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« Politique en Thaïlande » : différence entre les versions

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La '''politique en Thaïlande''' s'inscrit dans le cadre d'une [[monarchie constitutionnelle]]. Le [[chef d'État]] de la [[Thaïlande]] est le [[Liste des rois de Thaïlande|roi]], issu d'une [[monarchie héréditaire]] et le [[Chef du gouvernement|chef de gouvernement]] est le [[Premier ministre de Thaïlande|Premier ministre]].
{{ébauche|Thaïlande|politique}}

Cet article décrit le régime politique et la vie politique de la [[Thaïlande]].


== Régime politique ==
== Régime politique ==


Indépendante depuis [[1238]], la [[Thaïlande]], appelée officiellement royaume de Thaïlande, est le seul pays du [[Asie du Sud-Est|Sud-Est asiatique]] qu'aucune puissance étrangère n'ait jamais [[colonisation|colonisé]], bien que partiellement occupé durant l'[[entente cordiale]] franco-britannique, par ces 2 pays puis par le [[Japon]]. [[Monarchie constitutionnelle]] depuis [[1932]], le système politique thaïlandais se distingue toutefois de son modèle [[Royaume-Uni|britannique]] par une kyrielle de différences, tout en subtilités.
Indépendante depuis [[1238]], la [[Thaïlande]], appelée officiellement royaume de Thaïlande, est le seul pays du [[Asie du Sud-Est|Sud-Est asiatique]] qu'aucune puissance étrangère n'ait jamais [[colonisation|colonisé]], bien que partiellement occupé durant l'[[entente cordiale]] franco-britannique, par ces deux pays puis par le [[Japon]]. [[Monarchie constitutionnelle]] depuis [[1932]], le système politique thaïlandais se distingue toutefois de son modèle [[Royaume-Uni|britannique]] par une kyrielle de différences, tout en subtilités.

=== Séparation des pouvoirs ===
Le gouvernement se divise en trois branches, [[pouvoir exécutif]], [[pouvoir législatif]] et [[Pouvoir judiciaire|judiciaire]]<ref name=":8">{{Ouvrage|langue=en|auteur1=Macgregor Marshall, Andrew|titre=A Kingdom in crisis : Thailand's struggle for democracy in the twenty-first century|lieu=Londres|éditeur=Zed Books Ltd|année=2014|pages totales=248|isbn=978-1-78360-057-1|isbn2=1-78360-057-8}}.</ref>.

* [[Pouvoir législatif]] : le Parlement [[bicamérisme|bicamériste]] est composé par les deux chambres (haute et basse).
* [[Pouvoir exécutif]] : il est composé du Premier ministre élu par l’Assemblée Nationale et ses trente-cinq membres de son cabinet. Le Premier ministre est le chef du gouvernement.
* [[Pouvoir judiciaire]] : le pouvoir judiciaire fonctionne indépendamment des deux autres ordres. Il est composé d’une cour judiciaire et une cour constitutionnelle chargée de vérifier la constitutionnalité de toutes les lois et actes entrepris<ref name=":1">{{Ouvrage|langue=fr|prénom1=Arnaud|nom1=Dubus|titre=Thaïlande|lieu=Paris|éditeur=[[La Découverte]]|collection=Les guides de l'état du monde|année=2011|pages totales=224|isbn=978-2-7071-5866-6|présentation en ligne=https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Tha__lande-9782707158666.html}}.</ref>.

En 2019, le système électoral national permet d'élire les 393 membres de la [[Chambre basse]] (''Saphaa Phuu Thaen Ratsadon'', ou Chambre des députés), dont les membres sont investis d'un mandat de quatre ans), ainsi que le Premier ministre. La désignation des 270 sénateurs de la [[Chambre haute]] (''Wuthisaphaa'' ou Sénat, dont le mandat est de six ans) relève, quant à elle, de l'autorité du Premier ministre. En Thaïlande, le Sénat est moins puissant que la Chambre des députés à laquelle revient le vote et la promulgation des lois, tandis que le Sénat vote les amendements à la [[Constitution]]. Onze partis politiques présentent des candidats aux élections nationales, mais seuls cinq d'entre eux reçoivent la faveur des électeurs : le [[Parti démocrate (Thaïlande)|Parti démocrate]], le [[Parti des aspirations nouvelles]], le [[Parti de la Nation thaïe]], le [[Parti du développement national]] et le parti « Pour la Thaïlande » (parti créé par les anciens adhérents du parti ''[[Thai rak Thai]]'' (« les Thaïs aiment les Thaïs ») dissout à la suite de la crise de 2006).

Quelque 40 % des parlementaires appartiennent à des dynasties politiques, l'un des taux les plus élevés au monde avec les [[Philippines]]<ref>{{Article |langue=fr |titre=En Belgique, la politique est une affaire de famille |périodique=Le Monde.fr |date=2021-04-06 |lire en ligne=https://www.lemonde.fr/international/article/2021/04/06/en-belgique-la-politique-est-une-entreprise-familiale_6075651_3210.html }}.</ref>.

=== Rôle du monarque ===


Chef de [[Forces armées royales thaïlandaises|l’armée]], les pouvoirs du roi sont soumis et contraints par la constitution. Il est également sommé d’être [[Bouddhisme|bouddhiste]] et de défendre la pratique de la religion à travers son mandat.
Le système électoral national permet d'élire les 393 membres de la [[Chambre basse]] (''Saphaa Phuu Thaen Ratsadon'', ou Chambre des députés, dont les membres sont investis d'un mandat de quatre ans), ainsi que le Premier ministre. La désignation des 270 sénateurs de la [[Chambre haute]] (''Wuthisaphaa'' ou Sénat, dont le mandat est de six ans) relève, quant à elle, de l'autorité du Premier ministre. En Thaïlande, le Sénat est moins puissant que la Chambre des députés à laquelle revient le vote et la promulgation des lois, tandis que le Sénat vote les amendements à la [[Constitution]]. Onze partis politiques présentent des candidats aux élections nationales, mais seuls cinq d'entre eux reçoivent la faveur des électeurs : le [[Parti démocrate (Thaïlande)|Parti démocrate]], le [[Parti des aspirations nouvelles]], le [[Parti de la nation thaïe]], le [[Parti du développement national]] et le parti « Pour la Thaïlande » (parti créé par les anciens adhérents du parti ''[[Thai rak Thai]]'' (« les Thaïs aiment les Thaïs ») dissout à la suite de la crise de 2006).


Il est protégé des critiques notamment par l'[[Crime de lèse-majesté (Thaïlande)|article 112 du code pénal thaïlandais]], assimilé à un [[crime de lèse-majesté]], relevant de la [[sécurité nationale]] et pouvant aboutir à plusieurs dizaines d'années de prison<ref>{{article|périodique=Libération|url=https://www.liberation.fr/planete/2018/06/18/en-thailande-un-crime-de-lese-canide_1659564|titre=En Thaïlande, un crime de lèse-canidé|auteur=Nelly Didelot|jour=18|mois=juin|année=2018}}</ref>. Cette loi est fortement critiquée, étant applicable à tout individu (y compris hors de Thaïlande), et utilisée pour empêcher le débat démocratique depuis la prise de pouvoir d'une [[Dictature militaire|junte militaire]] au milieu du {{s-|XX}}.
== Histoire politique (Coups d'État, Élections, Démocratisation) ==
La Thaïlande n’a pas toujours été un régime autoritaire. Elle a connu une phase de démocratisation. Depuis mai 2014, une junte militaire est au pouvoir. Les libertés et droits politiques sont suspendus. L’activité des partis politiques est interdite et les élections sont inexistantes. La Thaïlande a connu dix-neuf [[Coup d'État|coups d'État]] depuis 1932.


=== 1930 - 1950 ===
== Histoire politique ==
{{article général|Histoire de la Thaïlande}}
Pendant des siècles, la Thaïlande est un royaume gouverné par une monarchie absolutiste. En 1932, les militaires et bureaucrates se révoltent et organisent un coup d’État pour ouvrir les portes à une monarchie constitutionnelle. Parmi les conspirateurs se trouve le lieutenant-colonel Plaek Pibulsonggram<ref name="WP HT 134159436">{{Permalien|page=Histoire de la Thaïlande|version=134159436|texte=Histoire de la Thaïlande}}</ref>. Ce coup d’État marque une ouverture aux élections. À cette époque, la Thaïlande est un pays agricole avec une population peu éduquée. Les suffrages sont donc très limités.
=== 1932 - 1950 ===
Pendant des siècles, la Thaïlande est un royaume gouverné par une monarchie absolutiste. En 1932, des civils et des militaires se révoltent et organisent [[Révolution siamoise de 1932|un coup d’État]] pour ouvrir les portes à une monarchie constitutionnelle. Parmi les conspirateurs se trouvent le civil [[Pridi Phonmayong]] et le lieutenant-colonel [[Plaek Pibulsonggram]], tous les deux futurs premiers ministres. Ce coup d’État marque une ouverture aux élections. À cette époque, la Thaïlande est un pays agricole avec une population peu éduquée. Les suffrages sont donc très limités.


Entre 1941 et 1945, le pays est occupé par les Japonais avec l’assentiment de la monarchie. Ils promettent l’indépendance aux Thaïs. En 1948, le pays connait un coup d'État militaire favorable aux bureaucrates. En 1949, le pays fait face à un changement constitutionnel qui interdit aux officiers de l'armée d'être élus à la chambre basse du parlement. En 1951, le pays est à nouveau frappé par un coup d'État cette fois-ci en faveur des militaires. Les militaires amendent la constitution, abolissent la chambre Haute et adoptent de nouvelles dispositions pour la chambre Basse : la moitié des sièges de députés doivent être occupés par des militaires.
Entre 1941 et 1945, une alliance est faite avec le gouvernement japonais, le premier ministre chassant du gouvernement les ministres opposés à ce choix. Obligé de démissionner avant la fin de la [[Seconde Guerre mondiale]], Plaek Pibulsonggram mène ensuite deux coups d'État (1947 et 1948) pour reprendre le pouvoir. En 1949, le pays fait face à un changement constitutionnel qui interdit aux officiers de l'armée d'être élus à la chambre basse du parlement. En 1951, le pays est à nouveau frappé par un coup d'État, cette fois opposé à Plaek Pibulsonggram. Bien qu'il soit un échec, l'armée en profite pour prendre une place plus importante. Les militaires amendent la constitution, abolissent la chambre Haute et adoptent de nouvelles dispositions pour la chambre Basse : la moitié des sièges de députés doivent être occupés par des militaires.


=== 1960 - 1970 ===
=== 1960 - 1970 ===
Dans les années 1960 et 1970, le pays s'industrialise et se modernise. Le gouvernement Thaï privatise certaines compagnies. Les investissements des Américains durant la [[Guerre du Viêt Nam|guerre du Vietnam]] sont importants et participent à cette transformation du pays<ref name=":0">{{Ouvrage|prénom1=Taylor, Robert H.,|nom1=1943-|titre=The Politics of elections in Southeast Asia|éditeur=Cambridge University Press|date=1996|isbn=0521564042|oclc=33970861|lire en ligne=https://www.worldcat.org/oclc/33970861}}</ref>. Une classe bourgeoise, une classe moyenne et une classe ouvrière qualifiée émergent dans les villes. Le nombre d'établissements d'enseignement supérieur augmente fortement, ce qui permet la formation d'une population étudiante éduquée<ref name=":0" />. Des syndicats ouvriers et étudiants font leur apparition.
Dans les années 1960 et 1970, le pays s'industrialise et se modernise. Le gouvernement thaïlandais privatise certaines compagnies. Les investissements des Américains durant la [[Guerre du Viêt Nam|guerre du Vietnam]] sont importants et participent à cette transformation du pays<ref name=":0">{{Ouvrage|langue=en|prénom1=Taylor, Robert H.,|nom1=1943-|titre=The Politics of elections in Southeast Asia|lieu=Cambridge|éditeur=[[Cambridge University Press]]|année=1996|pages totales=256|isbn=0-521-56404-2|oclc=33970861|lire en ligne=https://www.worldcat.org/oclc/33970861}}</ref>. Une classe bourgeoise, une classe moyenne et une classe ouvrière qualifiée émergent dans les villes. Le nombre d'établissements d'enseignement supérieur augmente fortement, ce qui permet la formation d'une population étudiante éduquée<ref name=":0" />. Des syndicats ouvriers et étudiants font leur apparition.


Le régime de [[Sarit Thanarat]] (1958-1963), dictateur pro-américain et anticommuniste, est autoritaire. Les partis politiques et les journaux de l'opposition sont interdits et les droits constitutionnels sont suspendus<ref>{{Article|langue=en|auteur1=|titre=Sarit Thanarat {{!}} prime minister of Thailand|périodique=Encyclopedia Britannica|date=2017|issn=|lire en ligne=https://www.britannica.com/biography/Sarit-Thanarat|consulté le=2017-06-23|pages=}}</ref>. Sarit compte sur l'aide militaire américaine pour repousser la menace de l'insurrection communiste au sein de la Thaïlande. Après son décès en 1963, ses deux lieutenants, les maréchaux [https://www.britannica.com/biography/Thanom-Kittikachorn#ref183329 Thanom Kittikajon] et Praphat Jarusathian continuent d'entretenir des liens étroits avec les États-Unis. Près de {{formatnum:50000}} militaires américains se poseront sur le sol thaïlandais en 1968<ref name=":0" />.
Le régime de [[Sarit Thanarat]] (1958-1963), dictateur pro-américain et anticommuniste, est autoritaire. Les partis politiques et les journaux de l'opposition sont interdits et les droits constitutionnels sont suspendus<ref>{{Article|langue=en|auteur1=|titre=Sarit Thanarat {{!}} prime minister of Thailand|périodique=Encyclopedia Britannica|date=2017|lire en ligne=https://www.britannica.com/biography/Sarit-Thanarat|consulté le=2017-06-23|pages=}}</ref>. Sarit compte sur l'aide militaire américaine pour repousser la menace de l'insurrection communiste au sein de la Thaïlande. Après son décès en 1963, ses deux lieutenants, les maréchaux Thanom Kittikajon<ref>[https://www.britannica.com/biography/Thanom-Kittikachorn#ref183329]</ref> et Praphat Jarusathian continuent d'entretenir des liens étroits avec les États-Unis. Près de {{formatnum:50000}} militaires américains se poseront sur le sol thaïlandais en 1968<ref name=":0" />. Le premier ministre élu est [[Thanom Kittikhachon]], qui continue à appliquer la dictature pendant dix ans.


En 1972, des centaines de paysans, peut-être plus de 3 000, soupçonnés de soutenir la rébellion communistes, sont massacrés par les forces armés dans la province du [[Phattalung]], dans le Sud de la Thaïlande. Jusqu'alors, les suspects communistes arrêtés par l'armée étaient habituellement abattus et leurs corps laissés sur place. Cette fois-ci, la méthode des "barils rouges" est introduite pour éliminer toute preuve possible. Les suspects sont frappés jusqu'à être rendu semi-conscients, avant d'être jetés dans des barils contenant de l'essence et brûlés vifs<ref>Matthew Zipple. Thailand's Red Drum Murders Through an Analysis of Declassified Documents, 2014</ref>.
À l'automne 1973, des étudiants universitaires se retrouvent dans les rues de Bangkok. Ils sont plus de {{formatnum:500000}} à revendiquer plus de droits et de libertés démocratiques à travers l'instauration d'élections et d'une constitution<ref name=":0" />. Le 14 octobre 1973, la dictature est renversée, 300 étudiants meurent. Le roi confie le pouvoir à un universitaire, [[Sanya Dharmasakti|Sanya Dharmsakti]] (1973-1975). La société devient plus égalitaire et de nouveaux partis politiques et élites commerciales émergent. La censure de la presse disparaît et des syndicats sont rapidement formés<ref name=":0" />. Le 26 janvier 1975, Kukrit Pramoj remporte les premières élections libres à être organisées depuis 1946. Celles-ci sont très compétitives.


À l'automne 1973, des étudiants universitaires se retrouvent dans les rues de [[Bangkok]]. Ils sont plus de {{formatnum:500000}} à revendiquer plus de droits et de libertés démocratiques à travers l'instauration d'élections et d'une constitution<ref name=":0" />. Le {{date-|14 octobre 1973}}, la dictature est renversée, 300 étudiants meurent. Le roi confie le pouvoir à un universitaire, [[Sanya Dharmasakti|Sanya Dharmsakti]] (1973-1975). La société devient plus égalitaire et de nouveaux partis politiques et élites commerciales émergent. La [[censure]] de la presse disparaît et des syndicats sont rapidement formés<ref name=":0" />. Le {{date-|26 janvier 1975}}, [[Khuek-rit Pramot|Kukrit Pramoj]] remporte les premières élections libres à être organisées depuis 1946.
=== 1980 - 1990===
En 1976, la Thaïlande connaît un nouveau coup d'État par les militaires. Des centaines de manifestants de l'université Thammasat sont massacrés le 6 octobre 1976. Les militaires suspendent la constitution et reprennent le pouvoir<ref name="WP HT 134159436" />. Ils prétendent agir au nom de la sécurité nationale en empêchant la menace communiste de se propager en Thaïlande. À la même époque, les guerres entre communistes et anticommunistes prendront fin progressivement. En Chine, la libéralisation du modèle économique entraîne une diminution des tensions avec les Américains qui auront moins peur du communiste. La Thaïlande sera elle aussi moins craintive à l'égard du communisme suite aux promesses de [[Deng Xiaoping]] d'arrêter de financer les rébellions communistes dans le pays.


En 1976, dans un contexte régional les communistes prennent le pouvoir au [[Viêt Nam]], au [[Laos]] et au [[Cambodge]], une manifestation d'étudiants et de travailleurs est attaquée par les forces de police et les organisations [[Paramilitaire|paramilitaires]] d'extrême-droite - le bilan officiel est le [[Massacre de l'université Thammasat|massacre de 46 personnes]], bien qu'il soit sûrement plus lourd. Les militaires suspendent la constitution et reprennent le pouvoir. Ils prétendent agir au nom de la sécurité nationale en empêchant la menace communiste de se propager en Thaïlande. À la même époque, les guerres entre communistes et anticommunistes prendront fin progressivement. En [[Chine]], la libéralisation du modèle économique entraîne une diminution des tensions avec les Américains qui auront moins peur du communisme. La Thaïlande sera elle aussi moins craintive à cet égard à la suite des promesses de [[Deng Xiaoping]] d'arrêter de financer les rébellions communistes dans le pays.
En 1991, des émeutes violentes contre les militaires prennent formes. Les classes moyennes et les nouvelles élites économiques et financières ne souhaitent pas le retour d’un État militaire. Cette rébellion oblige les militaires à organiser des élections à partir de 1992. Celles-ci sont supervisées par des organisations étrangères, notamment américaines. C'est le Parti démocrate qui les remportera. Les élus issus du Parti adoptent un changement constitutionnel. Dans celui-ci, le chef du parti qui obtient la majorité des sièges au parlement doit devenir Premier ministre<ref>{{Article|langue=anglais|auteur1=Diane Éthier|titre=Is Democracy Promotion Effective? Comparing Conditionality and Incentives|périodique=Democratization Vol. 10, No 1, pp. 99-121|date=2003|issn=|lire en ligne=|pages=}}</ref>.


=== 1980 - 1990 ===
En 1995, de nouvelles élections ont lieu. Elles se déroulent pacifiquement et permettent à une coalition de partis politiques de prendre le pouvoir et de remplacer le Parti démocrate. En 1997, une nouvelle constitution prend forme ce qui permet d’augmenter le nombre de sénateurs élus. La chambre Haute est démocratisée et les liens traditionnels avec l’armée sont affaiblis.
{{...}}

En 1991, des émeutes violentes contre les militaires prennent forme. Les classes moyennes et les nouvelles élites économiques et financières ne souhaitent pas le retour d’un État militaire. Cette rébellion oblige les militaires à organiser des élections à partir de 1992. Celles-ci sont supervisées par des organisations étrangères, notamment américaines. C'est le Parti démocrate, soutien monarchique et réactionnaire<ref name="Nouvel Obs">{{article|périodique=Le Nouvel Observateur|numéro=2583|jour=8|mois=mai|année=2014|titre=Ceux qui osent défier le roi|auteur=Anatole Perrot|url=https://www.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20140507.OBS6408/thailande-ceux-qui-osent-defier-le-roi.html}}</ref>, qui les remportera. Les élus issus du Parti adoptent un changement constitutionnel. Dans celui-ci, le chef du parti qui obtient la majorité des sièges au parlement doit devenir Premier ministre<ref>{{Article|langue=anglais|auteur1=Diane Éthier|titre=Is Democracy Promotion Effective? Comparing Conditionality and Incentives|périodique=Democratization Vol. 10, No 1, pp. 99-121|date=2003|lire en ligne=|pages=}}</ref>.

En 1995, de nouvelles élections ont lieu. Elles se déroulent pacifiquement et permettent à une coalition de partis politiques de prendre le pouvoir et de remplacer le Parti démocrate.

=== Constitution d'octobre 1997 ===
En 1997, une [[Constitution thaïlandaise de 1997|nouvelle constitution]] prend forme ce qui permet d’augmenter le nombre de sénateurs élus. La Chambre Haute est démocratisée et les liens traditionnels avec l’armée sont affaiblis<ref>{{Article|auteur1=Louis Cholon|titre=Avancées démocratiques|périodique=Gavroche Thaïlande|numéro=74|date=Mai 2000|lire en ligne=https://www.gavroche-thailande.com/wp-content/uploads/2021/04/Gavroche-2000-May..pdf|format=pdf|pages=7}}</ref>.


=== Coup d'État de septembre 2006 ===
=== Coup d'État de septembre 2006 ===
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{{Article détaillé|Coup d'État de septembre 2006 en Thaïlande}}
{{Article détaillé|Coup d'État de septembre 2006 en Thaïlande}}


Le 19 septembre 2006, l’armée thaïlandaise lance un coup d'État contre le Premier ministre [[Thaksin Shinawatra]], qui déclare l’état d'urgence depuis New York, où il assiste à l’assemblée générale des [[Organisation des Nations unies|Nations unies]]. Des blindés entourent les bureaux du gouvernement à Bangkok et les militaires prennent le contrôle des chaînes de télévision, avant d’annoncer l’instauration d’une autorité provisoire fidèle au roi de Thaïlande.
Le {{date-|19 septembre 2006}}, l’armée thaïlandaise lance un coup d'État contre le Premier ministre [[Thaksin Shinawatra]], qui déclare l’état d'urgence depuis New York, où il assiste à l’assemblée générale des [[Organisation des Nations unies|Nations unies]]. Des blindés entourent les bureaux du gouvernement à Bangkok et les militaires prennent le contrôle des chaînes de télévision, avant d’annoncer l’instauration d’une autorité provisoire fidèle au roi de Thaïlande. Ce renversement est dû à la négligence délibérée du Premier ministre envers les intérêts des grandes familles, mais également peut-être à sa trop grande popularité - qui aurait porté ombrage à celle du roi<ref name="Nouvel Obs"/>.


Le général à la retraite [[Surayud Chulanont]], ancien commandant en chef de l'armée, est nommé premier ministre par intérim par le roi et une [[constitution]] provisoire est proclamée le {{1er octobre}}. Le chef de la [[Dictature militaire|junte militaire]] organisatrice du coup d'État, le général [[Sonthi Boonyaratglin]], est nommé vice-premier ministre.
Le général à la retraite [[Surayud Chulanont]], ancien commandant en chef de l'armée, est nommé premier ministre par intérim par le roi et une [[constitution]] provisoire est proclamée le {{1er octobre}}. Le chef de la [[Dictature militaire|junte militaire]] organisatrice du coup d'État, le général [[Sonthi Boonyaratglin]], est nommé vice-premier ministre.
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=== Constitution d'août 2007 ===
=== Constitution d'août 2007 ===


Le 19 août 2007, lors du premier [[référendum]] de l'histoire du pays, les Thaïlandais approuvent, avec une majorité de 58,34 % et un taux de participation de 55 %, la nouvelle constitution qui, selon la junte, doit permettre la tenue d'élections législatives et le retour de la démocratie.
Le {{date-|19 août 2007}}, lors du premier [[référendum]] de l'histoire du pays, les Thaïlandais approuvent, avec une majorité de 58,34 % et un taux de participation de 55 %, la nouvelle constitution qui, selon la junte, doit permettre la tenue d'élections législatives et le retour de la démocratie.


=== Retour chaotique à la démocratie ===
=== Retour chaotique à la démocratie ===


En décembre 2007, la junte militaire organise les élections promises qui ramènent au pouvoir nombre d'anciens partisans de Thaksin Shinawatra. [[Samak Sundaravej]] devient premier ministre, mais est contraint à la démission par la Cour constitutionnelle en septembre 2008 à cause d'une affaire de corruption<ref name=Libé84847>[http://www.rfi.fr/actufr/articles/117/article_84847.asp Manifestations croisées des chemises «rouges» et «jaunes»], ''[[Radio France internationale|RFI]]'', 10 septembre 2008</ref>. [[Somchai Wongsawat]], beau-frère de Thaksin, le remplace, mais le 2 décembre 2008, la même Cour prononce sa destitution et son inéligibilité pendant 5 ans, Chaovarat Chanweerakul assure l'intérim jusqu'au 15 décembre, date à laquelle l'Assemblée, sous la pression des manifestations organisées et financées depuis six mois par l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD) avec l'appui des milieux d'affaires et des nobles et aussi grâce aux instances judiciaires et aux lois mises en place par la junte, choisit [[Abhisit Vejjajiva]] comme nouveau premier ministre<ref>[http://www.liberation.fr/monde/0101305591-thailande-abhisit-vejjajiva-est-le-nouveau-premier-ministre Thaïlande: Abhisit Vejjajiva est le nouveau premier ministre], ''[[Libération (journal)|Libération]]'' 15 décembre 2008]</ref>. Pour certains, il s'agit là d'un « coup-d'état soft ».
En {{date-|décembre 2007}}, la junte militaire organise les élections promises qui ramènent au pouvoir nombre d'anciens partisans de Thaksin Shinawatra. [[Samak Sundaravej]] devient premier ministre, mais est contraint à la démission par la Cour constitutionnelle en {{date-|septembre 2008}} à cause d'une affaire de corruption<ref name=Libé84847>[http://www.rfi.fr/actufr/articles/117/article_84847.asp Manifestations croisées des chemises «rouges» et «jaunes»], ''[[Radio France internationale|RFI]]'', 10 septembre 2008</ref>. [[Somchai Wongsawat]], beau-frère de Thaksin, le remplace, mais le {{date-|2 décembre 2008}}, la même Cour prononce sa destitution et son inéligibilité pendant 5 ans. Chaovarat Chanweerakul assure l'intérim jusqu'au {{date-|15 décembre}}, date à laquelle l'Assemblée, sous la pression des manifestations organisées et financées depuis six mois par l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), avec l'appui des milieux d'affaires et des nobles, et aussi grâce aux instances judiciaires et aux lois mises en place par la junte, choisit [[Abhisit Vejjajiva]] comme nouveau premier ministre<ref>[http://www.liberation.fr/monde/0101305591-thailande-abhisit-vejjajiva-est-le-nouveau-premier-ministre Thaïlande: Abhisit Vejjajiva est le nouveau premier ministre], ''[[Libération (journal)|Libération]]'' 15 décembre 2008]</ref>. Pour certains, il s'agit là d'un « coup-d'état soft ».


Nommé pour un mandat de quatre ans, ce dernier doit faire face à une contestation populaire organisée et financée par Thaksin et les partisans de son retour, les ''Chemises rouges'', restent sous pression des anti-Thaksin, les ''Chemises jaunes'', dont les espoirs sont déçus. L'instabilité politique perdure mais le premier ministre voudrait relancer l'économie et réformer la constitution avant de dissoudre l'Assemblée<ref name=Libé84847/>.
Nommé pour un mandat de quatre ans, ce dernier doit faire face à une contestation populaire organisée et financée par Thaksin et les partisans de son retour, les « [[Chemises rouges (Thaïlande)|chemises rouges]] », restent sous pression des anti-Thaksin, les « chemises jaunes » (la couleur du jour du roi<ref>Dans la tradition culturelle thaïe, chaque jour de la semaine a une couleur déterminée : lundi, jaune ; mardi, rose ; mercredi, vert ; jeudi, orange ; vendredi, bleu ; samedi, violet ; dimanche, rouge.</ref>). L'instabilité politique perdure mais le premier ministre voudrait relancer l'économie et réformer la constitution avant de dissoudre l'Assemblée<ref name=Libé84847/>.


=== Les troubles du printemps 2010 ===
=== Troubles du printemps 2010 ===

Les ''Chemises rouges'' de l'UDD, [[Front national uni pour la démocratie et contre la dictature]], qui compte une majorité de partisans de Thaksin dans ses rangs, organisent une grande manifestation le 14 mars à Bangkok pour obliger le gouvernement à tenir des élections anticipées. Cette manifestation trouve son prolongement lorsque les participants s'installent pacifiquement dans le centre financier de Bangkok (Siam Square, Trade Center). On peut dès lors observer (et même traverser) les campements de ces ''Chemises rouges'', que l'on côtoie pendant près d'un mois. Le gouvernement refuse toute négociation, malgré l'intervention de plusieurs personnalités thaïlandaises et étrangères<ref>[http://news.catholique.org/30479-titre'' Thaïlande : L’Église catholique en appelle à l’intervention des chefs religieux '']
Sur le refus du gouvernement de ne pas recourir à la violence : [http://www.ladepeche.fr/article/2010/05/18/837659-thailande-appel-des-chemises-rouges-au-cessez-le-feu.html ''Thaïlande. Appel des « Chemises rouges » au cessez-le-feu '']</ref>. Les forces armées donnent l'assaut le 19 mai, les manifestants ripostent puis se rendent mais la répression sanglante continue et au moins 75 personnes sont tuées<ref>RFI [http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20101203-armee-thailandaise-donne-assaut-contre-chemises-rouges ''Le 19 mai 2010, l'armée thaïlandaise donne l'assaut contre les « Chemises rouges » '']</ref>. Le gouvernement ne cède à aucune des revendications, pas d'élections anticipées<ref>[http://www.lefigaro.fr/international/2010/05/23/01003-20100523ARTFIG00051-tout-revient-a-la-normale-en-thailande.php ''Tout revient à la normale en Thaïlande''] sur ''Le Figaro.fr'' 23 mai 2010</ref>. Un coup d'arrêt à l'opposition démocratique est donné, mais la mobilisation reste active en province, moins médiatisée, tandis que la Cour criminelle de Bangkok émet, le 25 mai 2010, un mandat d’arrêt international pour « terrorisme » contre Thaksin Shinawatra<ref>[http://www.rfi.fr/contenu/20100526-partisans-thaksin-attendent-leur-heure ''Les partisans de Thaksin attendent leur heure''] sur ''RFI.fr'' le 26 mai 2010</ref>.


{{article détaillé|Manifestations politiques thaïlandaises de 2010}}
{{article détaillé|Manifestations politiques thaïlandaises de 2010}}


Les ''Chemises rouges'' de l'UDD, [[Front national uni pour la démocratie et contre la dictature]], qui compte une majorité de partisans de Thaksin dans ses rangs, organisent une grande manifestation le {{date-|14 mars}} à Bangkok pour obliger le gouvernement à tenir des élections anticipées. Cette manifestation trouve son prolongement lorsque les participants s'installent pacifiquement dans le centre financier de Bangkok (Siam Square, Trade Center). Le gouvernement refuse toute négociation, malgré l'intervention de plusieurs personnalités thaïlandaises et étrangères<ref>[http://news.catholique.org/30479-titre ''Thaïlande : L’Église catholique en appelle à l’intervention des chefs religieux'']. Sur le refus du gouvernement de ne pas recourir à la violence : [https://www.ladepeche.fr/article/2010/05/18/837659-thailande-appel-des-chemises-rouges-au-cessez-le-feu.html ''Thaïlande. Appel des « Chemises rouges » au cessez-le-feu '']</ref>. Les forces armées donnent l'assaut le {{date-|19 mai}}, les manifestants ripostent puis se rendent mais la répression sanglante continue et au moins 75 personnes sont tuées<ref>{{Article|langue=anglais|auteur1=Jack Fong|titre=Political Vulnerabilities of a Primate City: The May 2010 Red Shirts Uprising in Bangkok, Thailand|périodique=Journal of Asian and African Studies|date=2012|lire en ligne=http://www.csupomona-fong.org/resources/Fong-2013%2048(3)-Political%20Vulnerabilities.pdf|pages=332-347}}</ref>{{,}}<ref>{{Article|auteur1=Philippe Plénacoste|titre=L'éditorial : Connaîtra-t-on jamais la vérité ?|périodique=Gavroche Thaïlande|numéro=189|date=Juillet 2010|lire en ligne=https://www.gavroche-thailande.com/wp-content/uploads/2021/04/Gavroche_2010-July.pdf|format=pdf|pages=5 (3)}}</ref>. Le gouvernement ne cède à aucune des revendications, et ne prévoit pas d'élections anticipées<ref>[http://www.lefigaro.fr/international/2010/05/23/01003-20100523ARTFIG00051-tout-revient-a-la-normale-en-thailande.php ''Tout revient à la normale en Thaïlande''] sur ''Le Figaro.fr'' 23 mai 2010</ref>. Un coup d'arrêt à l'opposition démocratique est donné, mais la mobilisation reste active en province, moins médiatisée, tandis que la Cour criminelle de Bangkok émet, le {{date-|25 mai 2010}}, un mandat d’arrêt international pour « terrorisme » contre Thaksin Shinawatra<ref>[http://www.rfi.fr/contenu/20100526-partisans-thaksin-attendent-leur-heure ''Les partisans de Thaksin attendent leur heure''] sur ''RFI.fr'' le 26 mai 2010</ref>.
=== Arrivée au pouvoir de Yingluck Shinawatra, sœur de Thaksin ===


=== Arrivée au pouvoir de Yingluck Shinawatra ===
Les [[élection législative|élections législatives]] se tiennent en [[Thaïlande]] le {{date|3 juillet 2011}}, à la suite de la dissolution de la Chambre des représentants le 10 mai 2011<ref>{{en}} [http://news.asiaone.com/News/Latest%2BNews/Asia/Story/A1Story20110507-277598.html Thai elections likely to be held on July 3, AsiaOne, 7 mai 2011]</ref> par décret royal. 47 millions de Thaïlandais sont appelés aux urnes dans un pays où le vote est obligatoire.
{{article détaillé|Élections législatives thaïlandaises de 2011}}


Les [[élection législative|élections législatives]] se tiennent en [[Thaïlande]] le {{date|3 juillet 2011}}, à la suite de la dissolution de la Chambre des représentants le {{date-|10 mai 2011}}<ref>{{en}} [http://news.asiaone.com/News/Latest%2BNews/Asia/Story/A1Story20110507-277598.html Thai elections likely to be held on July 3, AsiaOne, 7 mai 2011] {{Lien archive|url=http://news.asiaone.com/News/Latest%2BNews/Asia/Story/A1Story20110507-277598.html |horodatage archive=20110511081457 |titre=Copie archivée }}</ref> par décret royal. 47 millions de Thaïlandais sont appelés aux urnes dans un pays où le vote est obligatoire.
Ces élections voient s'opposer le [[Parti démocrate (Thaïlande)|Parti démocrate]] mené par [[Abhisit Vejjajiva]], Premier ministre sortant, et le [[Pheu Thai]] (Parti pour les Thaï), dirigé depuis le 16 mai par [[Yingluck Shinawatra]], sœur cadette de l'ancien premier ministre [[Thaksin Shinawatra]], renversé en 2006 et en exil depuis. Cette dernière l'emporte par une majorité absolue des voix et obtient 265 sièges sur les 500 de la Chambre des représentants.


Ces élections voient s'opposer le [[Parti démocrate (Thaïlande)|Parti démocrate]] mené par [[Abhisit Vejjajiva]], Premier ministre sortant, et le [[Pheu Thai]] (Parti pour les Thaï), dirigé depuis le {{date-|16 mai}} par [[Yingluck Shinawatra]], sœur cadette de l'ancien premier ministre [[Thaksin Shinawatra]], renversé en 2006 et en exil depuis. Cette dernière l'emporte par une majorité absolue des voix et obtient 265 sièges sur les 500 de la Chambre des représentants.
Entrée en politique à 44 ans et seulement 2 mois avant ces élections, elle représente clairement le parti de son frère, ce dernier l'ayant d'ailleurs clairement désignée comme son « clone<ref>[http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/07/03/001-elections-thailande-resultats.shtml Élections en Thaïlande : le parti de Shinawatra remporte la majorité absolue], ''Radio Canada.ca'', 4 juillet 2011.</ref> ». Elle a assis sa victoire sur les votes des campagnes contre ceux des villes. Le Parti démocrate reconnaît sa défaite et l'armée déclare accepter le choix des urnes.


Entrée en politique à 44 ans et seulement 2 mois avant ces élections, elle représente clairement le parti de son frère, ce dernier l'ayant d'ailleurs clairement désignée comme son « clone<ref>[http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/07/03/001-elections-thailande-resultats.shtml Élections en Thaïlande : le parti de Shinawatra remporte la majorité absolue], ''Radio Canada.ca'', 4 juillet 2011.</ref> ». Elle a assis sa victoire sur les votes des campagnes contre ceux des villes : la population rurale, électoralement majoritaire, est la principale force démocratique face à l'élite citadine, majoritairement conservatrice, et le vivier électoral principal du Pheu Thai<ref name="Nouvel Obs"/>. Le Parti démocrate reconnaît sa défaite et l'armée déclare accepter le choix des urnes.
{{article détaillé|Élections législatives thaïlandaises de 2011}}


En [[2012]], elle propose un projet de révision de la Constitution adoptée en 2007 en convoquant un référendum<ref>[http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/07/13/97001-20120713FILWWW00349-thailande-vers-un-referendum.php Thaïlande : vers un référendum], ''[[Le Figaro]]'', 13 juillet 2012.</ref>.
En [[2012]], elle propose un projet de révision de la Constitution adoptée en 2007 en convoquant un référendum<ref>[http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/07/13/97001-20120713FILWWW00349-thailande-vers-un-referendum.php Thaïlande : vers un référendum], ''[[Le Figaro]]'', 13 juillet 2012.</ref>.


Fin 2013, accusée d'être la marionnette politique de son frère, toujours en exil, elle est la cible de manifestations de l'opposition {{incise|urbaine et royaliste, alors que la [[Premier ministre|Première ministre]] est soutenue par les paysans ruraux) qui demandent sa démission}} alors qu'est envisagé un projet d'amnistie pouvant faciliter le retour de Thaksin en Thaïlande<ref>Sébastien Falletti, « La Thaïlande s'enferme dans l'épreuve de force politique », in ''[[Le Figaro]]'', samedi 30 novembre / dimanche {{1er}} décembre 2013, page 9.</ref>. Même si des milliers de manifestants réussissent à envahir le siège du gouvernement, cette action n'est pas considérée comme une victoire politique, alors qu'une trêve a lieu pour célébrer les 86 ans du roi Bhumitbol et que l'armée refuse de prendre position<ref>Sébastien Falletti, [http://www.lefigaro.fr/international/2013/12/03/01003-20131203ARTFIG00502-la-thailande-dans-l-impasse-politique.php « La Thaïlande dans l'impasse politique »], in ''[[Le Figaro]]'', mercredi 4 décembre 2013, page 9.</ref>. Elle décide finalement de dissoudre le Parlement et d'organiser des élections législatives anticipées, qui se tiendront le 2 février 2014<ref>« Du sang et des larmes à Bangkok », in ''[[Le Figaro Magazine]]'', semaine du 13 décembre 2013, page 26.</ref>.
Fin 2013, accusée d'être la marionnette politique de son frère, toujours en exil, elle est la cible de manifestations de l'opposition {{incise|urbaine et royaliste, alors que la [[Premier ministre|Première ministre]] est soutenue par les paysans ruraux) qui demandent sa démission}} alors qu'est envisagé un projet d'amnistie pouvant faciliter le retour de Thaksin en Thaïlande<ref>Sébastien Falletti, « La Thaïlande s'enferme dans l'épreuve de force politique », in ''[[Le Figaro]]'', samedi 30 novembre / dimanche {{1er}} décembre 2013, page 9.</ref>. Même si des milliers de manifestants réussissent à envahir le siège du gouvernement, cette action n'est pas considérée comme une victoire politique, alors qu'une trêve a lieu pour célébrer les 86 ans du roi Bhumitbol et que l'armée refuse de prendre position<ref>Sébastien Falletti, [http://www.lefigaro.fr/international/2013/12/03/01003-20131203ARTFIG00502-la-thailande-dans-l-impasse-politique.php « La Thaïlande dans l'impasse politique »], in ''[[Le Figaro]]'', mercredi 4 décembre 2013, page 9.</ref>. Elle décide finalement de dissoudre le Parlement et d'organiser des élections législatives anticipées, qui se tiendront le {{date-|2 février 2014}}<ref>« Du sang et des larmes à Bangkok », in ''[[Le Figaro Magazine]]'', semaine du 13 décembre 2013, page 26.</ref>.


=== Imbroglio électoral et chute de Yingluck Shinawatra ===
=== Imbroglio électoral et chute de Yingluck Shinawatra ===
{{article détaillé|Élections législatives thaïlandaises de 2014}}


En empêchant l'ouverture de quelques {{unité|10000|bureaux}} de vote, soit plus de 10% de l'ensemble, les manifestants perturbent l'organisation du scrutin des législatives.
Les élections ne se déroulent cependant pas dans de bonne conditions : en empêchant l'ouverture de quelque {{unité|10000|bureaux}} de vote, soit plus de 10 % de l'ensemble, les manifestants perturbent l'organisation du scrutin. La Commission électorale prévoit un nouveau scrutin le {{date-|23 février 2014}} pour les {{unité|440000|électeurs}} qui ont été empêchés d'exercer leur droit.
la Commission électorale prévoit un nouveau scrutin le 23 février 2014 pour les {{unité|440000|électeurs}} qui ont été empêchés d'exercer leur droit.
La veille encore, à Bangkok, une bataille de rue entre militants pro et anti-gouvernementaux fait plusieurs blessés par balles.
Ces évènements enfoncent encore un peu plus le pays dans une crise qui dure depuis trois mois<ref>[http://fr.news.yahoo.com/tha%C3%AFlande-vote-l%C3%A9gislatives-%C3%A0-haut-risque-063241832.html/ Thaïlande: les manifestants perturbent les élections législatives], [[Agence France-Presse|AFP]], 2 février 2014.</ref>.


Les élections ne se déroulent cependant pas dans de bonne conditions et, le 24 mars 2014, elles sont invalidées par la [[Cour constitutionnelle de Thaïlande|Cour constitutionnelle]]<ref>[http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/03/21/thailande-les-legislatives-invalidees-par-la-cour-constitutionnelle_4387041_3216.html Les élections législatives invalidées par la Cour Constitutionnelle] sur le site ''Le Monde.fr''.</ref>. De nouvelles élections sont fixées au 20 juillet.
Le {{date-|24 mars 2014}}, les élections sont invalidées par la [[Cour constitutionnelle de Thaïlande|Cour constitutionnelle]]<ref>[https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/03/21/thailande-les-legislatives-invalidees-par-la-cour-constitutionnelle_4387041_3216.html Les élections législatives invalidées par la Cour Constitutionnelle] sur le site ''Le Monde.fr''.</ref>. De nouvelles élections sont fixées au {{date-|20 juillet}}. Entre-temps, un groupe de sénateurs dépose une plainte contre la Première ministre pour abus de pouvoir dans une nomination litigieuse d'un haut fonctionnaire à un poste de son parti.


Yingluck Shinawatra est appelée le {{date-|6 mai 2014}} devant la Cour constitutionnelle<ref>[https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/05/06/la-premiere-ministre-thailandaise-devant-la-justice_4412003_3216.html La première ministre thaïlandaise devant la justice] sur le site ''Le Monde asie-pacifique''</ref> dans cette affaire d'abus de pouvoir l'accusant. Le verdict est rendu le {{date-|7 mai}} : la cour prononce sa destitution<ref>[http://www.liberation.fr/monde/2014/05/07/thailande-yingluck-shinawatra-destituee-pour-abus-de-pouvoir_1012217 Yingluck Shinawatra destituée pour abus de pouvoir] sur le site ''Libération .fr''.</ref>. Le ministre du Commerce, également vice-Premier ministre, [[Niwatthamrong Boonsongpaisan]], est nommé Premier ministre par intérim.
Entre temps, un groupe de sénateurs dépose une plainte contre la Première ministre pour abus de pouvoir dans une nomination litigieuse d'un haut fonctionnaire à un poste de son parti.


=== Coup d'État de mai 2014 ===
Yingluck Shinawatra est appelée le 6 mai 2014 devant la Cour constitutionnelle<ref>[http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/05/06/la-premiere-ministre-thailandaise-devant-la-justice_4412003_3216.html La première ministre thaïlandaise devant la justice] sur le site ''Le Monde asie-pacifique''</ref> dans cette affaire d'abus de pouvoir l'accusant. Le verdict est rendu le 7 mai : la cour prononce sa destitution<ref>[http://www.liberation.fr/monde/2014/05/07/thailande-yingluck-shinawatra-destituee-pour-abus-de-pouvoir_1012217 Yingluck Shinawatra destituée pour abus de pouvoir] sur le site ''Libération .fr''.</ref>. Le ministre du Commerce, également vice-Premier ministre, [[Niwatthamrong Boonsongpaisan]], est nommé Premier ministre par intérim. Un nouveau volet de la crise politique thaïlandaise s'ouvre.
{{Article détaillé|Coup d'État de mai 2014 en Thaïlande|}}

Le {{date-|22 mai 2014}}, un putsch conduit par [[Prayuth Chan-ocha]] et condamné par la communauté internationale, renverse le gouvernement provisoire dirigé par le premier ministre [[Niwatthamrong Boonsongpaisan]]<ref>{{Ouvrage|langue=fr|auteur1=Jetin Bruno|nom2=Dubus Arnaud|titre=La tentation réactionnaire|lieu=Paris, Bangkok|éditeur=Les Indes Savantes|année=2018|pages totales=406|isbn=978-2-35596-042-0|lire en ligne=https://books.openedition.org/irasec/2538}}</ref>.{{Autres projets
Les prochaines élections sont fixées pour la fin de l'année [[2016]]<ref>http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2015/05/27/pas-d-elections-en-thailande-avant-l-automne-2016_4641306_3216.html</ref>.

{{Autres projets
|commons = Category:2013–14 Thai political crisis
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=== Décès du roi le 13 octobre 2016 ===
=== Décès du roi le 13 octobre 2016 ===
Depuis la mort, le {{date|13|octobre|2016}} de [[Rama IX|Bhumibol Adulyadej]], roi de Thaïlande, un régent de 96 ans occupe le pouvoir car le prince héritier a demandé un délai. Les exactions des ultraroyalistes se multiplient, ainsi le ministre de la Justice a appelé à « sanctionner socialement » ceux qui critiquent la monarchie ; les partisans de la monarchie vont jusqu'à menacer de mort [[Aum Neko]], militante républicaine, étudiante transsexuelle de 22 ans [[réfugié]]e à [[Paris]]<ref>[http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2016/10/19/apres-la-mort-du-roi-de-thailande-les-derapages-des-ultraroyalistes-se-multiplient_5016356_3216.html#tOL8icqJgjEJl6Mw.99 Après la mort du roi de Thaïlande, les dérapages des royalistes se multiplient], Le Monde, 19 octobre 2016.</ref>{{,}}<ref>[http://www.liberation.fr/planete/2016/10/20/aum-neko-thailandaise-menacee-de-mort-en-france-pour-lese-majeste_1523177?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#link_time=1476973419 Aum Neko, Thaïlandaise menacée de mort en France pour « lèse-majesté »], Libération, 20 octobre 2016.</ref>
Depuis la mort, le {{date|13|octobre|2016}} de [[Rama IX|Bhumibol Adulyadej]], roi de Thaïlande, [[Prayut Chan-o-cha]] occupe le pouvoir car le prince héritier a demandé un délai. Les exactions des ultraroyalistes se multiplient, le ministre de la Justice ayant appelé à « sanctionner socialement » ceux qui critiquent la monarchie<ref>[https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2016/10/19/apres-la-mort-du-roi-de-thailande-les-derapages-des-ultraroyalistes-se-multiplient_5016356_3216.html#tOL8icqJgjEJl6Mw.99 Après la mort du roi de Thaïlande, les dérapages des royalistes se multiplient], Le Monde, 19 octobre 2016.</ref>{{,}}<ref>[http://www.liberation.fr/planete/2016/10/20/aum-neko-thailandaise-menacee-de-mort-en-france-pour-lese-majeste_1523177#link_time=1476973419 Aum Neko, Thaïlandaise menacée de mort en France pour « lèse-majesté »], Libération, 20 octobre 2016.</ref>.


En 2020, malgré la tenue d'élections législatives l'année précédente, le royaume reste contrôlé par les tenants d’une oligarchie militaro-conservatrice. La justice ordonne ainsi la dissolution du [[Parti du nouvel avenir]], l’une des plus importantes voix de l’opposition. Le juriste Somchai Preechasinlapakun souligne que « les décisions de la Cour constitutionnelle montrent que [depuis une quinzaine d’années] cette dernière a une tendance à rendre des verdicts hostiles à des partis démocratiquement élus ». Le régime thaïlandais se montre particulièrement hostile à toute politique visant à réduire l'influence de l'armée ou à réduire les inégalités sociales<ref>{{Article |langue=fr |auteur1= |titre=En Thaïlande, la justice dissout l’un des principaux partis d’opposition |périodique=Le Monde.fr |date=2020-02-22 |lire en ligne=https://www.lemonde.fr/international/article/2020/02/22/en-thailande-le-parti-du-nouvel-avenir-n-a-plus-de-futur_6030466_3210.html |pages= }}</ref>.
== Notes et références ==
{{Références}}


== Voir aussi ==
== Voir aussi ==
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* {{en}} Pavin Chachavalpongpun (dir.), ''Good coup gone bad : Thailand's political developments since Thaksin's downfall'', Institute of Southeast Asian Studies, Singapore, 2014, 290 p. {{ISBN|978-981-4459-60-0}}
* {{en}} Pavin Chachavalpongpun (dir.), ''Good coup gone bad : Thailand's political developments since Thaksin's downfall'', Institute of Southeast Asian Studies, Singapore, 2014, 290 p. {{ISBN|978-981-4459-60-0}}
* Jean-Marie Crouzatier, ''Le système constitutionnel et politique de la Thaïlande : transitions politiques en Asie du Sud-Est'', Presses de l'Université de Toulouse 1 Capitole, Toulouse, 2012, 260 p. {{ISBN|978-2-36170-050-8}}
* Jean-Marie Crouzatier, ''Le système constitutionnel et politique de la Thaïlande : transitions politiques en Asie du Sud-Est'', Presses de l'Université de Toulouse 1 Capitole, Toulouse, 2012, 260 p. {{ISBN|978-2-36170-050-8}}
* Olivier Ferrari, Narumon Hinshiranan Arunotai, Jacques Ivanoff & [[Arnaud Leveau]], [http://irasec.com/components/com_irasec/media/upload/OP13-ThailandeCrise_web.pdf ''Thaïlande - Aux origines d'une crise''], IRASEC, juin 2010
* Olivier Ferrari, Narumon Hinshiranan Arunotai, [[Jacques Ivanoff]] & [[Arnaud Leveau]], ''[https://archive.wikiwix.com/cache/index2.php?url=https%3A%2F%2Ffanyv88.com%3A443%2Fhttps%2Fbooks.openedition.org%2Firasec%2F776 Thaïlande : Aux origines d'une crise]'' , IRASEC, {{date-|juin 2010}}<ref>{{Article|auteur1=Georgia Dhumoïla|titre=Aux origines du mal... !|périodique=Gavroche Thaïlande|numéro=189|date=Juillet 2010|lire en ligne=https://www.gavroche-thailande.com/wp-content/uploads/2021/04/Gavroche_2010-July.pdf|format=pdf|pages=11 (6)}}</ref>.
* {{en}} Paul Handley, ''The King Never Smiles'', Yale University Press, 2006
* {{en}} Paul Handley, ''The King Never Smiles'', Yale University Press, 2006
* {{en}} Andrew MacGregor Marshall, ''A kingdom in crisis : Thailand's struggle for democracy in the twenty-first century'', Zed Books, London, 2014, 238 p. {{ISBN|978-1-7836-0058-8}}
* {{en}} Andrew MacGregor Marshall, ''A kingdom in crisis : Thailand's struggle for democracy in the twenty-first century'', Zed Books, London, 2014, 238 p. {{ISBN|978-1-7836-0058-8}}
*B. Jetin, A. Dubus (2013). [https://www.researchgate.net/publication/267512943_A_Dubus_B_Jetin_2013_Thailande_l'abces_gonfle_In_Jeremy_Jammes_editeur_L'Asie_du_Sud-Est_2013_Bilan_enjeux_et_perspectives_Collection_Documents_Editions_Les_Indes_savantes-IRASEC_Paris « Thaïlande : l'abcès gonfle »]. L'Asie du Sud-Est 2013. Bilan, enjeux et perspectives. Collection Documents. Editions Les Indes savantes-IRASEC, Paris.
*B. Jetin, A. Dubus (2014). [https://www.researchgate.net/publication/267512962_Thailande_Vers_le_point_de_rupture Thaïlande Vers le point de rupture]. L'Asie du Sud-Est 2014. Bilan, enjeux et perspectives. Collection Documents. Editions Les Indes savantes-IRASEC, Paris.


=== Liens externes ===
=== Liens externes ===
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* [http://www.enthailande.org/lois-thailandaise/ Lois thailandaises traduites en français]
* [http://www.enthailande.org/lois-thailandaise/ Lois thailandaises traduites en français]
* [http://thailande-fr.com/ Le site info Thaïlande]
* [http://thailande-fr.com/ Le site info Thaïlande]

== Notes et références ==
{{Références}}


{{Palette|Politique en Thaïlande|Politique Asie}}
{{Palette|Politique en Thaïlande|Politique Asie}}

Dernière version du 15 août 2024 à 18:22

La politique en Thaïlande s'inscrit dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle. Le chef d'État de la Thaïlande est le roi, issu d'une monarchie héréditaire et le chef de gouvernement est le Premier ministre.

Régime politique

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Indépendante depuis 1238, la Thaïlande, appelée officiellement royaume de Thaïlande, est le seul pays du Sud-Est asiatique qu'aucune puissance étrangère n'ait jamais colonisé, bien que partiellement occupé durant l'entente cordiale franco-britannique, par ces deux pays puis par le Japon. Monarchie constitutionnelle depuis 1932, le système politique thaïlandais se distingue toutefois de son modèle britannique par une kyrielle de différences, tout en subtilités.

Séparation des pouvoirs

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Le gouvernement se divise en trois branches, pouvoir exécutif, pouvoir législatif et judiciaire[1].

  • Pouvoir législatif : le Parlement bicamériste est composé par les deux chambres (haute et basse).
  • Pouvoir exécutif : il est composé du Premier ministre élu par l’Assemblée Nationale et ses trente-cinq membres de son cabinet. Le Premier ministre est le chef du gouvernement.
  • Pouvoir judiciaire : le pouvoir judiciaire fonctionne indépendamment des deux autres ordres. Il est composé d’une cour judiciaire et une cour constitutionnelle chargée de vérifier la constitutionnalité de toutes les lois et actes entrepris[2].

En 2019, le système électoral national permet d'élire les 393 membres de la Chambre basse (Saphaa Phuu Thaen Ratsadon, ou Chambre des députés), dont les membres sont investis d'un mandat de quatre ans), ainsi que le Premier ministre. La désignation des 270 sénateurs de la Chambre haute (Wuthisaphaa ou Sénat, dont le mandat est de six ans) relève, quant à elle, de l'autorité du Premier ministre. En Thaïlande, le Sénat est moins puissant que la Chambre des députés à laquelle revient le vote et la promulgation des lois, tandis que le Sénat vote les amendements à la Constitution. Onze partis politiques présentent des candidats aux élections nationales, mais seuls cinq d'entre eux reçoivent la faveur des électeurs : le Parti démocrate, le Parti des aspirations nouvelles, le Parti de la Nation thaïe, le Parti du développement national et le parti « Pour la Thaïlande » (parti créé par les anciens adhérents du parti Thai rak Thai (« les Thaïs aiment les Thaïs ») dissout à la suite de la crise de 2006).

Quelque 40 % des parlementaires appartiennent à des dynasties politiques, l'un des taux les plus élevés au monde avec les Philippines[3].

Rôle du monarque

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Chef de l’armée, les pouvoirs du roi sont soumis et contraints par la constitution. Il est également sommé d’être bouddhiste et de défendre la pratique de la religion à travers son mandat.

Il est protégé des critiques notamment par l'article 112 du code pénal thaïlandais, assimilé à un crime de lèse-majesté, relevant de la sécurité nationale et pouvant aboutir à plusieurs dizaines d'années de prison[4]. Cette loi est fortement critiquée, étant applicable à tout individu (y compris hors de Thaïlande), et utilisée pour empêcher le débat démocratique depuis la prise de pouvoir d'une junte militaire au milieu du XXe siècle.

Histoire politique

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1932 - 1950

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Pendant des siècles, la Thaïlande est un royaume gouverné par une monarchie absolutiste. En 1932, des civils et des militaires se révoltent et organisent un coup d’État pour ouvrir les portes à une monarchie constitutionnelle. Parmi les conspirateurs se trouvent le civil Pridi Phonmayong et le lieutenant-colonel Plaek Pibulsonggram, tous les deux futurs premiers ministres. Ce coup d’État marque une ouverture aux élections. À cette époque, la Thaïlande est un pays agricole avec une population peu éduquée. Les suffrages sont donc très limités.

Entre 1941 et 1945, une alliance est faite avec le gouvernement japonais, le premier ministre chassant du gouvernement les ministres opposés à ce choix. Obligé de démissionner avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, Plaek Pibulsonggram mène ensuite deux coups d'État (1947 et 1948) pour reprendre le pouvoir. En 1949, le pays fait face à un changement constitutionnel qui interdit aux officiers de l'armée d'être élus à la chambre basse du parlement. En 1951, le pays est à nouveau frappé par un coup d'État, cette fois opposé à Plaek Pibulsonggram. Bien qu'il soit un échec, l'armée en profite pour prendre une place plus importante. Les militaires amendent la constitution, abolissent la chambre Haute et adoptent de nouvelles dispositions pour la chambre Basse : la moitié des sièges de députés doivent être occupés par des militaires.

1960 - 1970

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Dans les années 1960 et 1970, le pays s'industrialise et se modernise. Le gouvernement thaïlandais privatise certaines compagnies. Les investissements des Américains durant la guerre du Vietnam sont importants et participent à cette transformation du pays[5]. Une classe bourgeoise, une classe moyenne et une classe ouvrière qualifiée émergent dans les villes. Le nombre d'établissements d'enseignement supérieur augmente fortement, ce qui permet la formation d'une population étudiante éduquée[5]. Des syndicats ouvriers et étudiants font leur apparition.

Le régime de Sarit Thanarat (1958-1963), dictateur pro-américain et anticommuniste, est autoritaire. Les partis politiques et les journaux de l'opposition sont interdits et les droits constitutionnels sont suspendus[6]. Sarit compte sur l'aide militaire américaine pour repousser la menace de l'insurrection communiste au sein de la Thaïlande. Après son décès en 1963, ses deux lieutenants, les maréchaux Thanom Kittikajon[7] et Praphat Jarusathian continuent d'entretenir des liens étroits avec les États-Unis. Près de 50 000 militaires américains se poseront sur le sol thaïlandais en 1968[5]. Le premier ministre élu est Thanom Kittikhachon, qui continue à appliquer la dictature pendant dix ans.

En 1972, des centaines de paysans, peut-être plus de 3 000, soupçonnés de soutenir la rébellion communistes, sont massacrés par les forces armés dans la province du Phattalung, dans le Sud de la Thaïlande. Jusqu'alors, les suspects communistes arrêtés par l'armée étaient habituellement abattus et leurs corps laissés sur place. Cette fois-ci, la méthode des "barils rouges" est introduite pour éliminer toute preuve possible. Les suspects sont frappés jusqu'à être rendu semi-conscients, avant d'être jetés dans des barils contenant de l'essence et brûlés vifs[8].

À l'automne 1973, des étudiants universitaires se retrouvent dans les rues de Bangkok. Ils sont plus de 500 000 à revendiquer plus de droits et de libertés démocratiques à travers l'instauration d'élections et d'une constitution[5]. Le , la dictature est renversée, 300 étudiants meurent. Le roi confie le pouvoir à un universitaire, Sanya Dharmsakti (1973-1975). La société devient plus égalitaire et de nouveaux partis politiques et élites commerciales émergent. La censure de la presse disparaît et des syndicats sont rapidement formés[5]. Le , Kukrit Pramoj remporte les premières élections libres à être organisées depuis 1946.

En 1976, dans un contexte régional où les communistes prennent le pouvoir au Viêt Nam, au Laos et au Cambodge, une manifestation d'étudiants et de travailleurs est attaquée par les forces de police et les organisations paramilitaires d'extrême-droite - le bilan officiel est le massacre de 46 personnes, bien qu'il soit sûrement plus lourd. Les militaires suspendent la constitution et reprennent le pouvoir. Ils prétendent agir au nom de la sécurité nationale en empêchant la menace communiste de se propager en Thaïlande. À la même époque, les guerres entre communistes et anticommunistes prendront fin progressivement. En Chine, la libéralisation du modèle économique entraîne une diminution des tensions avec les Américains qui auront moins peur du communisme. La Thaïlande sera elle aussi moins craintive à cet égard à la suite des promesses de Deng Xiaoping d'arrêter de financer les rébellions communistes dans le pays.

1980 - 1990

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En 1991, des émeutes violentes contre les militaires prennent forme. Les classes moyennes et les nouvelles élites économiques et financières ne souhaitent pas le retour d’un État militaire. Cette rébellion oblige les militaires à organiser des élections à partir de 1992. Celles-ci sont supervisées par des organisations étrangères, notamment américaines. C'est le Parti démocrate, soutien monarchique et réactionnaire[9], qui les remportera. Les élus issus du Parti adoptent un changement constitutionnel. Dans celui-ci, le chef du parti qui obtient la majorité des sièges au parlement doit devenir Premier ministre[10].

En 1995, de nouvelles élections ont lieu. Elles se déroulent pacifiquement et permettent à une coalition de partis politiques de prendre le pouvoir et de remplacer le Parti démocrate.

Constitution d'octobre 1997

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En 1997, une nouvelle constitution prend forme ce qui permet d’augmenter le nombre de sénateurs élus. La Chambre Haute est démocratisée et les liens traditionnels avec l’armée sont affaiblis[11].

Coup d'État de septembre 2006

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Le , l’armée thaïlandaise lance un coup d'État contre le Premier ministre Thaksin Shinawatra, qui déclare l’état d'urgence depuis New York, où il assiste à l’assemblée générale des Nations unies. Des blindés entourent les bureaux du gouvernement à Bangkok et les militaires prennent le contrôle des chaînes de télévision, avant d’annoncer l’instauration d’une autorité provisoire fidèle au roi de Thaïlande. Ce renversement est dû à la négligence délibérée du Premier ministre envers les intérêts des grandes familles, mais également peut-être à sa trop grande popularité - qui aurait porté ombrage à celle du roi[9].

Le général à la retraite Surayud Chulanont, ancien commandant en chef de l'armée, est nommé premier ministre par intérim par le roi et une constitution provisoire est proclamée le 1er octobre. Le chef de la junte militaire organisatrice du coup d'État, le général Sonthi Boonyaratglin, est nommé vice-premier ministre.

Constitution d'août 2007

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Le , lors du premier référendum de l'histoire du pays, les Thaïlandais approuvent, avec une majorité de 58,34 % et un taux de participation de 55 %, la nouvelle constitution qui, selon la junte, doit permettre la tenue d'élections législatives et le retour de la démocratie.

Retour chaotique à la démocratie

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En , la junte militaire organise les élections promises qui ramènent au pouvoir nombre d'anciens partisans de Thaksin Shinawatra. Samak Sundaravej devient premier ministre, mais est contraint à la démission par la Cour constitutionnelle en à cause d'une affaire de corruption[12]. Somchai Wongsawat, beau-frère de Thaksin, le remplace, mais le , la même Cour prononce sa destitution et son inéligibilité pendant 5 ans. Chaovarat Chanweerakul assure l'intérim jusqu'au , date à laquelle l'Assemblée, sous la pression des manifestations organisées et financées depuis six mois par l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), avec l'appui des milieux d'affaires et des nobles, et aussi grâce aux instances judiciaires et aux lois mises en place par la junte, choisit Abhisit Vejjajiva comme nouveau premier ministre[13]. Pour certains, il s'agit là d'un « coup-d'état soft ».

Nommé pour un mandat de quatre ans, ce dernier doit faire face à une contestation populaire organisée et financée par Thaksin et les partisans de son retour, les « chemises rouges », restent sous pression des anti-Thaksin, les « chemises jaunes » (la couleur du jour du roi[14]). L'instabilité politique perdure mais le premier ministre voudrait relancer l'économie et réformer la constitution avant de dissoudre l'Assemblée[12].

Troubles du printemps 2010

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Les Chemises rouges de l'UDD, Front national uni pour la démocratie et contre la dictature, qui compte une majorité de partisans de Thaksin dans ses rangs, organisent une grande manifestation le à Bangkok pour obliger le gouvernement à tenir des élections anticipées. Cette manifestation trouve son prolongement lorsque les participants s'installent pacifiquement dans le centre financier de Bangkok (Siam Square, Trade Center). Le gouvernement refuse toute négociation, malgré l'intervention de plusieurs personnalités thaïlandaises et étrangères[15]. Les forces armées donnent l'assaut le , les manifestants ripostent puis se rendent mais la répression sanglante continue et au moins 75 personnes sont tuées[16],[17]. Le gouvernement ne cède à aucune des revendications, et ne prévoit pas d'élections anticipées[18]. Un coup d'arrêt à l'opposition démocratique est donné, mais la mobilisation reste active en province, moins médiatisée, tandis que la Cour criminelle de Bangkok émet, le , un mandat d’arrêt international pour « terrorisme » contre Thaksin Shinawatra[19].

Arrivée au pouvoir de Yingluck Shinawatra

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Les élections législatives se tiennent en Thaïlande le , à la suite de la dissolution de la Chambre des représentants le [20] par décret royal. 47 millions de Thaïlandais sont appelés aux urnes dans un pays où le vote est obligatoire.

Ces élections voient s'opposer le Parti démocrate mené par Abhisit Vejjajiva, Premier ministre sortant, et le Pheu Thai (Parti pour les Thaï), dirigé depuis le par Yingluck Shinawatra, sœur cadette de l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra, renversé en 2006 et en exil depuis. Cette dernière l'emporte par une majorité absolue des voix et obtient 265 sièges sur les 500 de la Chambre des représentants.

Entrée en politique à 44 ans et seulement 2 mois avant ces élections, elle représente clairement le parti de son frère, ce dernier l'ayant d'ailleurs clairement désignée comme son « clone[21] ». Elle a assis sa victoire sur les votes des campagnes contre ceux des villes : la population rurale, électoralement majoritaire, est la principale force démocratique face à l'élite citadine, majoritairement conservatrice, et le vivier électoral principal du Pheu Thai[9]. Le Parti démocrate reconnaît sa défaite et l'armée déclare accepter le choix des urnes.

En 2012, elle propose un projet de révision de la Constitution adoptée en 2007 en convoquant un référendum[22].

Fin 2013, accusée d'être la marionnette politique de son frère, toujours en exil, elle est la cible de manifestations de l'opposition — urbaine et royaliste, alors que la Première ministre est soutenue par les paysans ruraux) qui demandent sa démission — alors qu'est envisagé un projet d'amnistie pouvant faciliter le retour de Thaksin en Thaïlande[23]. Même si des milliers de manifestants réussissent à envahir le siège du gouvernement, cette action n'est pas considérée comme une victoire politique, alors qu'une trêve a lieu pour célébrer les 86 ans du roi Bhumitbol et que l'armée refuse de prendre position[24]. Elle décide finalement de dissoudre le Parlement et d'organiser des élections législatives anticipées, qui se tiendront le [25].

Imbroglio électoral et chute de Yingluck Shinawatra

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Les élections ne se déroulent cependant pas dans de bonne conditions : en empêchant l'ouverture de quelque 10 000 bureaux de vote, soit plus de 10 % de l'ensemble, les manifestants perturbent l'organisation du scrutin. La Commission électorale prévoit un nouveau scrutin le pour les 440 000 électeurs qui ont été empêchés d'exercer leur droit.

Le , les élections sont invalidées par la Cour constitutionnelle[26]. De nouvelles élections sont fixées au . Entre-temps, un groupe de sénateurs dépose une plainte contre la Première ministre pour abus de pouvoir dans une nomination litigieuse d'un haut fonctionnaire à un poste de son parti.

Yingluck Shinawatra est appelée le devant la Cour constitutionnelle[27] dans cette affaire d'abus de pouvoir l'accusant. Le verdict est rendu le  : la cour prononce sa destitution[28]. Le ministre du Commerce, également vice-Premier ministre, Niwatthamrong Boonsongpaisan, est nommé Premier ministre par intérim.

Coup d'État de mai 2014

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Le , un putsch conduit par Prayuth Chan-ocha et condamné par la communauté internationale, renverse le gouvernement provisoire dirigé par le premier ministre Niwatthamrong Boonsongpaisan[29].

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Décès du roi le 13 octobre 2016

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Depuis la mort, le de Bhumibol Adulyadej, roi de Thaïlande, Prayut Chan-o-cha occupe le pouvoir car le prince héritier a demandé un délai. Les exactions des ultraroyalistes se multiplient, le ministre de la Justice ayant appelé à « sanctionner socialement » ceux qui critiquent la monarchie[30],[31].

En 2020, malgré la tenue d'élections législatives l'année précédente, le royaume reste contrôlé par les tenants d’une oligarchie militaro-conservatrice. La justice ordonne ainsi la dissolution du Parti du nouvel avenir, l’une des plus importantes voix de l’opposition. Le juriste Somchai Preechasinlapakun souligne que « les décisions de la Cour constitutionnelle montrent que [depuis une quinzaine d’années] cette dernière a une tendance à rendre des verdicts hostiles à des partis démocratiquement élus ». Le régime thaïlandais se montre particulièrement hostile à toute politique visant à réduire l'influence de l'armée ou à réduire les inégalités sociales[32].

Bibliographie

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  • (en) Pavin Chachavalpongpun (dir.), Good coup gone bad : Thailand's political developments since Thaksin's downfall, Institute of Southeast Asian Studies, Singapore, 2014, 290 p. (ISBN 978-981-4459-60-0)
  • Jean-Marie Crouzatier, Le système constitutionnel et politique de la Thaïlande : transitions politiques en Asie du Sud-Est, Presses de l'Université de Toulouse 1 Capitole, Toulouse, 2012, 260 p. (ISBN 978-2-36170-050-8)
  • Olivier Ferrari, Narumon Hinshiranan Arunotai, Jacques Ivanoff & Arnaud Leveau, Thaïlande : Aux origines d'une crise , IRASEC, [33].
  • (en) Paul Handley, The King Never Smiles, Yale University Press, 2006
  • (en) Andrew MacGregor Marshall, A kingdom in crisis : Thailand's struggle for democracy in the twenty-first century, Zed Books, London, 2014, 238 p. (ISBN 978-1-7836-0058-8)
  • B. Jetin, A. Dubus (2013). « Thaïlande : l'abcès gonfle ». L'Asie du Sud-Est 2013. Bilan, enjeux et perspectives. Collection Documents. Editions Les Indes savantes-IRASEC, Paris.
  • B. Jetin, A. Dubus (2014). Thaïlande Vers le point de rupture. L'Asie du Sud-Est 2014. Bilan, enjeux et perspectives. Collection Documents. Editions Les Indes savantes-IRASEC, Paris.

Liens externes

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Notes et références

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  1. (en) Macgregor Marshall, Andrew, A Kingdom in crisis : Thailand's struggle for democracy in the twenty-first century, Londres, Zed Books Ltd, , 248 p. (ISBN 978-1-78360-057-1 et 1-78360-057-8).
  2. Arnaud Dubus, Thaïlande, Paris, La Découverte, coll. « Les guides de l'état du monde », , 224 p. (ISBN 978-2-7071-5866-6, présentation en ligne).
  3. « En Belgique, la politique est une affaire de famille », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  4. Nelly Didelot, « En Thaïlande, un crime de lèse-canidé », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. a b c d et e (en) Taylor, Robert H., 1943-, The Politics of elections in Southeast Asia, Cambridge, Cambridge University Press, , 256 p. (ISBN 0-521-56404-2, OCLC 33970861, lire en ligne)
  6. (en) « Sarit Thanarat | prime minister of Thailand », Encyclopedia Britannica,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. [1]
  8. Matthew Zipple. Thailand's Red Drum Murders Through an Analysis of Declassified Documents, 2014
  9. a b et c Anatole Perrot, « Ceux qui osent défier le roi », Le Nouvel Observateur, no 2583,‎ (lire en ligne)
  10. (en) Diane Éthier, « Is Democracy Promotion Effective? Comparing Conditionality and Incentives », Democratization Vol. 10, No 1, pp. 99-121,‎
  11. Louis Cholon, « Avancées démocratiques », Gavroche Thaïlande, no 74,‎ , p. 7 (lire en ligne [PDF])
  12. a et b Manifestations croisées des chemises «rouges» et «jaunes», RFI, 10 septembre 2008
  13. Thaïlande: Abhisit Vejjajiva est le nouveau premier ministre, Libération 15 décembre 2008]
  14. Dans la tradition culturelle thaïe, chaque jour de la semaine a une couleur déterminée : lundi, jaune ; mardi, rose ; mercredi, vert ; jeudi, orange ; vendredi, bleu ; samedi, violet ; dimanche, rouge.
  15. Thaïlande : L’Église catholique en appelle à l’intervention des chefs religieux. Sur le refus du gouvernement de ne pas recourir à la violence : Thaïlande. Appel des « Chemises rouges » au cessez-le-feu
  16. (en) Jack Fong, « Political Vulnerabilities of a Primate City: The May 2010 Red Shirts Uprising in Bangkok, Thailand », Journal of Asian and African Studies,‎ , p. 332-347 (lire en ligne)
  17. Philippe Plénacoste, « L'éditorial : Connaîtra-t-on jamais la vérité ? », Gavroche Thaïlande, no 189,‎ , p. 5 (3) (lire en ligne [PDF])
  18. Tout revient à la normale en Thaïlande sur Le Figaro.fr 23 mai 2010
  19. Les partisans de Thaksin attendent leur heure sur RFI.fr le 26 mai 2010
  20. (en) Thai elections likely to be held on July 3, AsiaOne, 7 mai 2011 « Copie archivée » (version du sur Internet Archive)
  21. Élections en Thaïlande : le parti de Shinawatra remporte la majorité absolue, Radio Canada.ca, 4 juillet 2011.
  22. Thaïlande : vers un référendum, Le Figaro, 13 juillet 2012.
  23. Sébastien Falletti, « La Thaïlande s'enferme dans l'épreuve de force politique », in Le Figaro, samedi 30 novembre / dimanche 1er décembre 2013, page 9.
  24. Sébastien Falletti, « La Thaïlande dans l'impasse politique », in Le Figaro, mercredi 4 décembre 2013, page 9.
  25. « Du sang et des larmes à Bangkok », in Le Figaro Magazine, semaine du 13 décembre 2013, page 26.
  26. Les élections législatives invalidées par la Cour Constitutionnelle sur le site Le Monde.fr.
  27. La première ministre thaïlandaise devant la justice sur le site Le Monde asie-pacifique
  28. Yingluck Shinawatra destituée pour abus de pouvoir sur le site Libération .fr.
  29. Jetin Bruno et Dubus Arnaud, La tentation réactionnaire, Paris, Bangkok, Les Indes Savantes, , 406 p. (ISBN 978-2-35596-042-0, lire en ligne)
  30. Après la mort du roi de Thaïlande, les dérapages des royalistes se multiplient, Le Monde, 19 octobre 2016.
  31. Aum Neko, Thaïlandaise menacée de mort en France pour « lèse-majesté », Libération, 20 octobre 2016.
  32. « En Thaïlande, la justice dissout l’un des principaux partis d’opposition », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  33. Georgia Dhumoïla, « Aux origines du mal... ! », Gavroche Thaïlande, no 189,‎ , p. 11 (6) (lire en ligne [PDF])