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Utriculaire

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Utricularia

Le genre Utricularia, les utriculaires, est le genre de plantes carnivores qui compte le plus grand nombre d'espèces, soit environ 180. La plupart de celles-ci sont aquatiques. Le genre appartient à la famille des Lentibulariaceae. Leur nom provient de latin utriculus, « petite outre », par allusion à la forme des pièges à insectes que portent certaines espèces[1].

Description

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Fleurs d'Utricularia tenuicaulis

Ce sont des plantes généralement dépourvues de racines.
Selon les espèces, elles vivent en épiphytes dans une atmosphère humide, sur un sol humide ou dans un milieu aquatique.

Elles produisent deux types de feuilles :

  • des feuilles à rôle photosynthétique,
  • des feuilles souterraines ou subaquatiques, démunies de pigments et en forme d'outre, dont la taille est de l'ordre du millimètre ; elles permettent la capture des proies par aspiration (préférentiellement du zooplancton du type Gastrotricha, Rotifères, puces d'eau et copépodes consommant des micro-algues[2] sur les rameaux et les pièges)[3].

Le piège est fermé par une sorte de clapet. L'ouverture est déclenchée au contact des poils sensitifs situés autour de ce clapet. Ce type de piège est dit actif. En 2011, une équipe du Laboratoire interdisciplinaire de physique (LIPhy) décrypte à l'aide d'une caméra haute cadence le processus mécanique permettant à l'utriculaire, de prendre au piège en un millième de seconde les petits animaux qui s'en approchent[4]. La description a été publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society.

Étymologie

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Du latin utriculus, diminutif de uter, outre, cornuta, « cornue ; cornée », en référence aux petits sacs que portent les espèces de ce genre sur les segments des feuilles (ou sur les ramifications des branches, selon l'interprétation), et à l'éperon en forme de corne que porte l'arrière des fleurs.

Les utriculaires sont les angiospermes dont le génome est le plus compact, inférieur à 100 millions de paires de bases[5]. Le nombre de leurs gènes est pourtant comparable à celui des autres plantes à fleurs. En conséquence, la fraction de leur génome qui est non codante est très limitée, de l'ordre de 3 à 5 %.

Notes et références

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  1. François Couplan, Les plantes et leurs noms, Éditions Quae, , p. 123
  2. Les larves de phrygane entretiennent ce « jardin potager » en consommant les algues plus grosse.
  3. (en) D. Guiral, C. Rougier, « Trap size and prey selection of two coexisting bladderwort (Utricularia) species in a pristine tropical pond (French Guiana) at different trophic levels », Annales de Limnologie - International Journal of Limnology, vol. 43, no 3,‎ (147-159)
  4. « Observez la plus rapide des plantes carnivores aquatiques ! », sur www.futura-sciences.com, (consulté le )
  5. (en) Enrique Ibarra-Laclette, Eric Lyons, Gustavo Hernández-Guzmán et Claudia Anahí Pérez-Torres, « Architecture and evolution of a minute plant genome », Nature, vol. 498, no 7452,‎ , p. 94–98 (ISSN 0028-0836 et 1476-4687, PMID 23665961, PMCID PMC4972453, DOI 10.1038/nature12132, lire en ligne, consulté le )
  6. Jean-Jacques Labat, Plantes carnivores, Ulmer, , 96 p. (ISBN 2-84138-197-8), Utricularia sandersonii page 54

Bibliographie

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  • Plantes carnivores - Biologie et culture, Wilhelm Barthlott, 10/2008, Ed Belin, (ISBN 978-2-7011-4512-9)

Articles connexes

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Liens externes

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