (IIC) 6 Matriel et soins 6 Ilostomie 6 Colostomie 7 Irrigation colique 7 Problmes psychologiques du stomis 7 Dcouverte de la stomie 7 Relations antrieures avec le corps 7 Capacit antrieure faire un deuil 7 Personnalit antrieure du sujet 7 Ractions psychologiques 7 Acceptabilit 8 Alimentation et stomies 8 Vie quoditienne 8 Sexualit 8 Grossesse 9 Loisirs, mtiers 9 Entrostomathrapeutes 9 Associations de stomiss 9 Introduction Le terme de stomie vient du grec stoma qui signifie bouche . Dans le langage mdical, une stomie est labouche- ment dun viscre la peau en dehors de son emplacement naturel. Cela peut concerner lappareil urinaire, lappareil digestif. Les stomies digestives peuvent tre temporaires ou dfinitives. Il sagit en particulier daboucher un segment de tube digestif sain la peau. Les indications des stomies ont chang ces dernires annes. On note en effet une diminution du nombre des ilostomies et des colostomies terminales et paralllement une augmentation des stomies latrales dites de protection et donc temporaires. La ralisation dune anastomose ilo-anale, aprs coloproctectomie totale a permis de rduire les indications des ilostomies terminales dans le traitement de la rectocolite ulcrohmorragique (RCH) et de la polypose adno- mateuse familiale. Aprs rsection du rectum pour cancer, lanastomose coloanale manuelle ou mcanique a rduit la frquence des colostomies iliaques gauches dfinitives. Aprs ces deux types dintervention, une stomie temporaire latrale pendant 8 semaines est de rgle. 9-068-X-10 1 Gastro-entrologie 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs. - Document tlcharg le 04/03/2013 par CERIST ALGERIE (353213) Indications et techniques Choix et emplacement dune stomie La dcision de raliser une stomie est prvisible en propra- toire. Le chirurgien qui prend en charge le patient se doit de linformer de la ncessit de cette drivation, quelle soit temporaire ou dfinitive. Lemplacement cutan de la stomie est fondamental car il conditionnera la vie du stomis. Mal place, la stomie peut tre inappareillable et handicaper fortement le patient. La stomie doit tre bien visible et accessible par le patient lui-mme. Le sige doit tre dtermin en propratoire sur un patient examin en position couche, mais aussi debout et assis (Fig. 1, 2) [1] . Cette dernire prcaution est indispensable pour que lappareillage sadapte parfaitement. La stomie doit tre place distance de lincision mdiane, des reliefs osseux (crte iliaque, rebord costal), de lombilic, dune cicatrice, ou dun repli cutan. Le sige est marqu par une croix, laide dun marqueur indlbile. Thoriquement, les stomies doivent tre places mi-distance entre lombilic et le rebord costal. Il nexiste pas en fait de rgle absolue, il faut adapter le sige en fonction de la morphologie et de ladiposit du patient. Chez le sujet maigre, la stomie est souvent facile placer selon les critres prcits, chez le sujet obse sa confection est plus difficile et le reprage propratoire est particulirement important. Si on se contente de choisir lemplacement de la stomie sur le patient couch, ceci amne placer la stomie trop bas, non visible par le patient. Une stomie place trop haut, au niveau de la ceinture ou de la taille, gnerait lhabillage. Ilostomies Ilostomie terminale Cette stomie tait la rgle, il y a encore 10 ans, pour le traitement de la RCH et de la polypose adnomateuse familiale. Elle est dfinitive aprs coloprotectomie totale, elle est tempo- raire aprs colectomie subtotale ralise pour colite aigu grave. Ilostomie latrale Cest une ilostomie temporaire confectionne par mesure de scurit en amont dune anastomose fragile : colorectale basse, coloanale ilorectale, ilo-anale. Elle comporte deux orifices : lun damont et lautre daval. lheure actuelle, lilostomie latrale est prfre la colostomie latrale dans lindication de stomie de protection des anastomoses colorectales basses ou coloanales [2] . En effet lilostomie est plus simple raliser et plus simple fermer que la colostomie. Linconvnient de lilostomie est sa productivit plus leve mais un traitement par des ralentisseurs du transit (lopramide, 2 ou 4 mg 3 4 fois/j) est efficace et bien tolr. Autres types dilostomies Ilostomie continente Cette ilostomie terminale propose par Kock [3] consiste crer un rservoir intra-abdominal par plastie ilale dont lanse effrente, abouche la peau, constitue une valve antireflux par invagination sur elle-mme. Ce montage vite le port dune poche permanente ; la seule servitude est une vidange du rservoir plusieurs fois par jour au moyen dune sonde bout mousse type Foley. La ralisation est de technique difficile, ne devant tre effectue que par un chirurgien entran. Cette poche sacrifie au moins 40 cm de grle. Elle ne garde actuel- lement que peu dindications, en raison du dveloppement de lanastomose ilo-anale ; elle est contre-indique dans la maladie de Crohn. Entrostomies de sauvetage [4] Ces entrostomies ralises en cas de perte de la continuit du grle peuvent siger du jjunum lilon terminal afin dviter toute suture ou anastomose en milieu septique prito- nal. La stomie proximale jjunale ou ilale est ralise comme une stomie terminale selon le procd de Brooke ; lorifice distal exclu est fix la peau sans artifice particulier. Ces entro- stomies de sauvetage sont souvent difficiles extrioriser, en raison de lpaississement du tube digestif et des msos, en rapport avec les phnomnes septiques et occlusifs. Colostomies Colostomie terminale Elle est principalement ralise aprs amputation abdomino- prinale pour cancer du bas rectum, elle est alors dfinitive. Figure 1. Reprage thorique dune sigmodostomie. 1. Ombilic ; 2. pine iliaque antrosuprieure ; 3. stomie ; 4. pubis. Figure 2. Reprage thorique de lilostomie. 9-068-X-10 Ilostomie et colostomie 2 Gastro-entrologie 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs. - Document tlcharg le 04/03/2013 par CERIST ALGERIE (353213) Elle est parfois temporaire aprs intervention de Hartmann qui associe une colostomie terminale une fermeture du moignon rectal. Colostomie latrale Elle est le plus souvent temporaire, ralise comme premier geste sur un cancer colique en occlusion ou pour la protection dune anastomose colorectale basse ou coloanale. Elle est parfois dfinitive pour le traitement palliatif dune lsion colorectale sous-jacente inextirpable. Elle assure une diversion plus ou moins totale des matires et est facilement appareillable. Le segment daval peut tre irrigu ou utilis pour instillation. Cette stomie a galement comme avantage sa facilit de fermeture par voie lective. Autres types de colostomie Colostomie terminalise II sagit dune colostomie latrale dont le segment daval est ferm pour assurer une drivation complte des matires ; en fait ce segment se repermabilise aprs un certain temps et une colostomie latrale standard, bien verse, drive de faon suffisante. Colostomie double Les deux extrmits coliques sont spares et abouches la peau par un mme orifice ou deux orifices distincts spars par un pont cutan. Ce type de stomie est ralis chaque fois que lon rsque un segment de clon mobile et que lanastomose nest pas possible en un temps : clon non prpar, terrain septique. Sigmodostomie ou stule muqueuse II sagit dune colostomie terminale en fosse iliaque gauche, aprs colectomie subtotale pour colite aigu grave. Dans le mme temps, est ralise une ilostomie terminale. Elle se fait donc sur un clon pathologique dont lextriorisation parat prfrable la fermeture du moignon rectal intra-abdominal permettant son traitement postopratoire par des irrigations. Ccostomie Elle a t abandonne car elle nassure quune drivation incomplte des matires et sassocie une morbidit et une mortalit importantes. La technique propose par Palma [5] permet une drivation satisfaisante ; elle consiste extrioriser langle iloccal ralisant colostomie et ilostomie simultan- ment. La ccostomie classique , rejete par la plupart, garde quelques partisans ; seule la ccostomie vraie est encore ralise, avec le clon amen la peau, la ccostomie sur tube tant abandonne par tous. Colostomie prinale Cest une alternative la colostomie iliaque gauche dfinitive aprs amputation du rectum, qui permet par son emplacement prinal labsence de modification du schma corporel. Plusieurs quipes [6, 7] ont propos une colostomie prinale pseudo- continente qui associe la colostomie prinale un auto- transplant libre de musculeuse lisse selon Schmidt [8] et des irrigations coliques postopratoires prcoces. Les rsultats fonctionnels sur un faible nombre de patients sont encoura- geants [6, 7, 9] . On peut y associer des lavements antrogrades par une appendicostomie [10] . On a galement dcrit des colostomies prinales continentes avec une plastie des muscles gracilis associe une lectrostimulation [11] . Les colostomies prinales ont lavantage de ne pas modifier limage corporelle mais sont plus difficiles contrler que les colostomies abdominales classiques. Surveillance postopratoire La surveillance postopratoire immdiate de la stomie est essentielle. La stomie est immdiatement appareille avec une poche transparente. On peut ainsi surveiller pendant les premiers jours la couleur de la muqueuse. Un dme de la stomie peut se voir, il est transitoire. Au bout de 2 3 jours, la poche se gonfle de gaz traduisant la reprise du transit ; un retard la reprise des gaz au-del de 5 6 jours doit faire rechercher un problme mcanique par un toucher digital prudent ou lintroduction dune sonde de Foley. Retentissement physiologique [12] Ilostomie terminale Bilan alimentaire Les selles de lilostomie donnent moins de 2 g dazote/j (moyenne 1 g/j), 4 g de lipides (moyenne 2,2 g/j) soit une digestion et une absorption normale des protides et lipides. La quantit damidon digestible reste normale. Le pH des selles est plus acide que la normale (pH moyen 6,3). On observe en grande quantit les indigestibles fibreux qui sont normalement digrs par les bactries coliques (feuilles de salade, pelures, graines de fruit, etc.). Le poids des matires sches limines dans les selles est trs lgrement suprieur la normale 38 g contre 24 30 g. Lodeur des selles est modifie par rapport celle des selles normales, odeur daliments ferments. La couleur varie du jaune au vert, voire vert olive, en fonction des variations de ltat de la bilirubine. Eau et lectrolytes Chez lilostomis dit bien adapt , les selles sont plus hydrates que normalement contenant 92 % deau versus 78 % pour une selle normale. Le poids moyen des selles est de 500 mg/24 h. Le dbit de sodium est en moyenne 55 mmol/24 h. Il existe un paralllisme troit entre le dbit de sodium, le poids des selles et leur teneur eau [13] . La concentra- tion du sodium par litre deau fcale est de 115 mmol/l (100-230 mmol/l). Il existe une perte obligatoire de sodium de 24 mmol/24 h chez lilostomis jeun strict [14] . Laldostrone agit sur lintestin grle en augmentant la rabsorption du sodium et de leau [15] . Le dbit de potassium est de 5 mmol/24 h (3 6 mmol), la concentration est de 8 mmol/l (5 11 mmol/l). Leau totale et le potassium total corporels sont normaux [16, 17] . Le dbit de chlore est de 20 mmol/24 h (cart de 15 30 mmol). La diffrence entre le dbit de sodium et celui de chlore, soit 25 mmol, est faite de bicarbonates pour lessentiel et dacides organiques. Les dbits moyens de calcium, de magnsium et de phosphore sont respectivement de 18 mmol/24 h, 8 mmol/24 h et 150 mg/24 h [15] . Les pertes hydrolectrolytiques fcales entranent un dsquilibre que le rein de lilostomis compense. Le volume durines de lilo- stomis est en moyenne infrieur de 0,5 l celui des sujets normaux afin de compenser leau limine dans les selles [18] . Les urines sont pauvres en sodium du fait de la rabsorption rnale compensant les pertes fcales. Chez lilostomis, 9 % du sodium limin lest dans les urines et 91 % dans les selles, ce qui est une situation inverse celle de la normale o le rein excrte 98 % du sodium [15] . Cette rtention de sodium par le rein est obtenue grce un hyperaldostronisme permanent [18] . Laugmentation du dbit sod ilal est corrle une diminu- tion du rapport Na/K urinaire [19] . Une estimation de la balance sode peut ainsi tre faite par la dtermination du rapport Na/K sur un seul chantillon durines [19] . Les urines tant pauvres en sodium, le rein limine pour compenser un autre cation : lion ammonium. Lapport alimentaire tant gal entre chlore et sodium, les selles des ilostomiss liminant 35 mmol de chlore de moins que de sodium (20 mmol/24 h versus . Ilostomie et colostomie 9-068-X-10 3 Gastro-entrologie 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs. - Document tlcharg le 04/03/2013 par CERIST ALGERIE (353213) 55 mmol/24 h), lilostomis retient donc chaque jour 35 mmol de chlore, ce qui peut induire une acidose. Cette situation entrane llimination durines plus acides que normalement contenant 35 mmol de chlore de plus [15, 18] . Llimination durines acides fortement concentres (car de faible volume) favorise la prcipitation de lacide urique et la formation de calculs dacide urique. Microbiologie Lcologie microbienne de lilostomis est particulire, ce nest ni celle de lilon ni celle du ccum normal. Le millilitre de selles dilostomis contient, en moyenne, 8.10 7 germes soit un chiffre 80 fois plus grand que celui de lilon normal et 25 fois plus petit que celui des selles normales [15] . Les bactries de lilostomis se rpartissent en 50 % anarobies et 50 % arobies comme dans lilon terminal. Les diffrentes espces sont peu prs les mmes. Les lactobacilles arobies et anaro- bies sont 2 500 fois plus nombreux chez lilostomis que dans lilon normal. Il ny a pas dans la selle de lilostomos de bactrodes anarobies caractristiques de la flore colique [15] . Les travaux de Kramer [13] ont montr que leau, le lait (470 700 g/j), le jus dorange (200 g, 3 fois/j), les ufs, la viande, le bacon, un sandwich au fromage, les pommes de terre, la viande de porc, le mas (2 pis/j), le pain de seigle (4 tranches/j), les boissons carbonates (600 1000 g/j), le poivre noir (0,15 g, 3 fois/j) ne modifient pas les selles des ilostomiss (eau, lectrolytes, poids sec, azote, graisses, bilirubine) ; trois aliments modifient les selles : le jus de prune, le chou cuit, les haricots blancs. Le jus de prune augmente le poids des selles de 50 %, le dbit de sodium de 50 %, le dbit de potassium de 50 %, le poids des matires sches de 20 %. Le chou cuit augmente le poids des selles et le poids sec de la selle de 30 %. Les haricots blancs augmentent le poids des rsidus secs de la selle de 40 %. Le doublement de la ration hydrique quotidienne naugmente pas le dbit ilal mais augmente la diurse [13] . Lapport de fibres augmente le dbit dhydrates de carbone dans leffluent ilal [20] . Laugmentation du taux de lipides dans lalimentation ne modifie ni le temps de transit dans lintestin grle ni labsorp- tion des glucides, accrot le dbit ilal, le poids sec des selles, les pertes en eau et en azote et le pourcentage dabsorption des graisses [21] . Le bilan de lilostomis est donc excellent mais il est en dpltion sode et en acidose hyperchlormique latente [15] . Il ny a pas dadaptation intestinale. Lintestin de lilostomis et les excreta ne changent pas. La composition de la selle la fin du premier mois reste la mme au bout dune ou plusieurs annes [15] . Ilostomie prterminale Ce sont les ilostomies dbit lev : 900 ml en moyenne avec des extrmes variant de 600 ml 6 l/24 h [22] . Les cons- quences varient selon la longueur de lintestin rsqu. Lorsque la rsection est de 50 cm, les pertes lipidoazotes sont modres et ne retentissent pas sur ltat nutritionnel. La gravit de ce type dilostomie rside dans la frquence et la svrit des complications hydrolectrolytiques : dpltions sode et potas- sique, pisodes de dshydratation aigu dacidose hyperchlor- mique. La fuite excessive dacides biliaires complique environ 30 % des ilostomies prterminales [23] . Une rsection de 50 cm environ dilon entrane une rduction du poids, de la masse grasse totale, de lazote total, du potassium total [22] . Si lon compare des patients ayant eu une rsection ilale de 50 cm en moyenne des patients dont la rsection ilale na t que de 4 cm en moyenne, il ny a pas de diffrence significative pour leau totale, le potassium total, le sodium total, le chlore total, le calcium total, le phosphore total, lazote total ; les apports oraux en nutriments et en minraux suprieurs de 15 % 20 % dans le premier groupe expliquent probablement les don- nes [22] . Lorsque la rsection ilale dpasse 1 mtre, les troubles de la digestion et de labsorption sont majeurs, lorigine dun syndrome de grle court. Colostomie Une colostomie donne lieu, au cours des premiers jours qui suivent sa confection, un flot pratiquement ininterrompu de matires plus ou moins liquides [24] . Mais rapidement le dbit de la colostomie diminue, et, aprs quelques semaines, moins de 40 % des patients ont cinq mouvements dexpulsion coliques ou plus par jour, 50 % en ont entre deux et quatre et 10 % nen ont quun seul [24] . Il se produit donc une adaptation du tube digestif dont leffet est de diminuer la teneur en eau des selles et qui fait intervenir en particulier une hyperscrtion daldo- strone et de vasopressine [24] . Ce phnomne lui seul joue vraisemblablement un rle significatif dans lhypomotilit du colostomis [24] . Il existerait chez ces patients une hypomotricit de nature la fois propulsive et tonique [25] . Une ccostomie dbite environ 500 g dexcreta par jour contenant 25 mmol de sodium (concentration : 50 60 mmol/l) et 20 mmol de potassium (concentration : 40 mmol/l). Une colostomie situe la fin du transverse dbite 200 300 g dexcreta, contenant de 4 10 mmol de sodium (concentration : 20 30 mmol/l) et 20 mmol de potassium (concentration : 100 mmol/l). La bactriologie de la transversostomie est diffrente de celle des selles normales et des excreta de lilostomie [15] . Par rapport aux selles normales, le nombre total des bactries est dix fois moindre ; cette diffrence porte sur les anarobies, notamment sur les bactrodes. Cette concentration en anarobies est nanmoins dix fois suprieure celle de lilostomie [15] . Les selles mises par une colostomie gauche sont des selles moules normales, rsultats dune digestion et dune absorption intesti- nale complte [26] . Les selles sont quasi normales en cas de colostomie transverse gauche [26] . Complications des stomies Complications chirurgicales prcoces [27] Le chirurgien et la prise en charge en ranimation chirurgi- cale postopratoire sont des facteurs pronostiques majeurs. Il existe des preuves de plus en plus nettes montrant quune importante activit chirurgicale est corrle une amlioration des suites postopratoires. Les complications prcoces peuvent tre vites par : une hmostase minutieuse de la bouche et du mso ; une stomie bien vascularise et fixe sans traction ; un orifice parital adapt la taille de lintestin et du mso ; labsence de point transfixiant et de fixation du grle ou du clon la paroi. Hmorragie pristomiale Elle est la consquence dun dfaut dhmostase au niveau de la paroi intestinale ou du msentre. Lhmorragie non extrio- rise, ralisant un hmopritoine, ncessite une rintervention chirurgicale en urgence. Ncrose de la stomie Elle se traduit par une modification de la couleur de celle-ci, devenant cyanose, puis noire. Si le sphacle est limit la muqueuse, une surveillance rigoureuse permet dviter une reprise chirurgicale. En revanche, si la ncrose stend la partie visible du grle ou du clon extrioris une intervention simpose. Cette ncrose est lie une stomie extriorise sous traction, plus rarement, il sagit dune compression du msen- tre ou du msoclon par une ouverture aponvrotique insuffisante. Rtraction prcoce de la stomie Elle survient si la stomie a t faite sous tension, elle expose au risque dabcs pristomial et, un stade plus avanc, de pritonite. . 9-068-X-10 Ilostomie et colostomie 4 Gastro-entrologie 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs. - Document tlcharg le 04/03/2013 par CERIST ALGERIE (353213) Abcs pristomial Il peut survenir par simple contamination du trajet parital par le passage de lextrmit digestive extriorise ou tre secondaire une stomie rtracte ou une hmorragie pristomiale. Fistules pristomiales Elles sont la consquence de la dchirure de la paroi intesti- nale par des points transfixiants. Elles peuvent tre superficielles (sous-cutanes) ou profondes (sous-aponvrotiques) avec alors un risque de pritonite. viscration parastomiale Elle survient lorsque lorifice aponvrotique est trop large ou cause dune mauvaise fixation du msentre au pritoine. Lviscration est plus frquente aprs stomie ralise pour occlusion, en raison de la distension grlique ou colique ncessitant pour leur extriorisation un orifice parital plus large. Occlusion aigu du grle Elle est soit une complication de la laparotomie (bride), soit une complication de la stomie. Dans ce dernier cas, elle est due soit lengagement dune anse dans un hiatus parital, entre lintestin et la paroi, soit au passage du grle entre la stomie et la paroi dans le trajet parital lui-mme. Occlusion colique prcoce Elle se traduit par labsence de reprise du transit. Il peut sagir dune occlusion fonctionnelle (ilus paralytique) avec reprise retarde du transit ou bien dune cause mcanique : stnose paritale aponvrotique, torsion colique, volvulus. Complications chirurgicales tardives [27, 28] Mauvais emplacement de la stomie Une stomie situe dans un pli de flexion ou proche dune saillie osseuse peut nuire la qualit et lefficacit de lappa- reillage [29] . Chez lobse, les stomies ont tendance tre places trop bas ce qui les rend difficilement accessibles la vue du patient car souvent enfouies en position assise dans le pli de laine [29] . ventration Elle survient chez environ 10 % 50 % des patients colosto- miss [30] . Elle est plus rare chez lilostomis. Lventration prcoce survient dans les 6 mois postopratoires. Lventration tardive peut tre favorise par une dficience de la paroi et/ou lhyperpression intra-abdominale. Lventration peut tre centre par la stomie. Elle peut tre parastomiale et donc latralise par rapport lorifice de stomie, souvent elle est la consquence dun orifice aponvrotique trop large. Lindication une intervention chirurgicale de correction est pose quand le patient ne peut plus appareiller correctement sa stomie ou que la fonction dvacuation de la stomie nest plus satisfaisante. Prolapsus Sa frquence est denviron 20 %. Il survient aussi frquem- ment sur une stomie terminale que latrale. Il peut relever dune erreur technique : anse trop longue dun clon mobile, colostomie transpritonale, orifice parital trop large ou fixation insuffisante dune ilostomie terminale. Le prolapsus devient chirurgical sil est volumineux, difficile rduire et menace de strangler. Stnose stomiale Elle est favorise par une rsection cutane ou paritale trop petite, une rtraction de la stomie ou des lsions inflammatoires cutanes pristomiales. Lorsquelle est serre, elle peut tre lorigine dune stase colique ou de fcalomes [29] . Les dilatations digitales ou instrumentales peuvent suffire lorsque la stnose est peu serre. Dans la plupart des cas, un geste chirurgical est ncessaire. Saignements Les saignements de la stomie sont frquents et sans gra- vit [29] . Ils sont le plus souvent lis des microtraumatismes provoqus par lappareillage ou des soins locaux inadapts. Ces hmorragies superficielles doivent tre distingues des hmor- ragies damont qui ncessitent une exploration endoscopique. Lsions cutanes pristomiales Lintgrit de ltat cutan pristomial joue un rle fonda- mental dans la qualit de vie des stomiss [31, 32] . Les causes favorisantes sont varies : lies la stomie : une mauvaise localisation, une rtraction stomiale, une viscration parastomiale, une ventration, un prolapsus, une stnose ne permettent pas un appareillage correct et favorisent les fuites ; lies aux soins inadapts : remplacement trop frquent de lappareillage, dcapage intempestif des rsidus adhsifs, rasage de la peau, utilisation de produits irritants ou allergi- sants (ther, alcool, osine) ; lies ltat du patient : sudation importante, fragilit cutane, affection dermatologique. Les lsions cutanes peuvent aller du simple rythme la brlure au deuxime degr avec ulcration souvent complique de mycose. Pochite Il sagit de linflammation du rservoir ilal dans les ilo- stomies continentes. La pochite, pouchitis ou encore pouch ileitis des auteurs anglo-saxons, apparat dans prs de 50 % des cas aprs 10 ans de suivi [33] . Le diagnostic repose sur des arguments cliniques, endoscopiques et histologiques [34] . Les signes cliniques sont, des douleurs abdominales, une augmentation de la frquence des selles qui sont plus liquides, parfois hmor- ragiques, associes ou non de la fivre. Lexamen endo- scopique met en vidence des lsions inflammatoires. Les biopsies perendoscopiques, faire systmatiquement mme en labsence de lsions macroscopiques, objectivent des lsions inflammatoires aigus (polynuclaires neutrophiles, abcs cryptiques, ulcrations muqueuses), lments indispensables pour le diagnostic de certitude. Le principal facteur impliqu dans la survenue de cette complication est le flux fcal, lorigine dune mtaplasie colique du rservoir ilal. Il sen suit une colonisation de la muqueuse ilale sur laquelle apparais- sent des lsions similaires celles observes au cours de la RCH. Cette complication sobserve particulirement chez les patients atteints dune RCH. Le traitement de la pochite aigu repose sur les antibiotiques, principalement le mtronidazole, par voie orale ou topique. En cas dchec ou de rcidives frquentes et rapproches, on peut proposer les mmes thrapeutiques que pour la RCH, savoir drivs salicyls, corticodes, lavements dacides gras chane courte ou immunosuppresseurs. Complications mtaboliques [27, 35, 36] Malabsorption des macronutriments Ces complications sont dpendantes du type de rsection (jjunale, ilale, colique) et de la longueur du grle ou du clon restant en amont de la stomie. Pour la mme longueur de grle restant en amont de lilostomie, la malabsorption est plus importante pour les rsections ilales que jjunales. Seules les rsections intressant lilon distal sont suivies dune diarrhe de type entropathie cholrrhique. Ilostomie et colostomie 9-068-X-10 5 Gastro-entrologie 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs. - Document tlcharg le 04/03/2013 par CERIST ALGERIE (353213) Dpltion hydrosode Elle est souvent au premier plan du tableau clinique en cas de malabsorption avec apparition dune dshydratation et dune hypovolmie. Dpltion potassique [36] Le risque dhypokalimie est li la dpltion potassique en rapport avec les pertes digestives majores par lhyper- aldostronisme frquent, consquence de lhypovolmie res- ponsable dune augmentation des pertes urinaires de potassium avec alcalose mtabolique. Dpltion en magnsium et calcium En cas de malabsorption lipidique majeure, les acides gras en excs dans la lumire prcipitent le calcium et le magnsium et empchent leur absorption. En dpit de la supplmentation orale, une hypocalcmie et une hypomagnsmie svres vont sinstaller lorigine de crises de ttanie et daccidents neuro- logiques [35] . Le dficit en magnsium est susceptible dentraner une dpltion du pool potassique intracellulaire de lordre de 25 %, avec augmentation de leau extracellulaire et parfois des dmes [37] . Carence vitaminique (A, D, E, K, B 12 ) La malabsorption des vitamines liposolubles (A, D, E, K) est corrle la malabsorption lipidique, donc essentiellement observe en cas de rsection ilale. La malabsorption de la vitamine B 12 est frquente en cas de rsection ilale dpassant 60 cm [38, 39] . Lithiase urinaire et hyperoxalurie [35, 40] La concentration leve dacides biliaires et dacides gras dans leau fcale tend majorer les absorptions passives par la muqueuse colique. Loxalate alimentaire prsent dans la lumire colique est absorb en grande quantit sous forme doxalate de sodium, les acides gras libres malabsorbs captent le calcium pour former des savons. Loxalate de sodium diffuse dans la circulation puis est excrt par le rein, il prcipite avec le calcium dans les voies excrtrices pour former des cristaux doxalate de calcium et des calculs. Ces conditions sont runies si la malabsorption lipidique est majeure et un segment colique est en circuit. Ces lithiases rnales sont bilatrales et rci- divantes, souvent peu sensibles au traitement (rgime sans oxalate, apport supplmentaire de calcium, agents chlateurs des acides biliaires). Lithiases biliaires [35, 40] Le dficit dacides biliaires au niveau de la vsicule biliaire diminue la solubilisation du cholestrol et favorise la lithiase biliaire dont la frquence est de 30 % 40 % en cas de rsec- tion tendue. Certains prconisent, du fait de la morbidit lie la lithiase biliaire, une cholcystectomie prophylactique [41] . Traitement et prvention des complications mtaboliques Les ralentisseurs du transit (lopramide, codine) sont souvent efficaces. Ils diminuent de prs dun quart le dbit ilal des malades ilostomiss [42] . Loctrotide a t propos pour diminuer les pertes fcales, notamment des jjunostomies, ce qui peut permettre de diminuer, voire darrter la supplmenta- tion hydrolectrolytique par voie veineuse. Lhyperphagie est un moyen de compenser la malabsorp- tion [43] . Laugmentation de la ration calorique peut tre obtenue par majoration des ingesta, avec laide dune nutrition entrale [44] ou parentrale. Lapport de minraux, vitamines et oligolments est indispensable ds que la statorrhe dpasse 10 % des ingesta. Le calcium peut tre apport sous forme de laitages et de supplments oraux associ la prise de vitamine D. Des supplments oraux de zinc sont conseills. Les vitamines A, D, E, K peuvent tre prises per os. En cas de rsection ilale, la vitamine B 12 est apporte par voie intramusculaire la dose de 1 000 gamma tous les 2 mois. Notion dinsuffisance intestinale chronique (IIC) [45] Il sagit dune complication svre des entropathies svres tendues imposant un recours permanent la nutrition paren- trale (NP) du fait de la rduction de la masse intestinale fonctionnelle en de du minimum requis pour une absorption adquate des nutriments. Il en rsulte un bilan nergtique et/ou hydrolectrolytique ngatif, il sagit dun syndrome de grle court (SGC) qui peut tre de type I (entrostomie termi- nale, pas de clon en continuit) ou de type II (anastomose jjunocolique en amont dune stomie, une partie du clon en continuit). Les facteurs prdictifs dune IIC imposant le maintien de la nutrition parentrale vie sont : une longueur de grle infrieure 150 cm dans le SGC de type I ou une longueur de grle infrieure 100 cm dans le SGC de type II ; un taux plasmatique de citrulline (acide amin non incorpor dans les peptides ou les protines) infrieur 20 mol/l plus de 2 ans de la chirurgie et labsence dhyperphagie compensatrice, prrequis indispensable une autonomie orale [46] . Lhormone de croissance recombinante humaine [47] associe un traitement enrichi en glutamine et en glucides fermentes- cibles peut permettre une diminution de la frquence des cycles de NP. Le glucagon-like peptide 2 [43] en agissant davantage sur la diminution des pertes hydrolectrolytiques ( 400 ml) que sur lamlioration de labsorption (+ 11 %) rduit la dpendance la NP de 20 % avec une adaptation morphologique chez lhomme. On voque aussi la chirurgie rhabilitatrice du grle court par confection dune anse jjunale distale antipristaltique (AJAP) [48] et la transplantation intestinale [49] . Matriel et soins [50, 51] Lappareillage est un ensemble de matriel performant et confortable ncessaire au recueil, stockage et vacuation des selles, tanche aux odeurs et adapt au type des matires vacues. Tous les laboratoires proposent des matriels varis. La stomie nest pas une plaie mais de la muqueuse intestinale abouche la peau, elle ncessite des soins dhygine simples. Ilostomie Systmes une pice ou monobloc La poche de recueil vidangeable est indissociable de la partie en contact avec la peau. Elle est ouverte et peut tre vide, il en existe de diffrentes capacits, transparentes ou opaques, munies de filtre, avec voile protecteur. la partie infrieure de la poche se trouve une manchette avec son extrmit un dispositif de fermeture intgr. Systmes deux pices ou bibloc Ils se composent de deux parties, la partie en contact avec la peau et la poche. La partie en contact avec la peau, linterface, socle ou support, indpendante de la poche de recueil. Trois types de supports sont proposs : les supports plats en protec- tion cutane totale, les supports plats mixtes (avec protection cutane pristomiale et adhsif en priphrie) et les supports convexes. Ils sont prdcoups, dcouper ou modelables. Ils assurent la tenue de lappareillage ainsi que ltanchit. Les 9-068-X-10 Ilostomie et colostomie 6 Gastro-entrologie 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs. - Document tlcharg le 04/03/2013 par CERIST ALGERIE (353213) poches ont les mmes caractristiques que les poches une pice la diffrence quelles sont fixes un support par embote- ment ou fixation adhsive. Colostomie Systmes une pice ou monobloc Ils se composent dune poche de recueil ferme munie dun protecteur cutan solidaire. Les poches sont transparentes ou opaques. Lensemble doit tre renouvel chaque fois que ncessaire, soit une deux fois par jour en gnral. Le principal avantage de ce systme est la souplesse et le confort de lappareillage. Systmes deux pices ou bibloc Le support cutan et la poche de recueil ferme sont spars. Les poches fermes peuvent tre transparentes ou opaques, munies de filtres. Elles peuvent tre changes plusieurs fois par jour sans risque de traumatisme pour la peau pristomiale car le support reste en place plusieurs jours. Irrigation colique [50, 51] Elle concerne essentiellement les patients porteurs dune colostomie iliaque gauche dfinitive. Le matriel comprend un rservoir gradu prolong par un tuyau dvacuation muni dun rgulateur de dbit, un cne souple, une grande poche adhsive (ou manchon) ouverte aux extrmits, deux pinces et des minipoches. Technique Lapprentissage de lirrigation colique se fait avec laide dune infirmire diplme dtat entrostomathrapeute (IDEET). Linstallation doit tre confortable. Le patient peut tre assis soit sur la cuvette des toilettes ou sur une chaise place ct ou tre debout. Le rservoir gradu doit tre rempli jusqu 600 800 ml deau tide du robinet ; il est suspendu un crochet de manire ce que sa base soit la hauteur de lpaule du patient. Il est purg avant utilisation. Il faut fixer le manchon la stomie puis y aboucher le cne. Un toucher stomial de reprage est effectu en cas de premire irrigation. Le rgulateur de dbit permet la pntration de leau crescendo afin que toute leau scoule en 2 3 minutes. Les irrigations doivent se faire tous les 2 ou 3 jours heure fixe. Elles permettent dobtenir une absence quasi totale de selle entre les irrigations, la stomie devient continente permettant simplement le port dun pansement protecteur ou de minipoche munie dun filtre absorbant les gaz vacus. Changement de lappareil Il faut avoir porte de main le matriel ncessaire (compres- ses non striles ou mouchoirs en papier, poche et support [avoir le modle de la dcoupe], ciseaux, protecteur cutan). Les temps sont les suivants : prparer la peau en nettoyant la stomie avec de leau du robinet, la scher, dcoller le support, mettre un protecteur cutan pristomial de faon systmatique pour lilostomie et ponctuelle (si peau irrite) pour une colostomie. Appliquer le support cutan autour de la stomie en laissant 2-3 mm de peau saine que lon comble avec un joint de protection en cas dilostomie. Mettre en place la poche pour le matriel bibloc. La poche est place en mme temps que le support pour le systme monobloc. Le changement de la poche peut se faire sans changement du support. Sil sagit dune ilostomie, un joint de pte est fait systmatiquement sur le support en place aprs avoir nettoy cette dernire leau claire. La poche est change une trois fois par jour pour les mono- blocs et aussi souvent que ncessaire pour les biblocs. Les supports indpendants restent en place 2 3 jours en labsence de fuite ou de lsion pristomiale. Accessoires de stomie Ils ont une utilit dmontre et augmentent le confort. La ceinture assure par son action mcanique le maintien du dispositif de recueil. Les protecteurs cutans se prsentent sous forme de plaques, pte, poudre, barrettes, anneaux, spray. Ils renforcent ltanchit pristomiale. Les poches hublot ou couvercle amovible permettent deffectuer des soins sans enlever la poche. Problmes psychologiques du stomis Dcouverte de la stomie [27] En postopratoire, le patient dcouvre et prend conscience de sa stomie. La perte du contrle sphinctrien et lincontinence qui en dcoulent entranent des soins, la manipulation dun matriel spcifique et inhabituel. Le patient peut avoir peur des fuites, de salir, de sentir mauvais. Un accident peut lui faire craindre dtre un objet de dgot, de ne plus tre accept par son entourage. En pratique, prs dun patient sur cinq a des problmes psychologiques significatifs selon White cit par Burch [52] . Relations antrieures avec le corps Chacun, tout au long de sa vie, labore une ide intrieure de lui-mme avec laquelle il va entretenir des relations plus ou moins aises. Une stomie intestinale reprsente une modifica- tion fondamentale de la relation du sujet avec son corps. Elle devient en effet un nouvel organe auquel le stomis va devoir sadapter [53] . Elle ncessite un remaniement de limage que le patient a de son corps et des relations intimes quil entretient avec lui. Lintgration de ces nouvelles donnes se fait de faon plus satisfaisante si la relation antrieure avec le corps et ses fonctions tait simple. Cela ne veut pas dire que la premire raction sera sereine. Un sujet bien avec son corps peut ragir dans un premier temps de faon tout fait dramatique puis sadapter de faon satisfaisante ; alors quune personne qui parat accepter avec facilit au dbut, peut ne jamais saccom- moder des contraintes de sa stomie. Capacit antrieure faire un deuil La pose dune stomie entrane toujours une situation de crise psychologique dont la rsolution se fait dans laboutissement de nombreux deuils en rapport avec la perte, de sa fonction excrtrice anale, de lintgrit de la surface de son ventre, de son appartenance au monde de ceux qui nont pas les probl- mes que pose la vie avec une stomie. Personnalit antrieure du sujet La personnalit sorganise peu peu au cours de la vie autour de la conciliation ncessaire de la vie sociale et des pulsions agressives et sexuelles. Dans notre culture, lapprentissage du contrle du sphincter anal reprsente un moment important car il sassocie lapprentissage du contrle des pulsions et des motions. Il sagit dune tape importante dans la socialisation. Le fait de ne pas retenir ses selles est vcu par notre socit comme une attitude trs mprisable ou trs agressive, comme lattestent les injures et mots grossiers connotation scatologi- que. Pour cette raison, le stomis qui doit se confronter la perte du contrle de la fonction excrtrice excrmentielle peut prouver des sentiments de honte et/ou de culpabilit [53] . Ractions psychologiques Les situations psychologiques dcoulent de ce qui vient dtre expos. La difficult faire un deuil peut entraner une patho- logie de deuil : un tat maniaque avec dni et comportement . Ilostomie et colostomie 9-068-X-10 7 Gastro-entrologie 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs. - Document tlcharg le 04/03/2013 par CERIST ALGERIE (353213) non adapt la ralit pathologique, fuite en avant avec repli dans une hyperactivit morbide ou un tat dpressif. Lincapa- cit supporter la modification corporelle peut tre la source de dpersonnalisation, qui saccompagne dangoisse importante. La culpabilit associe la perte du contrle de lvacuation des selles peut aggraver et rendre pathologiques des traits de personnalit nvrotique antrieure. Il peut sagir dune peur trop dmesure de salir ou de sentir mauvais, avec une organisation ritualise de la vie, des compulsions morbides au nettoyage. Un sujet de nature phobique peut prendre sa stomie comme prtexte viter toutes les situations de mise lpreuve, travail, dmarches, responsabilits [54] . Le risque morbide principal est celui de lisolement du sujet qui, narrivant pas saccepter, se sent inacceptable pour les autres. Do limportance primordiale de la prparation psychologique du patient et de son entourage avant lintervention, autant que le soutien dans les jours et les mois qui vont suivre. Acceptabilit Le patient stomis apprend regarder, toucher sa stomie puis matriser les soins, la gestion de lalimentation puis lorgani- sation de sa vie. Cet enseignement est donn progressivement par linfirmire et/ou la stomathrapeute. son retour au domicile, il est ncessaire que le patient se sente en scurit et en confiance pour contacter la stomathrapeute, linfirmire, le chirurgien si besoin. Il semble que cette prise en charge soit insuffisante, ce qui impose une valuation continue suivant des normes de qualit [55] . Il est ncessaire que le patient ait eu en propratoire des informations sur ce que sera sa stomie. Ces informations doivent tre transmises lors de la consultation de chirurgie, par la stomathrapeute, au moyen de brochures spcifiques : Standards, options et recommandations pour le savoir des patients (SOR savoir patient) [56] . Le soutien de lentourage favorise une bonne rinsertion sociofamiliale. Il semble que la femme sadapte mieux une stomie que lhomme et que le groupe des patients entre 60 et 70 ans soit celui o la tolrance est la meilleure [57] . Le contact avec la nature, la campagne, un niveau dinstruction lev, un dbut sur un mode paroxystique et grave de laffection causale, une aisance conomique et sociale seraient en faveur dune meilleure acceptabilit [57] . Lamlioration de la qualit de vie, induite chez les patients atteints dune maladie inflammatoire chronique intestinale, est un lment important de laccepta- bilit du montage [58] . Le stomis dtermine peu peu sa nouvelle conception de la qualit de vie, sadapte partir des ressources personnelles dont il dispose. Le patient devient expert de ses soins et de sa prise en charge. La mesure de la qualit de vie a t valide par le questionnaire Stoma quality of life (Stoma QOL) [59] . Alimentation et stomies Les prescriptions dittiques sont difficiles systmatiser en raison de leur variabilit, fonction du dlai postopratoire, du type de grle court et des possibilits thoriques du sevrage de la nutrition artificielle. Il convient galement de tenir compte des phnomnes dadaptation intestinale qui permettent un nombre important de malades davoir moyen terme un rgime non restrictif [60] . Lalimentation doit assurer un apport deau, de sodium et de bicarbonates pour compenser les pertes et maintenir une diurse et une natriurse satisfaisantes [61] . Proscrire les rgimes dsods, prconiser la prise deau de Vichy ou si leau plate est prfre, lassocier la prise concomitante de glules de sel. Veiller un apport protinonergtique lev. Les lipides : leur majoration par voie orale, chez les patients porteurs dune jjunostomie permet daugmenter la quantit de lipides absorbs sans majorer le volume de leffluent jjunal [62] . En cas de prsence de clon (SGC type II), on prconise un rgime normolipidique, voire lgrement hypolipidique. Les glucides : une partie importante non absorbe au niveau du grle lest au niveau du clon aprs fermentation. En effet, le mtabolisme bactrien colique transforme les glucides en acides gras chane courte absorbs par la muqueuse colique, ce qui permet de rcuprer jusqu 50 % de lnergie glucidique non absorbe au niveau du grle [63-65] . Les glucides complexes doivent tre privilgis de faon rduire les risques dacidose lactique ou de diarrhe osmotique. Les fibres peuvent tre consommes de faon normale pour les patients porteurs dune jjunostomie. Elles ne modifient ni le dbit de la stomie, ni labsorption des nutriments [61] . Si le clon est en continuit, le dbit fcal peut tre major, notamment en augmentant lexcrtion fcale des bactries dont la croissance est stimule par les fibres. Les fibres solubles pourraient avoir des effets bnfiques sur ladaptation de la muqueuse grle dans le SGC [66] . Les produits lacts : en cas de jjunotomie, le lactose par son pouvoir osmotique peut tre responsable dune augmentation du dbit jjunal qui, chez certains patients, justifie un essai dviction du lactose. Cependant, des quantits de lordre de 20 g/j apparaissent souvent bien tolres [67] . En prsence du clon, le lactose sous forme de lait est deux fois moins bien absorb que sous forme de yaourt [68] . Les quantits de lactose modres (environ 20 g/j) consommes sous forme de yaourt ou fromage ne semblent pas augmenter de faon significative le poids des selles [67, 68] . Pas doxalate chez les patients ayant un SGC avec clon en continuit du fait du risque de lithiase oxalique rnale. Il faut viter le th, loseille, les pinards, le chocolat, les fruits rouges. En pratique, on adapte le rgime de faon personnalise sans restriction alimentaire. Vie quoditienne Sexualit Dans certaines sries, les rsultats sont trs satisfaisants : aprs colectomie, confection dune ilostomie et en labsence de chirurgie rectale, il ny a pas de modification de la sexualit, chez lhomme et chez la femme [69] . Les troubles sexuels sont souvent le fait de lacte chirurgical dans un contexte damputa- tion rectale et du canal anal. Les techniques chirurgicales visent actuellement pargner les structures nerveuses assurant les fonctions vsicales et sexuelles (technique TME : total mesorectal excision). Cependant, un certain nombre de patients dvelop- pent des troubles dficitaires aprs lacte chirurgical malgr le respect des structures nerveuses (nerfs hypogastriques et nerfs parasympathiques sacrs). Certains travaux [70, 71] dmontrent une altration de la sexualit et de la vidange vsicale aprs chirurgie du cancer rectal chez lhomme, 19 % des patients navaient plus drection (13/68), 25 % prsentaient une jaculation rtrograde (9/68). Enfin, pour 5,5 % des patients toute relation sexuelle tait rendue totalement impossible (3/68). Chez la femme, on met en vidence des problmes danorgasmie et de dyspareunie (trouble de la lubrification) [69] . Les facteurs significatifs favorisant ces troubles sont lge suprieur 60 ans, le premier semestre postopratoire, le cancer localis au bas rectum et la radiothrapie adjuvante. Dautres travaux [72] sont plus optimistes et indiquent que sur 81 femmes et 99 hommes oprs de cancer rectal, 32 % des femmes (versus 61 % avant la chirurgie) et 50 % des hommes (versus 91 % avant la chirurgie) sont toujours sexuellement actifs en post- chirurgie. En revanche, 29 % des femmes et 45 % des hommes reconnaissent que la chirurgie a dgrad leur vie sexuelle. De manire gnrale, la prsence dune stomie induit des troubles de la sexualit au travers de troubles de la libido favoriss par des troubles de limage corporelle [73, 74] . Il existe une perception de corps dgrad, le stomis se considre alors comme incapable et inadquat sur le plan sexuel. Il ne faut pas occulter les difficults des partenaires des stomiss [73] qui doivent assumer outre le caractre grave de la maladie, le fait de vivre avec une personne au corps altr, ce qui peut avoir des effets impr- . 9-068-X-10 Ilostomie et colostomie 8 Gastro-entrologie 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs. - Document tlcharg le 04/03/2013 par CERIST ALGERIE (353213) visibles au sein des couples [75] . Tout ceci nous conduit souligner limportance dun encadrement et dune assistance de qualit. Un accompagnement pluridisciplinaire (mdecin, chirurgien, infirmier stomathrapeute, psychologue, sexologue) permet la personne stomise de trouver une aide technique, relationnelle et ducative [76] . Grossesse Les stomises peuvent avoir une grossesse mene terme avec un accouchement par voie basse ou plus rarement par csarienne [77, 78] . Il ny a pas plus davortement ou daccouche- ment prmatur [77] . Il existe lors de la grossesse des problmes inhrents la stomie dans ce contexte obsttrical comme locclusion intestinale et le prolapsus stomial, du fait de laugmentation du volume de lutrus [77] , la hernie pristomi- ale, la rtraction stomiale, voire la stnose. Le risque de dshydratation est surveiller particulirement chez les ilosto- mises [79] . Il faut aussi prendre en considration les problmes dappareillage du fait de la modification de forme du corps. Il semble ncessaire de proposer un accompagnement tout parti- culier ces parturientes stomises, qui en plus de mener bien leur grossesse, doivent faire face des modifications quant la gestion de leur stomie [79] . Loisirs, mtiers Le retour une vie sociale comparable celle existant avant lintervention doit tre une priorit. Le stomis peut sortir au restaurant, au spectacle, se baigner, se doucher avec ou sans poche [80-81] . Le stomis doit pouvoir reprendre son activit professionnelle, en dehors de certains mtiers de force. Il ny a pas de restriction en ce qui concerne les voyages quel que soit le moyen de transport, en particulier pas deffet dltre sur la stomie ou sur la poche en cabine pressurise. Toutes les desti- nations sont envisageables, il faut cependant prvenir la dshydratation dans les pays chauds, tre attentif au risque de dcollement de la poche (transpiration, fonte du Karaya), prvoir des mdicaments antidiarrhiques en pays tropical et toujours emporter du matriel en quantit suffisante en pays tropical. Le port de la ceinture de scurit est autoris, cepen- dant, elle ne doit pas tre en contact direct avec la stomie. Pas de limite concernant la pratique sportive, hormis les sports de combat pouvant entraner des traumatismes directs sur la stomie. Il semblerait selon Holzer [82] quil existe un impact ngatif en ce qui concerne lorigine gographique du patient porteur dune stomie dfinitive. La qualit de vie du patient porteur dune stomie dfinitive est significativement moins bonne pour les patients du Sud de lEurope et pour les patients dorigine arabe et asiatique. Dans cette tude, lge, le sexe, le niveau denseignement nont pas t dmontrs statistiquement significatifs. En cas dilostomie, lautonomie et la qualit de vie sont comparables avant et aprs 60 ans. Entrostomathrapeutes Les entrostomathrapeutes sont des infirmires qui ont suivi une formation spcifique permettant dacqurir une comptence particulire sur les plans technique et relationnel. Elles taient 840 en France en 2001, irrgulirement rparties sur le territoire national. Les entrostomathrapeutes peuvent rencontrer et informer les futurs oprs avant lintervention. Elles ont pour vocation dencadrer le patient en pr- et postopratoire afin de le prparer la chirurgie, de lduquer aux soins de stomie, de le soutenir psychologiquement, enfin de laider dans ses dmarches administratives et de rinsertion professionnelle. Elles sont en rapport avec les laboratoires et participent lamlioration du matriel. Il existe une association des entrothrapeutes de France : lAssociation franaise dentrostomathrapeutes (AFET) (http://www.afet.asso.fr/index.htm). Cette association regroupe 500 stomathrapeutes. Associations de stomiss La premire association franaise de stomiss a t cre en juin 1976 : ILCO France est ne Nmes. Il existait aussi une association dinformation et daide aux stomiss (IAS) cre Lyon et lAssociation des jeunes stomiss de France (AJSF). Depuis 1995, la Fdration des stomiss de France (FSF) repr- sente la seule association de stomiss en France avec des dclinaisons rgionales dont la liste exhaustive est consultable sur le site de la FSF (http://www.fsf.asso.fr). Aujourdhui la FSF compte environ 58 sections locales et 6 000 adhrents. LInternational Ostomy Association est une association internationale, en relation avec les associations nationales, base actuellement Toronto. Cet article a fait lobjet dune prpublication en ligne : lanne du copyright peut donc tre antrieure celle de la mise jour laquelle il est intgr. Rfrences [1] Association Franaise dEntrostoma-Thrapeutes. Guide des bonnes pratiques en stomathrapie chez ladulte entrostomie. 2003 (p. 118-9). [2] Huser N, Michalski CW, Erkan M, Scuster T, Rosenberg R, Kleef J, et al. Systematic reviewand meta-analysis of the role of defunctioning stoma in low rectal cancer surgery. Ann Surg 2008;248:52-60. [3] Kock NG. Continent ileostomy. 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Points importants Encourager linformation mdicale et paramdicale. Favoriser linformation sur les appareillages. Donner aux laboratoires les informations leur permettant damliorer les appareillages et le confort des stomiss. Inciter la ralisation de centres de thrapie et de radaptation. Assurer les dmarches et les interventions auprs des pouvoirs publics. Dvelopper les changes internationaux avec les associations analogues. Mais surtout aider les stomiss qui le dsirent rsoudre leurs problmes spciques dadaptation de manire rompre leur isolement. . Ilostomie et colostomie 9-068-X-10 9 Gastro-entrologie 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs. - Document tlcharg le 04/03/2013 par CERIST ALGERIE (353213) [10] Farroni N, Van Den BoschA, Haustermans K, Van CutsemE, Moons P, Dhoore A, et al. Perineal colostomy with appendicostomy as an alter- native for an abdominal colostomy: symptoms, functional status, quality of life, and perceived health. Dis Colon Rectum 2007;50: 817-24. 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Service de gastroentrologie, Centre mdical de Forcilles, 77150 Frolles-Attilly, France. Toute rfrence cet article doit porter la mention : Vidal A., Frileux P., Bertoli D., Bernard L., Bourgeois C., Chatte S., Wisniewski L., Roussel N. Ilostomie et colostomie. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Gastro-entrologie, 9-068-X-10, 2011. Disponibles sur www.em-consulte.com Arbres dcisionnels Iconographies supplmentaires Vidos / Animations Documents lgaux Information au patient Informations supplmentaires Auto- valuations Cas clinique Ilostomie et colostomie 9-068-X-10 11 Gastro-entrologie 2013 Elsevier Masson SAS. Tous droits rservs. - Document tlcharg le 04/03/2013 par CERIST ALGERIE (353213) Cet article comporte galement le contenu multimdia suivant, accessible en ligne sur em-consulte.com et em-premium.com :
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Iconographie supplmentaire 3 Irrigation colique. a. Protecteur de stomie. b. Retrait du protecteur. c. Remplissage du rservoir gradu. d. Mise en place du manchon sur la stomie. e. Fixation du manchon sur la stomie. f. Cne souple vaselin. g. Introduction du cne dans la stomie au travers du manchon. h. Ouverture du rgulateur de dbit. i. vacuation des selles. j. Retrait du dispositif. k. Mise en place d'une minipoche. Cliquez ici
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